
Ludivine Mangot, hypnothérapeute installée à son compte depuis 2019, a d'abord fait carrière dans le commerce : directrice nationale d'un réseau de boutiques de lingerie, puis manager chez Ikea, jusqu'à un poste au siège. Au micro d'Alizée Cordina, dans La Toulonnaise, elle raconte le jour où elle a refusé une formation qui tombait le jour de la rentrée de son fils, sa rupture conventionnelle, ses débuts d'hypnothérapeute avec des cobayes, et la façon dont elle conçoit aujourd'hui son métier.
Une carrière de manageuse dans le commerce
Dans cet épisode de La Toulonnaise, le podcast d’Alizée Cordina consacré aux femmes entrepreneures de Toulon, Ludivine Mangot, 50 ans, hypnothérapeute à son compte depuis 2019, retrace un parcours fait, dit-elle, de virages qu’elle n’avait pas choisis. Elle rêvait d’être professeure de sport, mais son dossier reste sur liste d’attente : elle passe une licence de droit, renonce au métier d’avocate, puis suit une école de communication à Paris et travaille au service communication du RCT, elle qui joue au rugby. Un samedi, elle remplace une amie dans une boutique de lingerie ; le patron, de passage, lui propose de devenir directrice nationale de son réseau. Deux ans durant, sans formation en management, elle ouvre des boutiques franchisées, jusqu’à pleurer dans les toilettes d’un centre commercial le jour d’une ouverture ratée. Elle entre ensuite chez Ikea pour l’ouverture du magasin de la Valentine, à Marseille, où elle recrute toute son équipe. Nommée responsable du département alimentaire au milieu d’hommes venus de la restauration, qui ne lui donnaient « pas six mois », elle finit par leur présenter ses résultats deux ans plus tard. Elle devient directrice de magasin à Paris, coach, puis responsable de la formation et du développement au siège.
Elle dit avoir trouvé chez Ikea une entreprise qui recrute sur des valeurs et fait grandir ses salariés, avant de ne plus s’y reconnaître.
De la rupture conventionnelle à l’hypnose
Le tournant arrive quand on veut l’envoyer en formation le jour de la rentrée de son fils au CP : elle refuse, et comprend que cette vie n’est pas compatible avec celle de mère seule qu’elle mène. Elle négocie une rupture conventionnelle avec un budget de formation, et choisit l’hypnose, qu’elle avait découverte en consultant un hypnothérapeute à une période où elle se sentait dans « une espèce d’armure ». Formée un an et demi à Aix, elle s’entraîne sur des amis et des cobayes, dont une cliente à Marseille dont le chat interrompait les séances. Pour se lancer, elle s’appuie sur un agenda en ligne et réduit son train de vie. Elle rappelle que le titre d’hypnothérapeute n’est pas reconnu par l’État et conseille une formation longue. Elle distingue l’hypnose de spectacle, qui joue sur la capacité de certaines personnes à lâcher prise, de l’hypnose thérapeutique, qui vise selon elle à déconstruire des croyances limitantes et des schémas hérités de l’enfance, sans rien de « magique ». Elle revendique une part cartésienne et se méfie des discours ésotériques qui maintiennent des personnes dans des relations où elles sont maltraitées.
Son conseil à toutes les femmes tient en un mot : « Osez ».
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Ikea : l’entreprise où elle a fait l’essentiel de sa carrière, du magasin de la Valentine au siège.
- RCT : le club de rugby dont elle a rejoint le service communication après ses études.
- International Coaching Federation : l’organisme par lequel elle a été formée au coaching chez Ikea.
- Rupture conventionnelle : le mode de départ qu’elle a négocié, avec un budget de formation.
Au fil de l’épisode
- 00:00:28 : présentation du parcours de Ludivine Mangot
- 00:01:55 : de manager à hypnothérapeute depuis 2019
- 00:02:18 : ses rêves d’enfant et la fac de droit
- 00:03:05 : directrice nationale d’un réseau de boutiques de lingerie
- 00:03:53 : école de communication et passage au RCT
- 00:05:57 : les moments de solitude et le goût du management
- 00:06:44 : l’entrée chez Ikea et l’ouverture de la Valentine
- 00:08:50 : une carrière jusqu’au siège
- 00:10:10 : seule femme parmi les responsables de l’alimentaire
- 00:11:50 : le jour de la rentrée de son fils
- 00:13:10 : carrière et vie de famille
- 00:14:54 : la rupture conventionnelle et le budget de formation
- 00:15:47 : le choix de l’hypnose
- 00:16:54 : les débuts avec des cobayes
- 00:17:57 : sa propre expérience de l’hypnose
- 00:21:03 : comment devenir hypnothérapeute
- 00:21:59 : hypnose de spectacle et hypnose thérapeutique
- 00:23:37 : comment se passe une séance
- 00:26:11 : lancer son cabinet et gérer l’aspect financier
- 00:30:27 : questions-réponses spontanées
FAQ
Qui est Ludivine Mangot ?
Ludivine Mangot est hypnothérapeute à son compte depuis 2019. Avant sa reconversion, elle a dirigé un réseau de boutiques de lingerie puis fait carrière chez Ikea, du magasin de la Valentine à Marseille jusqu’à un poste de responsable de la formation et du développement au siège, en passant par la direction d’un magasin à Paris.
Pourquoi Ludivine Mangot a-t-elle quitté Ikea ?
Elle explique qu’on a voulu l’envoyer en formation le jour de la rentrée de son fils au CP et qu’elle a refusé. Mère seule, elle a jugé sa vie de directrice à Paris incompatible avec le temps qu’elle voulait passer avec lui. Elle a négocié une rupture conventionnelle comprenant un budget de formation, qu’elle a consacré à l’hypnose.
Comment devient-on hypnothérapeute ?
Selon Ludivine Mangot, le titre n’est pas reconnu par l’État : n’importe qui peut l’afficher. Elle conseille donc une formation longue, du temps pour s’entraîner et une vraie aisance à l’oral. Elle-même s’est formée pendant un an et demi à Aix, puis a pratiqué sur des proches et des cobayes avant d’ouvrir son cabinet.
Quelle différence entre hypnose de spectacle et hypnose thérapeutique ?
Pour elle, l’hypnose de spectacle repose sur des personnes très réceptives, capables de lâcher prise profondément, ce qui paraît spectaculaire. L’hypnose thérapeutique s’appuie sur un échange préalable puis un état modifié de conscience, les yeux fermés, pour travailler sur des croyances limitantes et des schémas hérités de l’enfance.
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