
Sylvain Brondel est le co-fondateur, avec Olivier Breton, du coffee-shop Frisson, installé depuis deux ans dans le Vieux-Nice. Ancien de Colette, la mythique boutique parisienne, il a quitté l'énergie permanente de la capitale pour bâtir sur la Riviera un lieu pensé comme une marque : café de qualité, glaces artisanales, collaborations et expositions renouvelées. Dans ce premier épisode de la saison 2 du Pari(s) de la Riviera, il raconte à Emmanuelle Mary son exigence héritée de Colette, l'importance du réseau et ce que change, vraiment, un tempo méditerranéen.
De Colette à Nice : l’exigence comme boussole
Avant d’ouvrir Frisson, Sylvain Brondel a fait ses classes dans un lieu culte : Colette, la boutique parisienne devenue référence mondiale de la curation. Il en parle comme d’une « école incroyable », un savoir-faire qui ne s’apprend qu’en le vivant — il raconte avoir fait le merchandising du rez-de-chaussée le dimanche, où « juste un regard » suffisait à comprendre ce qui n’allait pas. De cette expérience, lui et son associé Olivier Breton ont gardé un niveau d’exigence « très au-dessus de la moyenne » et l’obsession de la sélection : exclusivité, rareté, avant-première.
Cet héritage se traduit concrètement chez Frisson par un rythme de renouvellement soutenu : changer d’artiste, d’exposition ou de collaboration environ chaque mois, pour que le client, touriste de passage ou habitué, découvre toujours quelque chose de nouveau.
Frisson, un coffee-shop pensé comme une marque
Frisson n’est pas seulement un café : c’est un coffee-shop et un glacier conçus comme une marque. Le nom, trouvé avant même le concept définitif, dit l’ambition — une émotion transposable au café, à la glace et aux collaborations. Sylvain Brondel insiste sur le branding et le positionnement, très travaillés, du merchandising au lieu lui-même. La glace, choisie comme signe de différenciation face à la vague des coffee-shops, est élaborée avec des maîtres glaciers ; le café est lui aussi sourcé avec soin. « Un glacier, c’est quoi aujourd’hui ? », interroge-t-il, avant de décrire sa volonté d’en faire un lieu de partage plutôt qu’un simple comptoir.
Il détaille aussi la patience qu’un tel projet exige : environ deux ans entre l’idée et l’ouverture, dont près d’un an rien que pour trouver le bon local — celui-là même, à l’angle vitré avec vue sur la cathédrale, qu’il avait repéré puis cru perdu, avant qu’il ne se libère. Le projet, entièrement autofinancé, s’est monté « à nos propres moyens ».
S’implanter à Nice : réseau, tempo et intégration
Parisien arrivé il y a environ quatre ans, Sylvain Brondel a choisi Nice pour son équilibre — mer, montagne, aéroport, TGV — et un « bon feeling » en découvrant une énergie nouvelle. Avant Frisson, il a travaillé quelques mois au concept store Impact, une manière d’élargir son réseau. Car le réseau est central dans son récit : il décrit un fonctionnement par contacts et recommandations, où une introduction vaut mieux qu’un CV, et raconte avoir contacté « des tonnes » d’artisans pour bâtir ses partenariats.
Il pose aussi un regard lucide sur les différences entre Paris et Nice : un tempo business plus lent, une adoption plus longue des nouveaux concepts, et une intégration moins immédiate — les apéros informels « à la maison », dit-il, y sont plus rares. Il salue toutefois le dynamisme du bassin économique azuréen et une scène créative locale émergente, qu’il aimerait voir davantage valorisée. À titre personnel, il décrit une vie devenue plus calme, rythmée par les couchers de soleil, avec des retours réguliers à Paris pour les Fashion Weeks.
FAQ
Qui est Sylvain Brondel ?
Sylvain Brondel est le co-fondateur, avec Olivier Breton, du coffee-shop Frisson, situé dans le Vieux-Nice. Ancien de la boutique parisienne Colette, il a quitté Paris il y a environ quatre ans pour s’installer à Nice et y créer un lieu à son image : exigeant, créatif et pensé comme une marque.
Qu’est-ce que le coffee-shop Frisson ?
Frisson est un coffee-shop et glacier installé depuis deux ans dans le Vieux-Nice. Conçu comme une marque, il associe café sourcé avec soin, glaces élaborées avec des maîtres glaciers, et un programme régulier de collaborations et d’expositions. Sylvain Brondel le décrit comme un lieu de partage et un laboratoire créatif, plus qu’un simple comptoir.
Qu’a-t-il retenu de son passage chez Colette ?
De Colette, Sylvain Brondel a retenu une exigence de sélection et une culture de la curation qu’il juge unique. Il explique que ce savoir-faire ne s’apprend qu’en le vivant, et qu’il irrigue aujourd’hui l’ADN de Frisson : exclusivité, rareté, avant-première et renouvellement régulier des propositions.
Pourquoi avoir choisi le Vieux-Nice pour Frisson ?
Le Vieux-Nice était un choix stratégique : c’est un passage quasi obligé pour les touristes, ciblés en premier, tout en permettant de toucher les Niçois, notamment l’hiver. Sylvain Brondel voulait un lieu à fort passage pour installer une marque nouvelle, portée par des Parisiens, dans une ville qu’il devait encore apprivoiser.
Comment décrit-il le tempo de Nice par rapport à Paris ?
Il décrit un rythme business plus lent à Nice, où les nouveaux concepts mettent plus de temps à s’implanter, et une intégration sociale moins immédiate qu’à Paris. Il souligne toutefois que le bassin économique de la Riviera est dynamique et ouvert sur l’international, et qu’il puise une inspiration régulière dans ses allers-retours parisiens.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 — Emmanuelle Mary lance la saison 2 et reçoit Sylvain Brondel (Frisson)
- 00:01:49 — Frisson : café, glace et le sens du nom
- 00:04:39 — L’école Colette et sa vision de la curation
- 00:09:13 — S’installer dans le Vieux-Nice : toucher touristes et Niçois
- 00:12:39 — Le passage par le concept store Impact et la culture du réseau
- 00:18:34 — Genèse du projet : deux ans, le nom, le concept
- 00:22:49 — Trouver le local : presque un an et le « signe »
- 00:27:19 — Sourcer le café et la glace auprès d’artisans
- 00:30:09 — Premier souvenir niçois et l’appel du Sud
- 00:34:00 — Le tempo business de Nice face à Paris
- 00:35:21 — Intégration et scène créative locale
- 00:45:34 — Un projet entrepreneurial comme un sport : régularité et discipline
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