
La fondatrice d'Avec des Oui intervient en entreprise avec un outil inattendu : le clown de théâtre. Marie-Cécile Drécourt, qui a travaillé avec elle pour mettre plus de joie dans sa voix de podcasteuse, la reçoit dans Esperluette. Longtemps timide, elle raconte comment le nez rouge l'a libérée, comment elle l'apporte aujourd'hui à des managers et des équipes, et pourquoi elle respecte toujours ceux qui refusent d'abord de jouer.
Le plus petit masque du monde
Dans cet épisode d’Esperluette, Marie-Cécile Drécourt reçoit la fondatrice d’Avec des Oui, qui intervient auprès de managers, d’indépendants et d’équipes avec les techniques du clown de théâtre. Elle distingue d’emblée ce clown du clown de cirque : il ne cherche pas à faire rire à tout prix, il vit pleinement ce qui se passe dans l’instant et cherche à se connecter au public. « On porte le plus petit masque du monde et en fait ça nous fait tomber tous les masques qu’on porte dans la vie », résume-t-elle. Petite, elle aimait se donner en spectacle, puis la timidité l’a gagnée : de 10 à 30 ans, elle est restée « en coulisses ». C’est en prenant des cours d’improvisation théâtrale, pendant qu’elle était salariée dans des entreprises où son fil conducteur était la communication, qu’elle découvre le clown, à 30 ans. La première année est difficile, faite de « bides », avant un déclic qu’elle décrit comme « un accouchement de moi-même ». Marquée par une souffrance au travail liée à une créativité inexploitée, elle se forme au théâtre d’entreprise et devient formatrice en communication par le théâtre. Elle propose aujourd’hui des « explorations clownesques » sur la gestion du temps ou le pitch, et même des moments où l’on ne fait « rien », juste être. Le nom de son entreprise vient de l’improvisation, où l’on dit toujours oui pour que le jeu continue.
Face à un participant réticent, elle respecte son refus, adapte l’exercice et constate que, la plupart du temps, la personne finit par faire un pas.
Activer sa joie
Elle tient à chausser un vrai nez rouge, qui autorise à faire ce qu’on ne ferait pas sans lui, et pose quelques règles : tout est permis, sauf se faire mal, faire mal aux autres ou casser du matériel, et les jurons se disent dans un langage inventé, par respect du public. Elle raconte l’exemple d’un ancien militaire qui sentait le besoin de sortir du cadre qu’il s’était imposé pendant trente ans, et rappelle qu’en clown on ne sait jamais ce qui va se passer : un participant en pleine forme peut faire un flop, un autre épuisé peut livrer un moment de grâce. Pour ses propres périodes de doute, elle se ressource en stages de clown, en méditation et en contemplation, et dit avoir développé « un sacré muscle du ici et maintenant ». Elle utilise aussi le yoga du rire, pratique venue d’Inde qui consiste à rire sans raison, qu’elle a fait essayer à Marie-Cécile Drécourt dans le salon d’un hôtel. Selon elle, cela apporte détente, énergie et confiance, sans occulter les problèmes : on les aborde avec plus de sérénité. Pour libérer la voix de la podcasteuse, elle est repassée par le corps et a créé des exercices sur le moment, ce qu’elle appelle « l’écoute créatrice ».
Son conseil final tient en une phrase : « Faites du clown ! », car il n’y a, dit-elle, « rien à perdre ».
Pour aller plus loin
- Avec des Oui
- Références et retranscription de l’épisode sur le blog d’Esperluette
- Site d’Esperluette
Les références de l’épisode
- Avec des Oui : l’entreprise de formation et d’accompagnement par le clown de théâtre fondée par l’invitée.
- Clown de théâtre : pratique centrée sur l’être et l’instant présent, distincte du clown de cirque.
- Théâtre d’entreprise : la formation qui lui a permis d’apporter les techniques du théâtre aux entreprises.
- Yoga du rire : pratique venue d’Inde qui fait rire sans raison pour retrouver la joie.
Au fil de l’épisode
- 00:00:46 : présentation de l’invitée et du travail mené avec la podcasteuse
- 00:02:09 : clown de cirque et clown de théâtre, quelle différence
- 00:03:24 : le nez rouge, le plus petit masque du monde
- 00:04:17 : de la timidité à la scène
- 00:05:38 : le déclic après une première année difficile
- 00:07:13 : apporter le clown dans l’entreprise
- 00:08:58 : de la souffrance au travail à la formation de formatrice
- 00:10:51 : la philosophie d’Avec des Oui
- 00:11:50 : accompagner les participants réticents
- 00:14:05 : le nez rouge, un objet pour oser
- 00:16:52 : l’imprévisible du spectacle vivant
- 00:19:07 : les règles du jeu et le respect du public
- 00:20:27 : comment elle traverse ses propres doutes
- 00:22:30 : le yoga du rire
- 00:27:09 : libérer la voix d’une podcasteuse
- 00:29:18 : le client rêvé
- 00:30:47 : se choisir mutuellement
- 00:32:01 : oser l’expérience
FAQ
Quelle différence entre clown de théâtre et clown de cirque ?
Selon la fondatrice d’Avec des Oui, le clown de cirque cherche à faire rire à tout prix, avec des boutades parfois grossières. Le clown de théâtre est centré sur l’être et sur l’instant présent : il vit pleinement ses émotions, se connecte directement au public sans quatrième mur, et le rire vient de cette authenticité.
Comment le clown de théâtre est-il utilisé en entreprise ?
Elle propose des « explorations clownesques » autour de thèmes comme la gestion du temps ou le pitch : les participants abordent le sujet nez rouge sur le visage, après un échauffement corporel. Le but est de faire tomber les masques, de gagner en aisance relationnelle et de trouver une posture alignée avec sa personnalité.
Qu’est-ce que le yoga du rire ?
C’est une pratique venue d’Inde, créée par un médecin il y a une trentaine d’années, qui consiste à rire sans raison à partir d’exercices et de respirations, jusqu’à déclencher un rire naturel. L’invitée la propose en séminaire ou en accompagnement individuel ; selon elle, l’effet de détente dure 24 à 48 heures sans pratique régulière.
Que faire si un salarié refuse de jouer le clown ?
Elle respecte toujours le refus : la personne peut rester assise en dehors du jeu. Elle explique beaucoup, pose un cadre rassurant et propose une version adaptée, comme un simple petit pas vers l’exercice. Ancienne grande timide, elle constate que ce respect pousse la plupart des participants à finir par essayer.
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