
Café Campus, le podcast du Campus Sud des Métiers à Nice, donne la parole à trois formatrices : Marie pour le sanitaire et social, Céline pour le commerce et le nautisme, Lucrèce pour le commerce. Toutes ont exercé un autre métier avant d'enseigner. Pendant une heure, elles racontent pourquoi elles ont choisi de transmettre, comment elles accompagnent des apprenants presque tous en alternance, ce qu'elles attendent des entreprises et ce que leur apportent les anciens élèves devenus dirigeants.
Trois formatrices venues du terrain
Dans ce troisième épisode de Café Campus, le podcast du Campus Sud des Métiers, à Nice, trois formatrices racontent leur métier : Marie, enseignante formatrice dans la filière sanitaire et sociale, Céline, formatrice commerce qui intervient aussi dans le nautisme, et Lucrèce, professeure référente dans la filière commerce. Toutes ont exercé un autre métier avant d’enseigner. Marie a dirigé pendant près de dix ans un EHPAD, un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, après une licence et un master en ingénierie des systèmes de santé ; elle enseigne la politique sanitaire et sociale ainsi que la gestion, notamment aux futurs prothésistes dentaires. Céline a été commerciale de terrain dans l’automobile et le nautisme, puis a monté son entreprise de formation : elle enseigne depuis plus de dix ans, du bac au bachelor. Lucrèce, ancienne manager et directrice de magasin, a repris ses études pour obtenir le diplôme de formateur professionnel pour adultes après vingt ans de commerce. Elles décrivent une journée type faite de mises à jour des cours, de débriefings avec des apprenants qui reviennent de l’entreprise, et une pédagogie qui a changé : Céline est passée d’un enseignement « assez descendant » à des cours construits à partir des difficultés rencontrées en entreprise, Marie a abandonné le cours magistral pour les mises en situation et les méthodes actives.
Elles insistent sur le cadre posé dès le début de l’année et sur le récit de leurs propres échecs, qui selon Céline parle davantage aux élèves que les réussites : « l’échec n’est pas une fatalité ».
L’alternance, un contrat à trois
D’après l’épisode, 95 % des apprenants du campus sont en alternance. Céline la définit comme un accord tripartite : l’organisme de formation apporte un savoir que l’apprenant transforme en savoir-faire chez son employeur. Dans la filière commerce, explique Lucrèce, le rythme est d’une semaine à l’école et le reste en entreprise, ou de deux jours à l’école ; la formatrice référente rend visite au tuteur pour expliquer les modalités d’évaluation et vérifier que les missions correspondent au diplôme, par exemple qu’un élève de BTS MCO occupe bien un poste de commerçant et non de commercial. Marie, référente des BTS SP3S, veut changer l’image de l’alternance : « ce n’est pas réservé à seulement des élèves compliqués », et elle demande plutôt plus de motivation qu’un parcours initial. Céline pointe une tension : l’entreprise attend parfois trop vite un alternant compétent, alors que le travail de fond porte sur le savoir-être (ponctualité, tenue, posture), auquel elle consacre « le plus d’énergie ».
Elles évoquent aussi les locaux pensés pour les diplômes : appartements pédagogiques pour le bac ASSP, ateliers automobiles, boutique école pour s’exercer au merchandising et à la caisse.
Des parcours qui font boucle
Chacune explique pourquoi elle est devenue formatrice. Céline, en échec scolaire, raconte avoir été relevée par des formatrices « qui ne m’ont pas regardée de haut » ; elle avait frappé à la porte de l’IUFM il y a vingt-cinq ans sans se sentir prête. Marie, « bébé de l’alternance », a fait un BTS de gestion en alternance avant de diriger un établissement à 25 ans grâce à deux mentors, et dit avoir envie de « le rendre ». Lucrèce, qui gagnait déjà de l’argent à sept ans, voit dans la formation la suite logique d’une carrière où elle formait déjà les responsables de sa région. Les success stories ferment la boucle : une ancienne élève passée du bac ASSP au master, devenue directrice adjointe d’un établissement qui accueille aujourd’hui des apprentis du campus ; un ancien de l’institut nautique de Villefranche-sur-Mer qui a créé son entreprise de yachting après l’avoir imaginée en projet d’études, et dont le parcours a été montré dans l’émission 50′ Inside ; un jeune sans diplôme devenu directeur général d’une entreprise de menuiserie, qui prend à son tour un alternant du campus.
L’épisode se termine par un mini-jeu : transmettre, challenger, l’humour « dans le cadre », la confiance et la persévérance comme clés de la réussite, la fatigue et le premier loyer comme premières difficultés d’un apprenti.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Campus Sud des Métiers : établissement de formation en alternance qui produit le podcast Café Campus.
- Loi du 2 janvier 2002 : citée par Marie, elle rénove l’action sociale et médico-sociale et fait du patient l’acteur de son projet de soins et de vie.
- EHPAD : établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, que Marie a dirigé pendant près de dix ans.
- BTS SP3S : BTS services et prestations des secteurs sanitaire et social, dont Marie est la référente.
- Parcoursup : évoqué par Céline à propos des étudiants perdus dans le choix de leur scolarité.
- 50′ Inside : émission de télévision qui a raconté le parcours d’un ancien élève de l’institut nautique.
Au fil de l’épisode
- 00:00:28 : présentation de Marie, Céline et Lucrèce
- 00:01:34 : une journée type de formatrice
- 00:03:48 : le lien avec leur métier d’origine
- 00:05:57 : raconter ses échecs aux apprenants
- 00:07:31 : régler un conflit de classe par la communication non violente
- 00:11:21 : le cadre, sans jouer au policier
- 00:13:54 : transmettre ses réflexes professionnels, l’évolution de la pédagogie
- 00:18:11 : les anciens élèves qui reviennent comme intervenants
- 00:19:03 : pourquoi devenir formatrice
- 00:24:54 : les défis surmontés depuis qu’elles enseignent
- 00:29:01 : l’apprenant responsabilisé par son contrat de travail
- 00:31:14 : leur définition de l’alternance
- 00:35:47 : les attentes des entreprises et le savoir-être
- 00:39:09 : le rôle d’intermédiaire avec le tuteur
- 00:43:49 : pourquoi l’alternance fonctionne dans leurs filières
- 00:48:05 : les locaux et ateliers pédagogiques du campus
- 00:49:23 : l’embauche après l’alternance
- 00:50:16 : les success stories
- 01:01:02 : le mini-jeu
- 01:05:14 : pourquoi rejoindre le campus
FAQ
Qui sont les formateurs du Campus Sud des Métiers ?
Dans cet épisode, les trois formatrices interrogées viennent toutes du monde professionnel : Marie a dirigé un EHPAD pendant près de dix ans, Céline a été commerciale dans l’automobile et le nautisme avant de créer son entreprise de formation, Lucrèce a été directrice de magasin pendant vingt ans avant une reconversion.
Comment fonctionne l’alternance au Campus Sud des Métiers ?
Selon les formatrices, c’est un accord à trois entre le campus, l’entreprise et l’apprenant, qui a un contrat de travail. En commerce, le rythme est d’une semaine à l’école, ou de deux jours, et le reste en entreprise. Une formatrice référente rend visite au tuteur pour expliquer l’évaluation et vérifier les missions.
Qu’attendent les entreprises d’un alternant ?
D’après Céline, les entreprises attendent d’abord du savoir-être : ponctualité, respect, tenue professionnelle, posture. Elle demande aussi aux employeurs d’accepter qu’un alternant ait besoin de temps pour devenir opérationnel, puisqu’il est en formation. Une autre formatrice ajoute que certains tuteurs, selon la taille de la structure, sont très pressés.
Quelles difficultés rencontre un apprenti qui débute ?
Les formatrices citent trois difficultés : le premier loyer avec un salaire d’apprenti encadré par les règles de l’alternance, la fatigue des semaines en entreprise doublées de révisions, surtout pendant les pics du commerce comme Noël ou les soldes, et le manque de confiance, en soi comme de la part des collègues.
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