
Dans Esperluette, Marie-Cécile Drécourt part à Bédoin, au pied du mont Ventoux, le jour où la coopérative CIBRAV inaugure ses ombrières photovoltaïques. Fondateurs, sociétaires, chargé d'études, maire, enseignants et élèves expliquent l'autoconsommation collective d'électricité, encore peu connue. Comment fonctionne une boucle locale, ce que change le statut de coopérative, pourquoi des communes s'y engagent : l'épisode, commandé par CIBRAV, détaille un projet où l'énergie devient l'affaire des habitants.
Une coopérative pour reprendre la main sur l’électricité
À Bédoin, au pied du mont Ventoux, Marie-Cécile Drécourt, alias Esperluette, donne la parole aux acteurs de CIBRAV, les Citoyens Branchés du Sud-Ventoux, pour expliquer l’autoconsommation collective d’électricité (ACC). Enregistré lors de l’assemblée générale de la coopérative et de l’inauguration de sa centrale photovoltaïque de Bédoin, l’épisode réunit fondateurs, sociétaires, un chargé d’études, le maire et des enseignants. Pour Gérard Simian, président de CIBRAV, il s’agit de « reprendre la main sur l’énergie » comme d’autres le font pour leur alimentation. La coopérative, une SCIC décrite comme une « coopérative citoyenne locale » et qui revendique environ 145 sociétaires, collecte des fonds pour faire construire des centrales solaires sur des toits ou des ombrières : d’abord 100 mètres carrés de panneaux sur un bâtiment communal de Crillon-le-Brave, puis des ombrières à Mazan et, à Bédoin, sur un parking de camping-cars. Théo Schorderet, chargé d’études pour Enercoop Paca, explique le principe : des compteurs associent l’énergie produite par une centrale à des consommateurs situés dans un cercle de 2 kilomètres, porté à 10 kilomètres en zone périurbaine et à 20 kilomètres en zone rurale. Le consommateur garde son fournisseur habituel et son abonnement ; l’électricité solaire locale prend le relais dès que les panneaux produisent. La part de sociétaire est fixée à 50 euros, et chaque sociétaire dispose d’une voix, quel que soit le nombre de parts.
Des sociétaires racontent pourquoi le collectif les attire et comment la coopérative les a accompagnés pour équiper leur maison, de l’étude de consommation au choix de l’installateur. Le maire Alain Constant salue l’aboutissement de plus de quatre ans de travail, et l’école élémentaire de Bédoin, où la coopérative est intervenue en CM1 et CM2 avec la construction d’un four solaire, montre que le projet passe aussi par la transmission.
Pour aller plus loin
- Site internet du CIBRAV
- Enercoop Paca
- Ville de Bédoin
- Références et retranscription de l’épisode sur le blog d’Esperluette
Les références de l’épisode
- CIBRAV (Citoyens Branchés du Sud-Ventoux) : coopérative citoyenne de production d’électricité solaire basée à Bédoin.
- Autoconsommation collective (ACC) : partage local, par comptage, de l’électricité produite par une ou plusieurs centrales.
- SCIC : statut coopératif choisi par CIBRAV, où collectivités, entreprises et particuliers sont sociétaires.
- Enercoop Paca : coopérative dont Théo Schorderet, chargé d’études, présente le fonctionnement de l’ACC.
- Cove : intercommunalité présidée par Alain Constant, maire de Bédoin, membre de la coopérative.
- Syndicat d’électrification du Vaucluse : collectivité citée parmi les membres de CIBRAV.
- École élémentaire de Bédoin : ses classes de CM1 et CM2 ont construit un four solaire avec la coopérative.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : reprendre la main sur notre consommation d’énergie
- 00:00:45 : CIBRAV, c’est quoi ?
- 00:03:11 : souveraineté énergétique et lien sur un territoire, la vision des fondateurs
- 00:04:35 : qu’est-ce que l’autoconsommation collective ?
- 00:06:35 : périmètre et fonctionnement des boucles locales électriques
- 00:08:02 : le statut de SCIC et la part à 50 euros
- 00:10:32 : témoignages de sociétaires
- 00:13:27 : l’accompagnement des particuliers qui veulent poser des panneaux
- 00:16:45 : le rôle des collectivités et des élus
- 00:19:29 : la sensibilisation des élèves de l’école de Bédoin
- 00:22:16 : l’énergie comme bien commun
FAQ
Qu’est-ce que l’autoconsommation collective d’électricité ?
C’est un dispositif qui met en commun une ou plusieurs centrales de production avec des consommateurs proches. Les participants ne sont pas raccordés physiquement à la centrale : des compteurs associent l’énergie produite à chacun. Selon Théo Schorderet d’Enercoop Paca, tous doivent se trouver dans un cercle de 2 kilomètres, 10 en zone périurbaine et 20 en zone rurale.
Comment devenir sociétaire de CIBRAV à Bédoin ?
Il suffit d’acheter au moins une part de la coopérative, fixée volontairement à 50 euros pour rester accessible. Chaque sociétaire a une voix, qu’il détienne une part ou cent. À partir de deux parts, explique l’équipe, CIBRAV conseille aussi les particuliers qui veulent installer des panneaux solaires sur leur maison, jusqu’à l’analyse des devis.
Faut-il quitter son fournisseur d’électricité pour participer ?
Non. Selon les intervenants, on garde son compteur, son fournisseur habituel et son abonnement, et l’on reçoit deux factures. La nuit ou quand les panneaux ne produisent pas, le fournisseur classique alimente le foyer ; dès que les centrales solaires produisent, l’électricité locale vient se substituer à celle du réseau, à un prix présenté comme stable.
Quelles installations CIBRAV a-t-elle réalisées autour du Ventoux ?
La coopérative cite trois projets : 100 mètres carrés de panneaux sur un bâtiment communal de Crillon-le-Brave, un grand projet d’ombrières à Mazan, et des ombrières photovoltaïques sur un parking de camping-cars au centre de Bédoin, inaugurées le jour de l’enregistrement après plus de quatre ans de travail selon le maire.
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