
Aimé Bress, musicien et directeur artistique d'une compagnie consacrée au répertoire occitan, est l'invité d'Au fil des jours sur RCF Hérault. Archives à l'appui, il fait entendre des chansons populaires collectées depuis 1913 et raconte comment il les transforme en morceaux de bal avec son trio : une chanson à boire devenue chapeloise, une bourrée, la cabrette d'Auvergne. L'occasion de réfléchir à ce qu'on garde et à ce qu'on transmet d'un héritage chanté.
Des collectes d’archives au bal d’aujourd’hui
Sur RCF Hérault, dans l’émission Au fil des jours, le musicien Aimé Bress, directeur artistique d’une compagnie qui centre sa création sur le répertoire occitan et les musiques traditionnelles, fait écouter des sons d’archives et raconte ce qu’il en fait. Ces collectes, explique-t-il, sont sa « matière première » : des chansons populaires enregistrées auprès de personnes souvent âgées, dont les plus anciennes datent de 1913, et que l’on peut encore recueillir aujourd’hui dans certaines familles. Chaque collecte est pour lui « un univers », un instant pris avec une personne dans un lieu, loin de l’enregistrement de studio qu’on réécoute à l’identique. Il montre comment une chanson à boire en français, au refrain « il vaut mieux moins d’argent, chanter, boire et rire souvent », trouvée dans un coffret de musiques traditionnelles, est devenue une chapeloise (une danse en cercle) arrangée avec son trio de bal, avec des paroles prolongées. Il parle ensuite de la bourrée, qu’il appelle « le tango occitan », de la cabrette, la cornemuse d’Auvergne, et de la modalité, ces hauteurs de notes non tempérées qui déroutent l’oreille d’aujourd’hui. Une chanson de village venue du Tarn ouvre une réflexion sur la façon d’habiter son territoire, une autre sur les mariages de jeunes filles avec des hommes âgés montre que le répertoire portait déjà des questions très actuelles.
Pour Aimé Bress, il ne faut ni sacraliser ces chansons ni tout effacer : ce sont « des photographies » d’une époque, à comprendre avant de les transmettre à sa manière.
Au fil de l’épisode
- 00:00:01 : présentation d’Aimé Bress et de sa compagnie consacrée au répertoire occitan
- 00:00:31 : les collectes de chansons populaires, des enregistrements de 1913 à aujourd’hui
- 00:01:51 : chercher la musique de l’endroit où l’on habite face à la mondialisation
- 00:02:12 : comment écouter des sons d’archives sans être dérouté
- 00:03:27 : premier extrait, une chanson à boire en français
- 00:05:25 : le travail avec le trio de bal et la question de l’héritage culturel
- 00:06:41 : d’un coffret de collectes à une chapeloise arrangée pour le trio
- 00:08:08 : ne pas sacraliser les chansons, appropriation et transmission
- 00:09:17 : deuxième extrait, un morceau du répertoire de la compagnie
- 00:12:17 : la bourrée, « le tango occitan »
- 00:13:34 : la cabrette, cornemuse d’Auvergne, et la modalité
- 00:15:11 : adapter son oreille du XXIe siècle à ce répertoire
- 00:16:35 : être musicien classique et se spécialiser dans les traditions
- 00:18:43 : une chanson de village du Tarn et la façon d’habiter son territoire
- 00:22:03 : les chansons sur les mariages arrangés et leur écho aujourd’hui
- 00:23:21 : comment chaque musicien remet au goût du jour le répertoire occitan
- 00:25:05 : la contrainte de la danse et l’envie de « dérythmer » la musique
- 00:26:05 : une dernière archive, la voix d’un chanteur de 19 ans enregistrée en 1913
FAQ
Qui est Aimé Bress ?
Aimé Bress est musicien et directeur artistique d’une compagnie qui centre sa création sur le répertoire occitan et les musiques traditionnelles. Il joue aussi au sein d’un trio de bal. Une partie de son travail consiste à écouter et collecter des enregistrements anciens de chansons populaires pour en tirer de nouveaux arrangements.
Qu’est-ce qu’une collecte en musique traditionnelle ?
C’est l’enregistrement de chansons et de musiques populaires auprès des personnes qui les ont gardées en mémoire, souvent âgées. Selon Aimé Bress, les plus anciennes collectes datent de 1913, et on peut encore en réaliser aujourd’hui dans certaines familles. Il les considère comme des instants pris avec une personne dans un lieu.
Pourquoi Aimé Bress appelle-t-il la bourrée le tango occitan ?
Parce que c’est pour lui une musique profonde, à la fois musique de transe et mélodie simple mais nerveuse, portée par la profondeur du rythme et l’énergie de la mélodie. Il présente dans l’épisode une bourrée que son trio venait d’ajouter à son répertoire de bal.
Qu’est-ce que la cabrette ?
La cabrette est la cornemuse d’Auvergne. Aimé Bress explique qu’elle n’est pas tempérée comme un instrument actuel : ses tierces sont plus hautes ou plus basses, ce qui touche à la modalité. Il invite les amateurs à écouter de près le phrasé des musiciens sur les collectes et à leur faire confiance.
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