
Claude Arovas, né en 1941 à Marseille, avait deux ans lorsque la rafle de janvier 1943 a emporté son père, puis sa mère, déportés sans retour. Dans ce quatrième épisode de Marseille 43, le podcast documentaire de Juliette Matilla, il raconte la vie de sa famille dans les vieux quartiers, la cachette à Eoures, l'après-guerre à la campagne Pastré et le long silence qui a suivi, jusqu'à son engagement au sein du collectif Saint-Jean 1943 pour transmettre la mémoire des siens.
Claude Arovas, enfant rescapé de la rafle de 1943
Dans ce quatrième épisode de Marseille 43, podcast documentaire de Juliette Matilla sur la rafle du quartier Saint-Jean, Claude Arovas, né le 17 février 1941 à Marseille, raconte l’histoire de sa famille. Troisième enfant d’Isidore Nissim Arovas, né à Constantinople, et de Laura Cohen, née à Salonique, il décrit une famille immigrée qui vivait « plutôt bien » dans les vieux quartiers : sa mère tenait un minuscule commerce de vêtements, son père une petite entreprise de transport avec son oncle, au milieu de voisins italiens, grecs, turcs, juifs, espagnols et portugais, « Marseille l’accueillante ». En janvier 1943, son père est arrêté lors de la rafle ; sa mère, épargnée ce soir-là parce qu’elle avait trois enfants en bas âge, est prise quelques mois plus tard. Tous deux sont déportés et ne reviendront pas : son père à Sobibor, sa mère à Auschwitz, selon les actes dont dispose la famille. Les enfants passent par le camp de Fréjus, dont son frère aîné garde le souvenir des paillasses et des poux, puis sont cachés près de Marseille, à Eoures, par un homme qui avait promis à leur mère de veiller sur eux. Après la guerre, l’Œuvre de protection des enfants juifs les accueille à la campagne Pastré, propriété de Lily Pastré, où Claude Arovas vit jusqu’à environ 10 ans. Devenu adulte, il travaille dans l’assurance puis l’électroménager, se marie, a deux filles, et garde longtemps le silence : « ça m’appartenait ».
Une rencontre change tout : il rejoint en janvier 2022 le collectif Saint-Jean 1943, seul descendant de déportés juifs du collectif, pour porter la mémoire des onze membres de sa famille raflés à Marseille. « Tu as un devoir de mémoire vis-à-vis de tes parents », dit-il.
Les références de l’épisode
- Rafle de Marseille de janvier 1943 : arrestations dans les vieux quartiers, dont Saint-Jean et l’Opéra, au cœur du podcast.
- Camp de Fréjus : lieu de tri où passent Claude Arovas et ses frère et sœur.
- Sobibor : camp où meurt son père, selon le récit familial.
- Œuvre de protection des enfants juifs : organisation qui prend en charge les enfants à la Libération.
- Campagne Pastré : propriété marseillaise de Lily Pastré, prêtée pour accueillir les orphelins.
- Collectif Saint-Jean 1943 : collectif de mémoire que Claude Arovas rejoint en janvier 2022.
Au fil de l’épisode
- 00:00:06 : présentation de Claude Arovas et de ses parents
- 00:00:52 : la vie de la famille dans les vieux quartiers de Marseille
- 00:03:35 : la nuit de la rafle et l’arrestation du père
- 00:04:13 : la déportation du père, puis de la mère quelques mois plus tard
- 00:05:36 : les enfants au camp de Fréjus
- 00:06:35 : cachés à Eoures jusqu’à la Libération
- 00:07:30 : l’accueil à la campagne Pastré
- 00:09:52 : la vie d’adulte et le silence
- 00:10:51 : la rencontre qui le mène au collectif Saint-Jean 1943
- 00:12:04 : le devoir de mémoire et de transmission
FAQ
Qui est Claude Arovas ?
Claude Arovas est né le 17 février 1941 à Marseille. Enfant, il a survécu à la rafle de 1943, qui a conduit à la déportation de ses deux parents et de onze membres de sa famille. Depuis janvier 2022, il fait partie du collectif Saint-Jean 1943 et témoigne pour transmettre la mémoire de cette tragédie.
Que sont devenus les enfants Arovas après la rafle ?
Selon son témoignage, Claude Arovas et ses frère et sœur passent quelque temps au camp de Fréjus, puis sont cachés à Eoures, près de Marseille, par un homme qui l’avait promis à leur mère. À la Libération, l’Œuvre de protection des enfants juifs les accueille à la campagne Pastré, où il vit jusqu’à environ 10 ans.
Qu’est-ce que la campagne Pastré pendant l’après-guerre ?
La campagne Pastré est un vaste domaine marseillais appartenant à Lily Pastré, qui avait déjà abrité des artistes et intellectuels persécutés pendant la guerre. Selon l’épisode, elle l’a mis à disposition de l’Œuvre de protection des enfants juifs pour accueillir 25 à 30 orphelins de la déportation, dont Claude Arovas et son frère.
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