
Témoins de Provence, sur RCF, donne la parole à Caroline, hébergée depuis près d'un an dans un centre d'hébergement d'urgence pour femmes de la Fondation de l'Armée du Salut à Marseille, et au chef de service de ce centre. Ensemble, ils racontent la confiance qui revient lentement, les papiers à refaire, le manque de places pour les femmes à la rue et le premier pas vers l'emploi. Un témoignage sur ce que veut dire redevenir une personne.
Sortir de la rue, un pas après l’autre
Dans cet épisode de Témoins de Provence, diffusé sur RCF, une femme prénommée Caroline, hébergée depuis près d’un an dans un centre d’hébergement d’urgence de la Fondation de l’Armée du Salut à Marseille, raconte comment elle tente de se reconstruire après la rue, aux côtés du chef de service de ce centre, qui accueille 49 femmes, dont certaines avec enfants. Elle décrit la perte de pied, le repli sur soi, puis la nécessité d’« accepter de prendre les mains qui sont tendues » et de laisser de côté la fierté mal placée pour en retrouver une plus saine. Le chef de service explique que, pour une place qui se libère, une quinzaine de dossiers sont présentés par le service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), géré par la préfecture, et que l’offre couvre à peine la moitié des besoins pour les femmes. Avec Caroline, la confiance est d’abord passée par l’écrit : elle lui a adressé de longues lettres avant d’accepter de lancer ses démarches. Française, elle avait perdu à la rue ses papiers d’identité et tout droit social ; elle reprend aujourd’hui pied par un chantier d’insertion dans les espaces verts, quatre heures par semaine pour commencer. Le chef de service, ancien officier et aumônier de l’Armée du Salut, évoque aussi sa foi au quotidien et les cérémonies qu’il mène lors des deuils.
Le nom provençal du centre signifie « l’abri », et le centre manque de bénévoles pour les quinze enfants qu’il accueille, notamment pour l’aide aux devoirs.
Les références de l’épisode
- Fondation de l’Armée du Salut : gestionnaire du centre d’hébergement d’urgence pour femmes où vit Caroline.
- SIAO : service intégré d’accueil et d’orientation, géré par la préfecture, qui centralise les demandes d’hébergement.
- Nuit de la solidarité : opération de rencontre des personnes à la rue, au cours de laquelle l’équipe a rencontré une femme accueillie ensuite au centre.
- Le Roi Lear : pièce de Shakespeare dont une réplique sur les besoins ouvre l’échange.
Au fil de l’épisode
- 00:00:47 : le centre d’hébergement et le sens de l’accompagnement
- 00:02:11 : perdre pied et se refermer sur soi
- 00:03:20 : une place pour une quinzaine de dossiers
- 00:04:05 : accepter la main tendue
- 00:05:14 : l’orientation par le SIAO
- 00:06:17 : la confiance retrouvée par l’écrit
- 00:07:31 : ce que ressent Caroline face aux femmes à la rue
- 00:08:56 : le suivi après le départ du centre
- 00:12:23 : le retour vers l’emploi dans les espaces verts
- 00:13:49 : la foi du chef de service dans son travail
- 00:15:11 : accompagner les deuils
- 00:16:45 : recommencer à rêver
- 00:19:22 : les besoins du centre pour les enfants
- 00:20:36 : un nom provençal qui signifie l’abri
- 00:22:23 : refaire ses papiers et se réinsérer
FAQ
Combien de femmes accueille ce centre d’hébergement de l’Armée du Salut à Marseille ?
Selon son chef de service, le centre d’hébergement d’urgence accueille 49 femmes, certaines avec leurs enfants (quinze enfants au moment de l’enregistrement). Pour chaque place qui se libère, une quinzaine de dossiers sont présentés, et il estime que l’offre couvre à peine la moitié des besoins pour les femmes à la rue.
Comment une femme sans abri obtient-elle une place en hébergement d’urgence ?
Les demandes passent par le SIAO, service géré par la préfecture qui centralise les dossiers. Quand une place se libère, le centre la signale et prend contact avec les associations qui ont monté les dossiers. Selon le chef de service, le seul critère de base est d’être une femme à la rue, puis l’urgence médicale entre en compte.
Comment Caroline se reconstruit-elle après la rue ?
Caroline raconte qu’elle a d’abord écrit de longues lettres au chef de service avant de faire confiance aux éducateurs. Elle a refait ses papiers d’identité, perdus à la rue, et commence un parcours d’insertion dans les espaces verts, à raison de quatre heures par semaine, avec la possibilité d’aller jusqu’à vingt heures.
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