
Ce documentaire de la série Les Murs ont des oreilles part à Clapiers, commune boisée au nord-est de Montpellier. L'historien local, le maire et plusieurs passionnés y retracent deux mille ans d'histoire, du village de paysans libres au « poumon vert » de la métropole. On y croise le safran des apothicaires, les guerres de religion, la vigne qui a bâti le quartier bas, un peintre retiré dans sa maison familiale et le Panrama, cinéma expérimental à écran hémisphérique né dans la pinède.
Le village des cailloux, entre Castelnau et Jacou
Au nord-est de Montpellier, Clapiers compte un peu plus de 6 000 habitants, 122 hectares de forêts communales et se présente comme le « poumon vert » de la métropole. Ce documentaire de la série Les Murs ont des oreilles donne d’abord la parole à l’historien local du village, président d’associations occitanes, qui retrace 2 000 ans d’occupation : des villas agricoles liées à Substantion, sur la voie romaine, à un village attesté vers 1100, avec une paroisse dès 1127. Le nom, explique-t-il, vient d’une racine antérieure au latin et au gaulois qui désigne les tas de cailloux, comme le Clapas de Montpellier. Longtemps, les paysans de Clapiers se disent « hommes libres », sans seigneur reconnu, et pratiquent l’agriculture méditerranéenne : grains, un peu de vigne, quelques oliviers, des brebis, et même du safran au XVIe siècle pour les apothicaires de Montpellier. Le bourg fortifié s’organise autour de l’église, dont le mur-clocher du XIIe siècle, ancien ouvrage de défense, est inscrit aux monuments historiques depuis 1980. Le village subit la prise par une armée protestante en 1621, puis une expédition de la Garde nationale en 1792.
Au XIXe siècle, la vigne couvre tout le terroir, finance le château et les maisons du « quartier bas », puis attire des travailleurs venus de la montagne et d’Espagne.
Peintres, Panrama et cinéma dans la pinède
Le maire raconte l’arrivée, dans les années 70, de nouveaux habitants liés à l’université et à IBM, la mixité recherchée aujourd’hui et la promesse de ne plus étendre la ville sur les terres agricoles et boisées ; Clapiers a abandonné les produits phytosanitaires dès 2007. Un descendant de la famille du peintre paysagiste qui s’était retiré dans sa maison du village présente le chemin des peintres, douze œuvres reproduites sur plaques de lave à travers Clapiers, dont Derrière Clapiers. Un membre de l’association des Amis du Panrama fait ensuite visiter le Panrama, salle expérimentale inaugurée en 1969, où un architecte projetait des images sur une coupole hémisphérique de 12 mètres de diamètre, procédé breveté en 1958 et présenté à l’Exposition universelle de Montréal en 1967. Clapiers a aussi servi de décor à un feuilleton tourné en 1966 et au film L’emmerdeur d’Édouard Molinaro, avec Jacques Brel et Lino Ventura.
Le maire évoque enfin la MJC des années 70 et 80, qui faisait venir à Clapiers les groupes de toute la région, et la fête de la tomate, chaque premier dimanche de septembre.
Les références de l’épisode
- Substantion : étape sur la voie romaine que le terroir de Clapiers approvisionnait selon l’historien local.
- Mur-clocher de l’église : vestige du XIIe siècle, formé d’anciennes tours de défense, inscrit aux monuments historiques en 1980.
- Chemin des peintres : douze peintures reproduites sur plaques de lave et réparties dans le village.
- Panrama : ancien cinéma expérimental à écran hémisphérique, protégé au titre des monuments historiques et labellisé patrimoine du XXe siècle.
- L’emmerdeur : film d’Édouard Molinaro tourné en partie à Clapiers en 1973.
- Fête de la tomate : éco-festival annuel qui réunit producteurs locaux et consommateurs.
Au fil de l’épisode
- 00:00:24 : Clapiers, poumon vert de la métropole de Montpellier
- 00:01:33 : une occupation depuis l’époque romaine
- 00:02:32 : l’origine du nom, une racine qui désigne les tas de cailloux
- 00:03:38 : des paysans qui se disent hommes libres
- 00:04:52 : l’agriculture méditerranéenne
- 00:06:17 : le safran, l’or rouge des apothicaires
- 00:07:04 : le bourg fortifié et le mur-clocher
- 00:10:15 : les guerres de religion et l’attaque protestante de 1621
- 00:11:18 : l’expédition révolutionnaire de 1792
- 00:12:55 : la crise viticole de 1907 et la monoculture de la vigne
- 00:15:25 : l’arrivée de travailleurs de la montagne et d’Espagne
- 00:16:25 : les nouveaux habitants des années 70 et la croissance maîtrisée
- 00:17:32 : une ville verte, zéro phyto depuis 2007
- 00:18:29 : le peintre du village et le chemin des peintres
- 00:22:49 : le Panrama, cinéma sur coupole
- 00:27:47 : un feuilleton tourné à Clapiers
- 00:30:15 : le tournage de L’emmerdeur
- 00:31:59 : la MJC et la vie culturelle des années 70
- 00:32:53 : la fête de la tomate et la rénovation du centre ancien
FAQ
D’où vient le nom de Clapiers ?
Selon l’historien local interrogé dans le documentaire, le nom vient d’une racine antérieure au latin et au gaulois qui désigne les tas de cailloux et les zones caillouteuses, la même que celle du Clapas de Montpellier ou de la montagne de la Clape dans l’Aude. Le village, bâti sur une colline rocailleuse, est attesté sous ce nom vers 1100.
Qu’est-ce que le Panrama de Clapiers ?
C’est une ancienne salle de cinéma expérimentale, inaugurée en 1969 dans la pinède de Clapiers, où les images étaient projetées sur un écran hémisphérique de 12 mètres de diamètre pour 50 spectateurs. Le procédé, breveté en 1958 par un architecte montpelliérain, voulait reproduire le champ de vision humain. La salle, protégée, ne s’ouvre plus qu’à de rares occasions.
Qu’est-ce que le chemin des peintres à Clapiers ?
C’est un parcours de douze peintures de deux paysagistes liés au village, reproduites sur des plaques de lave et installées à la médiathèque, à la mairie, près de l’église ou dans le parc municipal. Selon un descendant de l’un des peintres, ces toiles offrent un témoignage du village sur plus d’un siècle, de ses vignes à ses collines.
Quels films ont été tournés à Clapiers ?
Le documentaire cite un feuilleton tourné en 1966 dans les pinèdes et chez des habitants du village, et le film L’emmerdeur, réalisé par Édouard Molinaro en 1973 avec Jacques Brel et Lino Ventura, dans lequel une voiture traverse Clapiers à toute vitesse.
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