
Mario Cannata, vice-président de la Société mycologique et botanique d'Ajaccio, est l'invité de Philippe Peraut dans « Associu di noi » sur RCF Corsica. Bolets, girolles, coulemelles, amanites : il explique comment reconnaître les champignons de Corse et éviter les confusions dangereuses. Il présente aussi les réunions du lundi et les sorties de l'association, les bons gestes de cueillette, l'effet des saisons chaudes et l'intérêt de l'association pour les plantes endémiques de l'île.
Reconnaître les champignons sans se tromper
Dans « Associu di noi », sur RCF Corsica, Philippe Peraut reçoit Mario Cannata, vice-président de la Société mycologique et botanique d’Ajaccio (SMBA), pour parler des champignons de Corse et de la façon de les cueillir sans danger. L’association, qui compte selon lui 60 à 70 membres selon les années et la météo, se réunit chaque lundi pour déterminer les récoltes ou suivre des cours sur les familles de champignons, organise des sorties environ une fois par mois dans la région d’Ajaccio et s’occupe depuis quelque temps des plantes. Mario Cannata explique la méthode : observer le champignon dans son ensemble, le chapeau, le pied, les lamelles, le sentir, et ne le goûter qu’avec une extrême prudence, car certaines espèces sont mortelles. Il rappelle que ce que l’on ramasse n’est que la fructification d’un organisme fait de filaments souterrains qui échangent avec les plantes et les arbres. Il cite les bolets, les girolles, les coulemelles, les rosés des prés et les lactaires sanguins, associés aux pins ; le cèpe pousse sous les chênes, mais aussi dans le maquis près des cistes. L’amanite phalloïde est présente sur l’île et provoque des accidents. Pour distinguer l’amanite des Césars, comestible, de l’amanite tue-mouches, il conseille de regarder les lamelles : jaunes chez la première, blanches chez la seconde.
Ses conseils aux débutants : sortir avec des connaisseurs ou venir aux réunions avec son panier, cueillir le champignon entier pour mieux l’identifier et reboucher le trou avec la terre environnante. Il note que les saisons chaudes réduisent les récoltes et que les cochons laissés en liberté retournent le sol de certaines châtaigneraies.
Les références de l’épisode
- Société mycologique et botanique d’Ajaccio (SMBA) : association dont Mario Cannata est vice-président, issue de l’ancienne Société mycologique d’Ajaccio.
- Associations mycologiques de Corse : l’île en compte quatre selon l’invité, qui organisent parfois des sorties communes dans le centre de la Corse.
- RCF Corsica : radio qui donne chaque semaine la parole à une association corse.
Au fil de l’épisode
- 00:00:20 : présentation de la Société mycologique et botanique d’Ajaccio et de la mycologie
- 00:01:18 : l’histoire de l’association et ses 60 à 70 membres
- 00:01:52 : de la montagne aux champignons, puis aux plantes
- 00:02:51 : comment reconnaître un champignon
- 00:03:25 : le champignon, fructification d’un organisme souterrain
- 00:04:00 : les espèces les plus fréquentes en Corse
- 00:05:00 : amanite phalloïde, amanite des Césars et amanite tue-mouches
- 00:06:41 : les coins à champignons gardés secrets
- 00:07:08 : ne jamais se fier à un seul critère et les conseils aux débutants
- 00:08:03 : les bons gestes de cueillette
- 00:08:31 : le climat et les cochons qui retournent le sol
- 00:09:24 : les sorties de l’association ouvertes au public
- 00:10:53 : la botanique et les plantes endémiques de Corse
FAQ
Comment distinguer l’amanite des Césars de l’amanite tue-mouches ?
Selon Mario Cannata, il faut regarder les lamelles. L’amanite des Césars, comestible, a un chapeau orange et des lamelles jaunes ; il la croit la seule amanite dans ce cas. L’amanite tue-mouches a normalement un chapeau rouge à points blancs et des lamelles blanches. En faisant attention aux lamelles, dit-il, on ne devrait pas se tromper.
Où trouve-t-on des cèpes en Corse ?
D’après le vice-président de la Société mycologique et botanique d’Ajaccio, le cèpe pousse principalement sous les chênes, mais on le trouve aussi dans le maquis, près des cistes, et sous d’autres feuillus. Le lactaire sanguin, lui, est associé aux pins et pousse à leur pied, car les champignons vivent en relation d’échange avec certaines plantes.
Comment cueillir un champignon sans abîmer son milieu ?
Mario Cannata explique qu’on a longtemps cru qu’il fallait couper le pied, mais qu’il vaut mieux ramasser le champignon entier : il est alors plus facile à identifier. Ensuite, on rebouche le trou avec la terre ou l’humus environnant pour protéger le mycélium, la partie souterraine de l’organisme, des infections.
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