
Ce documentaire de la série Les Murs ont des oreilles part à Saint-Drézéry, village à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Montpellier. Une ancienne maire, historienne de la commune, et le maire actuel racontent mille ans d'histoire, de l'église du XIIe siècle au château devenu mairie en 2024. On y suit la vigne et le phylloxéra, l'emprunt populaire qui a permis d'acheter le parc, puis les traditions qui se réinventent avec le Colombiou, un totem mi-colombe mi-taureau.
Un village de l’Hérault entre deux ruisseaux
À une vingtaine de kilomètres au nord-est de Montpellier, Saint-Drézéry compte aujourd’hui près de 3 000 habitants, que l’on surnommait autrefois les Aspaouris, « les peureux » en occitan. Ce documentaire de la série Les Murs ont des oreilles fait parler une ancienne maire du village, autrice d’un livre d’histoire locale et membre de l’association des Amis du Vieux Saint-Drézéry, puis le maire actuel. Le nom du village vient de saint Didier, évêque de Langres, auquel on a accolé celui du ruisseau de Courbesac. Le territoire est occupé depuis l’Antiquité, comme en témoignent trois sites de villas romaines, toutes proches d’une source. Au Moyen Âge, le bourg, propriété des évêques de Maguelone, s’organise en fer à cheval autour de l’église Saint-Didier, bâtie au XIIe siècle, et d’un château du XIVe siècle, longtemps grosse ferme des prévôts du chapitre. Vendu comme bien national à la Révolution, celui-ci est acquis en 1791 par Jean-Jacques Régis de Cambacérès, qui n’y viendra jamais et le léguera à la cathédrale de Montpellier.
Transformé par la famille Mounier à partir de 1859, puis morcelé entre plusieurs propriétaires, le château est racheté par morceaux par la commune et devient la mairie, inaugurée le 14 septembre 2024.
Du vin qui voyage au Colombiou
Le récit suit ensuite l’économie du village : des céréales d’abord, puis la vigne, dont le vin « se conserve et surtout voyage », jusqu’au phylloxéra qui détruit 775 hectares sur les 1 044 de la commune. L’afflux de main-d’œuvre au XIXe siècle oblige à construire ponts, école et nouvelle église, agrandie en 1851 sur l’ancien cimetière. Le maire raconte l’emprunt populaire de 1950, auquel 33 habitants ont participé pour acheter le parc du château, la restauration de la mairie avec réemploi des poutres, des calades (pavés de galets) et des boiseries d’origine, et la recréation d’un centre-bourg. Viennent enfin le cèdre mort du parc sculpté par un artiste, la fête votive du 15 août autour du taureau, et le Colombiou, nouveau totem mi-colombe mi-taureau orné de feuilles de vigne, porté par les associations et les écoles.
L’épisode se termine sur le sentier des cours d’eau et l’atlas du petit patrimoine que la commune constitue avec ses habitants.
Les références de l’épisode
- Église Saint-Didier : bâtie au XIIe siècle, agrandie en 1851, clocher de 1900, restaurée en 2018 avec le soutien de la Fondation du patrimoine.
- Château de Saint-Drézéry : édifié au XIVe siècle, inscrit aux monuments historiques en 2019, devenu l’hôtel de ville.
- Jean-Jacques Régis de Cambacérès : acquéreur du château en 1791, futur archichancelier de l’Empire.
- Maguelone : les évêques puis les prévôts du chapitre de Maguelone furent seigneurs du village jusqu’à la Révolution.
- Amis du Vieux Saint-Drézéry : association d’histoire locale.
- Colombiou : totem créé pour la fête du village, mélange de colombe et de taureau.
- Radio Clapas : radio qui signe le documentaire, coproduit avec Montpellier Méditerranée Métropole.
Au fil de l’épisode
- 00:00:31 : Saint-Drézéry, ses voisines, ses ruisseaux et ses Aspaouris
- 00:01:26 : l’origine du nom, de saint Didier à Saint-Drézéry de Courbesac
- 00:02:29 : les traces d’occupation depuis l’Antiquité
- 00:03:42 : les premiers mas et les compoix, anciennes matrices cadastrales
- 00:04:46 : le bourg en fer à cheval autour de l’église
- 00:05:50 : le château des prévôts de Maguelone
- 00:08:16 : la Révolution et l’achat du château par Cambacérès
- 00:09:24 : la famille Mounier et la transformation de la bâtisse
- 00:10:27 : le rachat progressif du château par la commune
- 00:13:09 : l’emprunt populaire de 1950 pour le parc
- 00:14:09 : les travaux du nouvel hôtel de ville et le réemploi des matériaux
- 00:15:55 : les métamorphoses de l’église Saint-Didier
- 00:16:59 : céréales, vigne et phylloxéra
- 00:20:47 : les ponts du XIXe siècle et le transport du vin
- 00:22:22 : la croissance récente et la station d’épuration de 2009
- 00:24:33 : recréer un centre-bourg
- 00:26:21 : le cèdre sculpté du parc
- 00:28:12 : la fête votive, le taureau et la naissance du Colombiou
- 00:30:55 : le sentier des cours d’eau
- 00:32:45 : l’atlas du petit patrimoine
FAQ
D’où vient le nom de Saint-Drézéry ?
Selon le documentaire, Saint-Drézéry est une déformation de Saint-Didier, du nom de Didier, évêque de Langres. Le village s’est longtemps appelé Saint-Didier dans les actes notariés, puis on y a accolé le nom du ruisseau de Courbesac. Par déformation, il est devenu Saint-Drézéry de Courbesac, nom d’usage jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Qu’est devenu le château de Saint-Drézéry ?
Le château du XIVe siècle, longtemps grosse ferme des prévôts du chapitre, a été vendu à la Révolution, transformé par la famille Mounier puis découpé entre plusieurs propriétaires. La commune en a acheté une partie en 1987, une autre en 2016. Inscrit aux monuments historiques en 2019, il abrite la mairie inaugurée le 14 septembre 2024.
Qu’est-ce que le Colombiou de Saint-Drézéry ?
Le Colombiou est un totem né il y a peu pour les fêtes du village, créé avec des associations, la mairie et la commune voisine de Saint-Christol. Selon le maire, il mêle colombes, taureaux et feuilles de vigne pour représenter Saint-Drézéry. Les écoles ont participé à des danses et des chants pour l’accompagner.
Comment la vigne a-t-elle marqué l’histoire de Saint-Drézéry ?
D’abord cultivée pour la consommation, la vigne a mis une centaine d’années à couvrir le territoire, au point que le phylloxéra y a détruit 775 hectares sur les 1 044 de la commune. Le vin du village, réputé pour se conserver et voyager, partait vers les gares voisines. Une cave coopérative ouvre en 1939.
Vendargues, l’Eldorado des plateaux
6 Oct
Clapiers, l’écrin des pins
6 Oct
« Saint-Jean-de-Védas », les castels du védatio
2 Sep
« Saint-Georges-d’Orques », la légende du dragon
2 Sep
« Saint-Geniès-des-Mourgues », le diamant noir des morgas
2 Sep
« Fabregues », Le castrum de Frabricis
15 Fév
« Saussan », Le Coucaïrous de la Brue
15 Fév
« Juvignac », douceur de vivre en terre héraultaise
15 Fév
« Jacou », Sancti Pétri de Jocone
15 Fév
« Montferrier », Le Piton du Lez
15 Fév
#28 – Grabels
8 Nov
#24 – Lavérune
8 Nov
La Commune de 1871
9 Oct
U Casteddu di Roccapina | Episode 2 – Lochi di Mimoria
7 Oct
Vannina Bruna, présidente de l’association « A casa di Zia Mattea »
5 Oct
ÉTRANGE LIEN ENTRE MINIJUPE ET LES VENTES DE PERLES DE CULTURE
5 Oct
La fabuleuse épopée d’un peintre explorateur
22 Jan
