
Baptiste Lopez, marchand d'art parisien, a ouvert Mala Gallery au port de Nice. Quatrième génération d'une famille de galeristes, de peintres et de marchands de tableaux, il raconte comment on apprend à « avoir un œil », pourquoi le sourcing est le nerf du métier et comment les foires, d'Antica Namur à Art Paris, lui ont ouvert la porte des grands collectionneurs. Dans ce nouvel épisode du Pari(s) de la Riviera, il explique aussi pourquoi il a choisi Nice, ville d'art et non simple station balnéaire, pour défendre l'abstraction d'après-guerre et la jeune création.
Quatre générations d’art dans la famille
Baptiste Lopez est marchand d’art depuis près de dix ans et galeriste depuis l’ouverture de Mala Gallery, au port de Nice. Il raconte être la quatrième génération d’une famille liée à l’art : une arrière-grand-mère galeriste à Paris, un arrière-grand-père peintre et sculpteur de l’École de Paris, des parents marchands de tableaux. Enfant, il se souvient que son père lui a mis entre les mains un dessin de Picasso, tracé d’un seul trait. Après une école de commerce, il perd son père à 20 ans ; c’est une professionnelle de la gestion de patrimoine qui lui conseille de reprendre le métier paternel. Il passe alors une licence d’histoire de l’art à la Sorbonne, « pour avoir une certaine légitimité ». Selon lui, l’essentiel du métier tient à « avoir un œil », et la plus grande difficulté reste le sourcing : trouver des œuvres, de préférence en collection privée.
Il défend aujourd’hui la seconde École de Paris et l’abstraction lyrique, et regrette l’écart de cote entre Gérard Schneider et des contemporains comme Pierre Soulages ou Hans Hartung : « il y a une donnée qu’on ne pourra jamais modifier, c’est l’histoire ».
Des foires à la vitrine niçoise
Baptiste Lopez débute comme « marchand en chambre », c’est-à-dire sans galerie, en achetant lui-même ses œuvres plutôt qu’en faisant du courtage (la mise en relation d’un vendeur et d’un acheteur contre commission) : sa première acquisition est un Hartung. Il passe ensuite deux ans dans une galerie du sud de la France, où il découvre les foires, qu’il adore pour leur manière de « raconter une histoire ». Redevenu indépendant, il enchaîne Antica Namur, Modern Art Fair puis Art Paris, où son stand noir et blanc, de Martin Barré à Bernar Venet, retient l’attention et lui fait rencontrer de grands collectionneurs. Une galerie physique devenant obligatoire pour y revenir, il accélère : visites en janvier, acte signé au printemps, ouverture en septembre.
Installé dans le Sud par amour, père d’un enfant et bientôt d’un deuxième, il choisit Nice plutôt que Cannes, où il habite : la ville a connu la galerie Sapone, grande défenseuse de l’abstraction d’après-guerre, et il y voit « une vraie ville » plutôt qu’une station balnéaire.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Mala Gallery, galerie d’art moderne et contemporain, 26 rue Catherine-Ségurane à Nice
- Pablo Picasso, dont Baptiste Lopez a exposé les céramiques
- Hans Hartung et Anna-Eva Bergman, peintres, sujets d’une exposition en préparation
- Gérard Schneider, peintre, figure de l’abstraction lyrique
- Pierre Soulages, peintre
- Raoul Dufy, peintre, longtemps vendu par le père de Baptiste Lopez
- Robert Combas, peintre de la figuration libre
- Martin Barré et Bernar Venet, artistes présentés sur son stand d’Art Paris
- Invader, artiste de street art
- Doriane Malige, artiste contemporaine exposée à la galerie
- Art Paris, foire d’art moderne et contemporain au Grand Palais
- Modern Art Fair, Antica Namur et la BRAFA, foires d’art
- La galerie Sapone, ancienne galerie niçoise
- Le musée Chagall, le musée Picasso et la Fondation Maeght
- La Sorbonne, où il a étudié l’histoire de l’art
Au fil de l’épisode
- Une famille de marchands d’art depuis quatre générations
- Le premier dessin de Picasso tenu entre les mains
- Études de commerce, licence d’histoire de l’art et quête de légitimité
- L’œil, le sourcing et la relation de confiance avec les collectionneurs
- Gérard Schneider et l’écart de cote avec Soulages et Hartung
- Les débuts de marchand en chambre et le premier Hartung acheté
- Courtage, galerie dans le Sud et découverte des foires
- Antica Namur, Modern Art Fair et le stand noir et blanc d’Art Paris
- L’achat de la galerie, accéléré par l’exigence d’Art Paris
- Pourquoi Nice plutôt que Paris ou Cannes
- La vie de quartier au port, ancien coin des antiquaires
- Expositions à venir, dont celle de Doriane Malige
FAQ
Qui est Baptiste Lopez ?
Baptiste Lopez est un marchand d’art parisien, fondateur de Mala Gallery à Nice. Issu d’une famille liée à l’art depuis quatre générations, il est diplômé d’une école de commerce et titulaire d’une licence d’histoire de l’art de la Sorbonne. Il défend notamment l’abstraction d’après-guerre et participe à des foires comme Art Paris.
Où se trouve Mala Gallery à Nice ?
Mala Gallery est installée au 26 rue Catherine-Ségurane, dans le quartier du port de Nice. Baptiste Lopez explique avoir choisi cette rue, historiquement celle des antiquaires, parce que les décorateurs et les amateurs qui cherchent des pièces pour leur intérieur ont l’habitude de s’y rendre. Il précise que la galerie peut fermer lorsqu’il est en foire.
Qu’est-ce qu’un marchand d’art « en chambre » ?
Un marchand en chambre exerce sans galerie ouverte au public, souvent depuis son domicile. C’est ainsi que Baptiste Lopez a débuté. Plutôt que de faire uniquement du courtage, il a choisi d’acheter lui-même des œuvres afin de maîtriser ce qu’il vendait, avant de rejoindre une galerie puis d’ouvrir la sienne.
Pourquoi les foires d’art sont-elles importantes pour un galeriste ?
Selon Baptiste Lopez, c’est dans les foires que l’on rencontre aujourd’hui les grands collectionneurs, bien plus que par l’emplacement d’une galerie. Sa participation à Art Paris lui a permis de vendre à plusieurs grands collectionneurs et d’en rencontrer beaucoup d’autres. Les dossiers y sont sélectionnés par un comité sur la base d’un projet d’exposition.
Pourquoi ouvrir une galerie d’art à Nice plutôt qu’à Paris ?
Installé dans le Sud pour sa compagne, Baptiste Lopez a préféré Nice à Cannes. Il rappelle que la ville a accueilli la galerie Sapone, qui défendait l’abstraction d’après-guerre, signe selon lui d’un réseau de collectionneurs. Il estime que Nice est une vraie ville, pas seulement une station balnéaire, et qu’une galerie exigeante y a sa place.
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