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Les rdvs parentalité6 février 202624 min

Accro au sucre

Sucre et jeunes enfants : les conseils d'une pédiatre du CHU de Nice

Une pédiatre du CHU de Nice, spécialiste de l'alimentation de l'enfant et engagée dans la prévention de l'obésité pédiatrique, répond dans Les Rendez-vous de la parentalité aux questions des parents sur le sucre chez les tout-petits. Types de sucres, portions entre 3 et 6 ans, jus de fruits aussi sucrés qu'un soda, sirop d'agave, goûters de sortie d'école : elle donne des repères concrets et défend une ligne simple, limiter le sucre aux moments festifs plutôt que l'interdire.

Le sucre chez le tout-petit, sans le diaboliser

Dans cet épisode des Rendez-vous de la parentalité, une pédiatre du CHU de Nice, spécialisée en alimentation de l’enfant et présidente d’une association de prévention et de prise en charge de l’obésité pédiatrique, répond aux questions des parents sur le sucre. Elle distingue d’abord les sucres complexes, ceux des féculents (pain, pâtes, riz, pommes de terre), à consommer à chaque repas, des sucres simples ou rapides, repérables sur les étiquettes à leur terminaison en « ose » : glucose, saccharose, fructose, lactose. Tous ne se valent pas : le fructose d’un fruit, accompagné de fibres et de vitamines, est digéré plus lentement que celui d’une boisson. Les édulcorants comme l’aspartame n’apportent pas de calories, mais selon elle de plus en plus d’études leur prêtent le même effet sur le risque de diabète et d’obésité : « globalement, ils n’ont aucun intérêt ». Elle donne ensuite des repères pour les 3 à 6 ans : féculents, fruits et légumes à chaque repas, trois laitages par jour, et une seule portion de viande, de poisson ou d’œuf, « 10 grammes par année d’âge », ou la paume de la main de l’enfant. Elle explique pourquoi l’attirance pour le sucré est innée (le lait maternel est sucré et gras), pourquoi le goût des légumes s’apprend, et ce que provoque un afflux de sucre dans le sang : une montée rapide, l’insuline fabriquée par le pancréas, puis des à-coups qui donnent des fringales. Elle détaille les risques d’un excès (caries, dont celles du biberon, obésité, stéatose hépatique, triglycérides) et des équivalences parlantes : un petit verre de jus de fruits apporte trois à quatre morceaux de sucre, une canette autour de sept.

La seconde moitié démonte les idées reçues : le jus de fruits classé parmi les boissons sucrées, le sirop d’agave, « du fructose pur », le sucre avant le sport, le sirop pour faire boire, les biscuits industriels au goûter. La pédiatre plaide pour la limitation plutôt que l’interdiction, et pour d’autres façons de récompenser un enfant que les friandises.

Au fil de l’épisode

  • 00:00:12 : présentation de l’invitée, pédiatre au CHU de Nice
  • 00:00:40 : sucres complexes et sucres simples
  • 00:02:21 : le fructose du fruit et celui des boissons
  • 00:02:51 : les édulcorants, sans intérêt selon la pédiatre
  • 00:03:48 : les quantités recommandées entre 3 et 6 ans
  • 00:05:13 : la main de l’enfant comme mesure des portions
  • 00:06:26 : les légumineuses et l’équilibre des repas
  • 00:06:52 : pourquoi l’attirance pour le sucre est normale
  • 00:08:40 : ce qui se passe dans le corps quand on mange du sucre
  • 00:09:52 : les risques d’un excès de sucre, des caries à la stéatose hépatique
  • 00:11:55 : équivalences en morceaux de sucre des jus de fruits et des sodas
  • 00:13:37 : le jus de fruits et les vitamines, une fausse idée
  • 00:14:44 : industrie agroalimentaire, influenceurs et sirop d’agave
  • 00:16:42 : le sucre avant le sport et le sirop dans l’eau
  • 00:18:17 : les biscuits au goûter et le Nutri-Score
  • 00:19:31 : composer un goûter avec deux familles d’aliments
  • 00:21:12 : les idées fortes à retenir : limiter sans interdire

FAQ

Quelle quantité de viande ou de poisson pour un enfant de 3 à 6 ans ?

Selon la pédiatre du CHU de Nice interrogée dans l’épisode, l’enfant a besoin d’environ 10 grammes de viande, de poisson ou d’œuf par année d’âge, soit l’équivalent de la paume de sa propre main, une fois par jour. Entre 3 et 6 ans, une portion représente à peu près la moitié d’une portion d’adulte.

Le jus de fruits est-il meilleur pour la santé qu’un soda ?

Non, explique la pédiatre : un jus de fruits apporte autant de sucre qu’un soda, trois à quatre morceaux dans un petit verre de 150 à 200 ml. Le fructose y est privé des fibres du fruit et la plupart des vitamines disparaissent au pressage. Un petit jus de temps en temps n’est pas un problème, mais il vaut mieux manger le fruit.

Pourquoi les enfants préfèrent-ils naturellement le sucré ?

Le goût du sucré est inné : un nouveau-né sourit quand on lui donne quelque chose de sucré. La pédiatre l’explique par le lait maternel, sucré et gras, qui permet au bébé de survivre. Le goût des légumes, lui, s’apprend : c’est au parent de les présenter et de les intégrer peu à peu dans les repas.

Faut-il donner du sucre à un enfant avant le sport ?

Non, selon l’invitée : l’énergie apportée par un sucre rapide dure peu et peut même être suivie d’une baisse. Les féculents consommés à chaque repas, digérés lentement, fournissent l’énergie de toute la journée. Un enfant qui en a mangé au repas n’a pas besoin d’un biscuit ou d’une barre chocolatée avant la piscine.

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