Podcast Méditerranée.
Marseille Créative30 juillet 202634 min

Fanny Versace, designer artisane

avec Fanny Versace

Fanny Versace, lampes en patchwork et teinture végétale à Marseille

Fanny Versace a quitté le marketing et Paris pour Marseille, où elle crée des lampes et des abat-jour en patchwork teints avec des plantes, à partir de draps anciens chinés. Au micro de Clémentine Roux, elle retrace son parcours, de la marque de vêtements Bombo née à Buropolis jusqu'à l'Atelier Materia, aux Réformés. Elle explique le bojagi, ses essais de teinture au fer, sa collaboration avec Caroline Cutaia, et l'entraide entre créateurs qui l'a poussée à oser.

Du marketing à la teinture végétale, une reconversion marseillaise

Fanny Versace, designer artisane installée à Marseille depuis environ six ans, raconte à Clémentine Roux comment elle a quitté un poste dans le marketing à Paris pour créer des lampes et des abat-jour en patchwork, teints avec des plantes sur des draps anciens chinés. Tout part du premier confinement : seule dans sa cuisine, elle remarque que l’eau de cuisson du riz noir se colore et commence à teindre ses vêtements, notamment au chou rouge. Avec des amies, elle transforme alors une petite marque de culottes illustrées en Bombo, une marque de vêtements en teinture végétale, se forme chez Couleur Garance et, pendant un an, met au point quatre recettes de teinture « semi-industrialisées » dans des machines à laver. L’atelier s’installe à Buropolis, un bâtiment partagé avec quelque 300 artistes, qu’elle décrit comme la meilleure façon de rencontrer du monde en arrivant à Marseille. Bombo s’arrête après environ trois ans : selon elle, il était trop difficile de trouver des revendeurs qui acceptent les variations de couleur propres aux teintures naturelles.

Ses patchworks, d’abord simples fonds de séances photo, trouvent preneurs : une exposition proposée par la céramiste Marie Matheron, une cliente sur un marché, puis une commande de lampe qui l’oblige à apprendre seule à monter un abat-jour.

La lumière, le fer et l’entraide entre créateurs

Ses lampes reposent sur le bojagi, une technique de patchwork coréen qui rend l’assemblage réversible et joue avec la lumière qui traverse le tissu. Après six mois d’essais « les mains toutes noires », elle présente une nouvelle technique : le fer, qui assombrit les tissus teints avec des plantes riches en tanin, lui permet de créer des motifs plus sombres. Elle prépare une collection de lampes avec Caroline Cutaia, et ses créations sont visibles à l’hôtel Amista, au-dessus de Maison Empereur, ainsi qu’à l’Atelier Materia, un showroom qu’elle partage aux Réformés avec cinq autres créatrices (céramistes, modéliste, bottière, bijoutière). Elle y donne aussi des initiations de deux heures et demie à la teinture végétale avec des pelures d’oignon, des noyaux d’avocat, des fanes de carotte ou des grenades. Elle dit choisir uniquement du lin et du coton anciens, et chercher l’effet que des couleurs naturelles traversées par la lumière produisent sur les émotions.

Ce qu’elle retient de Marseille : la lumière du Sud, l’entraide entre artisans et artistes, et des gens qui « te donnent le pouvoir de créer des choses et d’oser faire ».

Fanny Versace nous recommande…

  • La bibliothèque de l’Alcazar : un lieu où elle va souvent travailler et où, dit-elle, « la pression redescend ».
  • Café Zitoun : un ancien atelier d’artiste transformé en café, avec un petit espace pour travailler.
  • La ressourcerie du boulevard de la Libération : à côté de son atelier, elle s’y rend environ trois fois par semaine.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Bombo : marque de vêtements en teinture végétale qu’elle a cofondée et arrêtée après environ trois ans.
  • Buropolis : bâtiment marseillais partagé par quelque 300 artistes, où se trouvait l’atelier de Bombo.
  • Couleur Garance : lieu où elle s’est formée à la teinture végétale.
  • Bojagi : technique de patchwork coréen réversible utilisée pour ses lampes.
  • Caroline Cutaia : créatrice avec qui elle prépare une collection de lampes.
  • Marie Matheron : céramiste qui lui a proposé sa première exposition de patchworks, à Paris.
  • Collectif Baga : collectif de mode éco-responsable qu’elle a contribué à créer, à l’origine de la Slow Fashion Week.
  • Slow Fashion Week : événement organisé chaque année en juin à Marseille.
  • Studio Lausie : école de mode alternative fondée par Marion Lopez, sa voisine d’atelier à Buropolis.
  • Atelier Materia : showroom et atelier partagé par six créatrices aux Réformés.
  • Hôtel Amista : hôtel marseillais où l’on peut voir ses lampes.

Au fil de l’épisode

  • 00:01:40 : présentation de Fanny Versace et arrivée à Marseille après le confinement
  • 00:02:36 : le cabanon de Malmousque et l’esprit marseillais
  • 00:03:44 : des culottes illustrées aux premiers essais de teinture dans sa cuisine
  • 00:04:37 : formation à la teinture végétale et création de Bombo à Buropolis
  • 00:05:39 : les premiers patchworks et la première exposition
  • 00:06:07 : pourquoi Bombo s’est arrêtée
  • 00:07:27 : la commande d’une lampe et l’apprentissage des abat-jour
  • 00:08:17 : projets pour l’hôtellerie et lampes de l’hôtel Amista
  • 00:08:53 : le bojagi et la nouvelle technique au fer
  • 00:10:02 : la collaboration avec Caroline Cutaia
  • 00:10:57 : l’Atelier Materia et ses six créatrices
  • 00:12:40 : un processus créatif guidé par l’intuition et la matière
  • 00:13:54 : les ateliers d’initiation à la teinture végétale
  • 00:15:23 : draps anciens, couleurs naturelles et lumière
  • 00:17:32 : la lumière de Marseille et les années Buropolis
  • 00:19:01 : le collectif Baga et la Slow Fashion Week
  • 00:20:43 : les créatrices marseillaises qui l’inspirent
  • 00:22:24 : habitudes du quotidien et adresses favorites
  • 00:24:44 : ce qui la rend fière de Marseille et ce qui l’agace
  • 00:26:08 : portrait marseillais en odeurs, sons et couleurs
  • 00:31:02 : un message pour oser entreprendre à Marseille

FAQ

Qui est Fanny Versace ?

Fanny Versace est une designer artisane installée à Marseille depuis environ six ans. Ancienne salariée du marketing, elle s’est formée à la teinture végétale et crée des lampes et des abat-jour en patchwork à partir de draps anciens chinés, teints avec des plantes. Elle travaille à l’Atelier Materia, aux Réformés.

Qu’est-ce que le bojagi utilisé par Fanny Versace ?

Le bojagi est une technique de patchwork coréen dont l’assemblage rend le tissu réversible. Fanny Versace l’utilise pour ses abat-jour parce qu’il crée des jeux de lumière : elle s’intéresse à la façon dont la lumière traverse le tissu et modifie la perception des couleurs et des coutures.

Pourquoi la marque Bombo s’est-elle arrêtée ?

Selon Fanny Versace, la raison principale tient à la difficulté de tenir une marque de mode éco-responsable en teinture végétale. Même avec des recettes semi-industrialisées, il était difficile de trouver des revendeurs prêts à accepter les variations de couleur propres aux teintures naturelles. Ce qui devait être une pause est devenu un arrêt.

Où voir les lampes de Fanny Versace à Marseille ?

Ses lampes sont visibles à l’hôtel Amista, au-dessus de Maison Empereur, et à l’Atelier Materia, le showroom qu’elle partage aux Réformés avec d’autres créatrices. Le lieu n’a pas d’horaires fixes : elle conseille de prendre rendez-vous par Instagram. Elle y donne aussi des initiations à la teinture végétale.

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