
Vladimir Burcev, figure de la nuit marseillaise, raconte dans Ils font Marseille la Maronaise, la boîte de nuit en plein air des Goudes qui a marqué une génération avant d'être rasée au nom de la loi Littoral. De ses débuts de serveur en 1979 à la sécurité des concerts de Michael Jackson, de la collecte des recettes des boutiques de l'OM à l'époque de Bernard Tapie aux soirées nées d'un soir de mistral, il raconte trente ans de coulisses, de la porte au disc-jockey.
Un videur devenu figure de la nuit marseillaise
Dans cet épisode d’Ils font Marseille, Vladimir Burcev, figure du monde de la nuit marseillais, raconte la Maronaise, la boîte de nuit en plein air installée au bout de la route des Goudes, qui a marqué Marseille à partir du milieu des années 1990 avant de disparaître. Avant d’y arriver, il retrace son parcours. Garçon de banlieue issu d’une famille nombreuse, « bagarreur » de son propre aveu, il entre dans le métier en 1979 après une altercation dans un bar de la Joliette : le patron, une figure de la nuit, lui propose de boxer et de travailler. Il commence comme serveur, puis passe à la porte d’une boîte étudiante, où un collègue interrogeait les clients sur leur programme de cours pour démasquer les fausses cartes d’étudiant. Sa règle n’a pas changé : dans un établissement, les deux postes clés sont la porte et le disc-jockey. Au début des années 1980, il assure la sécurité des grands concerts de la région, à Marseille, Fréjus ou Nice, jusqu’à la catastrophe de Furiani en 1992. Il cite Michael Jackson, David Bowie ou James Brown, et se souvient d’un concert de Michael Jackson à Nice où, selon lui, 2 200 à 2 500 personnes évanouies ont été sorties de la foule. Supporter de l’OM depuis l’enfance, il gère ensuite la collecte des recettes des boutiques du club pendant l’époque de Bernard Tapie, et revit de l’intérieur l’élimination contre Prague puis la victoire européenne de 1993.
Il prend sa retraite de la nuit en 1998, à la naissance de sa fille, en gardant un emploi de jour qu’il n’a jamais quitté : « il ne faut pas vivre avec son passé ».
La Maronaise, d’une pizzeria à une institution
Vladimir Burcev raconte la naissance de la boîte : la Maronaise était d’abord un restaurant, une pizzeria au-dessus de la plage des Goudes, où il assurait la sécurité de soirées le dimanche. Il suggère au patron un bar de jazz et un solarium pour libérer les tables ; mais le mistral, le crachin et l’humidité font annuler les concerts, qui coûtent à chaque fois. Un soir de mauvais temps, vers 1994 ou 1995, on remplace le groupe par des disques : le lendemain, 150 personnes, « puis c’est parti ». Il décrit une sélection stricte à l’entrée, la qualité plutôt que le nombre, et les tensions avec les cabanoniers des Goudes, excédés par les jeunes refoulés, les bouteilles jetées et les embouteillages. Selon lui, la fin de la Maronaise, à la fin des années 2000, tient à une hostilité politique locale, puis à la loi Littoral : une lettre du ministère de l’Environnement ordonne de remettre le site à l’état naturel, et l’établissement est démoli. Il évoque aussi, avec retenue, la proximité ancienne entre les boîtes de nuit et le banditisme, dont il dit avoir côtoyé des acteurs sans en faire partie, et juge qu’aucun lieu ne pourra refaire la Maronaise.
Il termine en citant d’autres boîtes marquantes de Marseille et en proposant d’inviter un chef marseillais triplement étoilé qu’il a connu jeune cuisinier.
Les références de l’épisode
- La Maronaise : boîte de nuit en plein air des Goudes, née d’une pizzeria au milieu des années 1990 et démolie à la fin des années 2000.
- Les Goudes : quartier de Marseille, au bout de la route des Goudes, où se trouvait la Maronaise.
- Olympique de Marseille : club dont l’invité a géré les recettes des boutiques au début des années 1990.
- Bernard Tapie : président de l’OM à l’époque de la victoire européenne de 1993.
- Catastrophe de Furiani : drame de 1992 qui marque, selon l’invité, la fin de la sécurité des concerts telle qu’il la pratiquait.
- Loi Littoral : loi qui a conduit, selon lui, à la démolition de la Maronaise et à la remise en état du site.
- La Cabane des amis : établissement éphémère des plages du Prado, présenté comme l’héritier de la Maronaise.
Au fil de l’épisode
- 00:00:28 : présentation de l’épisode et de la Maronaise
- 00:02:30 : une des premières boîtes en plein air
- 00:02:48 : un garçon de banlieue, l’armée et les débuts dans la nuit en 1979
- 00:05:18 : la porte d’une boîte étudiante et les fausses cartes
- 00:06:06 : la porte et le disc-jockey, les deux postes clés
- 00:08:36 : la sécurité des grands concerts, de Marseille à Nice
- 00:12:04 : supporter de l’OM depuis l’enfance
- 00:13:30 : les recettes des boutiques de l’OM et l’époque Bernard Tapie
- 00:21:27 : comment la pizzeria des Goudes est devenue une boîte de nuit
- 00:24:52 : la sélection à l’entrée et les cabanoniers des Goudes
- 00:28:21 : la loi Littoral et la fin de la Maronaise
- 00:30:22 : la nuit et le milieu
- 00:35:49 : quitter la nuit pour la vie de famille
- 00:37:43 : les autres boîtes qui ont marqué Marseille
- 00:38:59 : l’invité qu’il recommande pour un prochain épisode
FAQ
Qu’était la Maronaise ?
La Maronaise était une boîte de nuit en plein air située au bout de la route des Goudes, à Marseille. D’après Vladimir Burcev, ce restaurant pizzeria s’est mis à organiser des soirées dansantes vers 1994 ou 1995, quand le mauvais temps a fait remplacer un groupe de jazz par des disques. Elle a marqué une génération de Marseillais.
Pourquoi la Maronaise a-t-elle fermé ?
Selon Vladimir Burcev, la fermeture à la fin des années 2000 résulte d’abord d’une hostilité politique locale et des plaintes des cabanoniers des Goudes, gênés par le bruit et les embouteillages. La loi Littoral a porté le coup final : un courrier du ministère de l’Environnement a exigé la remise du site à l’état naturel.
Qui est Vladimir Burcev ?
Vladimir Burcev est une figure du monde de la nuit à Marseille. Entré dans le métier en 1979, il a été serveur, portier, responsable de la sécurité de grands concerts et des soirées de la Maronaise, et a géré les recettes des boutiques de l’OM au début des années 1990. Il a quitté la nuit en 1998.
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