Podcast Méditerranée.
Les rdvs parentalité12 mars 202610 min

Le burn out parental

avec Emilie Junca

Emilie Junca, reconnaître et prévenir le burn-out parental

Emilie Junca, psychanalyste et psychothérapeute, est l'invitée des Rendez-vous de la parentalité, la collection de podcasts de la Ville de Nice consacrée aux enfants de 0 à 3 ans. Elle décrit le burn-out parental, cet épuisement lié au seul rôle de parent, qu'elle dit réversible à condition d'être reconnu et accompagné. Signaux d'alerte, parents les plus exposés, effets sur l'enfant et sur le couple, poids des injonctions et des réseaux sociaux : l'épisode se termine sur des gestes simples pour alléger la charge.

Un épuisement qui touche d’abord les parents les plus investis

Dans Les rendez-vous de la parentalité, la collection de podcasts de la Ville de Nice, la directrice de la petite enfance et de la famille reçoit Emilie Junca, psychanalyste et psychothérapeute, pour parler du burn-out parental. Elle le définit comme « un état d’épuisement qui est entièrement lié au rôle de parent », réversible s’il est reconnu et accompagné. Premier signal : une fatigue profonde et chronique, puis une distanciation affective involontaire, où chaque tâche devient une corvée et où les pleurs de l’enfant sont vécus comme une agression. Viennent ensuite la culpabilité, la comparaison avec les autres parents, la honte, qui empêche de demander de l’aide. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, explique-t-elle, les plus touchés sont les parents les plus investis, ainsi que les parents solos, ceux qui ont peu de relais familial et les parents d’enfants ayant des besoins spécifiques (TSA, TDAH ou autre handicap). Elle cite des études selon lesquelles environ 9 % des parents occidentaux seraient concernés, contre environ 5 % dans le reste du monde, et pointe une parentalité idéalisée dès la grossesse, entretenue par les réseaux sociaux et par l’idée de « l’enfant choisi ».

Pour en sortir, elle conseille d’en parler à un proche bien choisi ou à un professionnel, de pratiquer l’autocompassion, de recréer du lien par de très courts moments avec l’enfant et de s’autoriser l’imperfection.

Au fil de l’épisode

  • 00:00:12 : présentation du thème et de l’invitée
  • 00:00:37 : définition du burn-out parental, un état réversible
  • 00:01:05 : les signaux : épuisement chronique, distanciation affective
  • 00:01:37 : les signes avant-coureurs
  • 00:02:09 : culpabilité, comparaison et honte au quotidien
  • 00:03:08 : les parents les plus vulnérables
  • 00:03:35 : les conséquences pour l’enfant
  • 00:04:10 : les conséquences pour le couple
  • 00:04:38 : un problème de société, chiffres et injonctions
  • 00:05:36 : réseaux sociaux et concept de l’enfant choisi
  • 00:06:05 : pourquoi les femmes sont plus touchées
  • 00:06:35 : les solutions : en parler, consulter, autocompassion
  • 00:07:32 : trois questions pour alléger la charge mentale
  • 00:08:31 : conclusion : le burn-out parental n’est pas un manque d’amour

FAQ

Qu’est-ce que le burn-out parental selon Emilie Junca ?

Pour la psychanalyste Emilie Junca, c’est un état d’épuisement entièrement lié au rôle de parent. Elle insiste sur le fait qu’il est réversible, à condition d’être reconnu et accompagné. Elle rappelle que le mot anglais peut se traduire par « s’éteindre », comme une bougie qui se consume jusqu’au bout.

Quels parents sont les plus exposés au burn-out parental ?

Selon Emilie Junca, ce sont les parents les plus investis, et non les plus négligents, parce que leurs objectifs sont très élevés. Elle cite aussi les parents solos, ceux qui ont peu ou pas de relais familial et les parents d’enfants ayant des besoins spécifiques comme un TSA, un TDAH ou un autre handicap.

Pourquoi parle-t-on de burn-out parental et non plus maternel ?

Emilie Junca explique qu’on parlait autrefois de burn-out maternel. Les pères étant de plus en plus impliqués dans l’éducation des enfants, ils sont désormais touchés eux aussi, d’où le terme de burn-out parental. Elle précise que les femmes restent malgré tout plus nombreuses à en souffrir.

Quelles questions se poser pour alléger sa charge mentale ?

Emilie Junca propose trois questions : qu’est-ce qui m’épuise le plus aujourd’hui, qu’est-ce qui pourrait m’alléger même temporairement, et à qui pourrais-je demander de l’aide. Elle invite aussi à accepter les mains tendues, à s’autoriser l’imperfection et à écouter son corps quand il réclame une pause.

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