
Marie-Cécile Drécourt, alias Esperluette, a tendu son micro aux lauréats, à l'équipe d'ATLAS et aux traducteurs du jury lors de la remise des Prix ATLAS des Lycéens, au Museon Arlaten d'Arles. À l'heure où une machine traduit un texte en trois secondes, ces jeunes de la région Sud expliquent ce qui les a poussés à passer quatre heures sur quelques paragraphes, et les professionnels disent ce que ce concours leur apprend sur leur propre métier.
Au Museon Arlaten, des lycéens qui traduisent à la main
Dans Esperluette, anthropologue du quotidien, Marie-Cécile Drécourt emmène l’auditeur à Arles, au Museon Arlaten, pour la remise des Prix ATLAS des Lycéens, concours organisé par l’Association pour la Promotion de la Traduction Littéraire (ATLAS). Cette année, 193 jeunes de 15 à 21 ans, venus de 40 établissements de la région Sud, ont passé quatre heures un samedi après-midi dans une médiathèque, avec des dictionnaires papier, un carnet et un stylo, pour traduire un texte littéraire dans l’une des sept langues proposées : allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien et provençal. Vingt-quatre ont été récompensés. Au micro, la présidente et l’équipe d’ATLAS insistent sur le fait que la traduction n’est pas « un art et un artisanat élitiste » et que beaucoup de participants viennent par curiosité, souvent en binôme. Deux lauréates en provençal racontent comment elles se sont partagé les recherches de vocabulaire avant de tout réécrire ensemble ; un lauréat en italien, langue qu’il parle en famille, dit avoir voulu « établir une espèce de passerelle entre deux langues ». Les traducteurs du jury expliquent comment ils choisissent un texte « facile à comprendre mais difficile à traduire », et un juré pour le chinois montre que deux copies primées ont fait des choix opposés de temps verbaux, le chinois n’ayant pas de conjugaison. Tous défendent la traduction humaine face aux machines, qui, selon une jurée, « ne peuvent pas comprendre le texte ».
L’épisode se clôt sur un lauréat en anglais qui détourne une phrase d’Antoine de Saint-Exupéry : « on ne traduit bien qu’avec le cœur ».
Pour aller plus loin
- Le Museon Arlaten
- Le Prix ATLAS des Lycéens
- L’association ATLAS
- Les références et la retranscription de l’épisode sur le blog d’Esperluette
- Le site d’Esperluette
Les références de l’épisode
- Museon Arlaten : le musée d’Arles où s’est tenue la remise des prix.
- ATLAS : l’Association pour la Promotion de la Traduction Littéraire, organisatrice du concours, qui propose aussi des ateliers ouverts au public.
- Prix ATLAS des Lycéens : le concours de traduction littéraire en sept langues réservé aux lycéens de la région Sud.
- Archipélagos : un podcast produit par Marie-Cécile Drécourt avec ATLAS, où dix traducteurs présentent un texte européen qui leur tient à cœur.
- Antoine de Saint-Exupéry : l’écrivain dont une phrase est reprise par un lauréat en conclusion.
Au fil de l’épisode
- 00:00:48 : la remise des prix au Museon Arlaten, à Arles
- 00:01:17 : 193 jeunes, quatre heures et des dictionnaires papier
- 00:01:44 : l’équipe d’ATLAS sur une traduction accessible à tous
- 00:04:27 : les lauréates en provençal et le travail en binôme
- 00:05:47 : le lauréat en italien, entre famille et écrit
- 00:06:46 : comment le jury choisit les textes
- 00:07:14 : les pièges de syntaxe en espagnol
- 00:09:21 : traduire les temps du chinois
- 00:10:31 : pourquoi traduire quand une machine le fait en quelques secondes
- 00:12:10 : le provençal, une passerelle vers d’autres langues
- 00:12:57 : les machines face à la compréhension d’un texte
- 00:14:20 : ce qu’on souhaite aux lauréats
- 00:16:25 : garder vivant le rapport aux langues
- 00:18:31 : les ateliers d’ATLAS et le podcast Archipélagos
- 00:19:51 : le mot de la fin du lauréat en anglais
FAQ
Qu’est-ce que le Prix ATLAS des Lycéens ?
C’est un concours de traduction littéraire organisé par l’Association pour la Promotion de la Traduction Littéraire (ATLAS) pour les lycéens de la région Sud. Les participants, de 15 à 21 ans, traduisent en quatre heures un texte en allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien ou provençal, avec des dictionnaires papier. La remise des prix a eu lieu au Museon Arlaten, à Arles.
Comment le jury choisit-il les textes à traduire ?
Selon un juré pour le chinois, il faut des textes ni trop courts ni trop longs, « faciles à comprendre mais difficiles à traduire ». Une jurée pour l’espagnol explique éviter les pièges de vocabulaire, faute d’un dictionnaire par élève, et miser plutôt sur les difficultés de syntaxe, de style et de ton.
Pourquoi des lycéens traduisent-ils encore à la main ?
Les lauréats interrogés par Marie-Cécile Drécourt parlent de curiosité, du plaisir de pratiquer une langue autrement et de travailler à deux. Pour eux comme pour le jury, traduire est une expérience humaine de sensibilité et de choix, qu’une machine ne remplace pas puisqu’elle ne comprend pas le texte.
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