
Florence Poli préside Per i nostri zitelli, collectif citoyen créé à Ajaccio après le meurtre de Lyhanna, pour que les violences sexuelles faites aux mineurs soient traitées comme un fait de société. Au micro de RCF Corsica, elle raconte les rassemblements du lundi soir devant le palais de justice, la lettre ouverte aux parlementaires de Corse, les dossiers en attente au parquet d'Ajaccio et la culture du silence qu'elle veut combattre.
Après la mort de Lyhanna, un collectif né devant le palais de justice d’Ajaccio
Florence Poli, présidente du collectif citoyen « Per i nostri zitelli » (« pour nos enfants », en corse), présente sur RCF Corsica, dans l’émission Associu di noi, cette association créée à Ajaccio pour lutter contre les violences sexuelles faites aux mineurs. Elle raconte sa naissance : après le meurtre de Lyhanna, une collégienne, au printemps, des rassemblements ont eu lieu chaque lundi soir devant les tribunaux, dont un rassemblement de plusieurs centaines de personnes le 8 juin devant le palais de justice d’Ajaccio. Quand l’affluence a baissé, une poignée de participants a décidé de ne pas laisser retomber l’émotion. L’association est parue au Journal officiel le 4 août ; une douzaine de membres actifs, de tous profils (une assistante maternelle, un médecin, une journaliste), et près de 80 personnes dans un groupe de messagerie. Ses premières actions : une lettre ouverte aux parlementaires de Corse avant l’examen d’une proposition de loi-cadre à l’Assemblée nationale, et un rassemblement le 7 septembre devant le tribunal d’Ajaccio. Selon elle, la mobilisation a déjà produit un effet : à Ajaccio, le recensement demandé par le garde des Sceaux a fait passer de 34 à 104 le nombre de procédures connues pour violences sexuelles sur mineurs. Elle évoque aussi une culture du silence qu’elle juge renforcée en Corse par la petite taille de la société et par l’idée que personne ne s’en prendrait aux enfants, et rapporte le témoignage d’un avocat dont la famille avait choisi de se taire après l’agression qu’il avait subie enfant.
« Pour nous, ce n’est pas un fait divers, c’est un fait de société », dit-elle.
Les références de l’épisode
- Per i nostri zitelli : collectif citoyen créé à Ajaccio, paru au Journal officiel le 4 août.
- Palais de justice d’Ajaccio : lieu des rassemblements du lundi soir et du rendez-vous du 7 septembre.
- RCF Corsica : radio qui diffuse l’émission Associu di noi.
Au fil de l’épisode
- 00:00:20 : présentation du collectif et de sa naissance après la mort de Lyhanna
- 00:01:07 : le rassemblement du 8 juin à Ajaccio et les lundis soirs
- 00:02:25 : la composition et le fonctionnement du collectif
- 00:03:34 : la lettre ouverte aux parlementaires de Corse
- 00:04:18 : la journée d’action du 7 septembre
- 00:04:37 : interpeller les élus locaux et sensibiliser
- 00:05:40 : de 34 à 104 procédures recensées à Ajaccio
- 00:06:22 : la culture du silence en Corse
- 00:07:28 : agir à Ajaccio, puis dans toute la Corse
- 00:08:35 : l’ampleur du phénomène selon les statistiques citées
- 00:09:23 : actions à court terme et lien avec les autres associations
- 00:10:09 : mobiliser parents d’élèves et enseignants
- 00:10:52 : réseaux sociaux et visibilité
- 00:11:15 : le témoignage d’un avocat
- 00:12:59 : les relations avec les pouvoirs publics
FAQ
Qu’est-ce que le collectif Per i nostri zitelli ?
Per i nostri zitelli est un collectif citoyen créé à Ajaccio, présidé par Florence Poli, pour sensibiliser l’opinion aux violences sexuelles faites aux mineurs en Corse et pousser les élus à agir. Il est né des rassemblements organisés chaque lundi soir devant le palais de justice après le meurtre de Lyhanna, et il est paru au Journal officiel le 4 août.
Comment rejoindre le collectif à Ajaccio ?
Selon Florence Poli, le collectif n’a pas de local. Ses membres se retrouvent tous les lundis soirs à 19 h devant le palais de justice d’Ajaccio et tiennent leurs réunions dans un bar situé en face. Le collectif est aussi présent sur Instagram et Facebook sous le nom Per i nostri zitelli.
Pourquoi Florence Poli parle-t-elle d’une culture du silence en Corse ?
Elle estime que, comme ailleurs, les victimes qui parlent sont souvent mises à l’écart, mais qu’en Corse s’ajoutent l’idée que les enfants sont au centre de tout et que personne ne s’en prendrait à eux, ainsi qu’une société où tout le monde se connaît. Selon elle, cela rend plus difficile la dénonciation des faits.
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