
Noé Selve, joaillière installée rue Sainte à Marseille, a fondé Mermere, une marque de bijoux en argent recyclé tournée vers la Méditerranée. Dans Marseille Créative, elle raconte à Clémentine Roux comment un artisan bijoutier rencontré au Chili l'a menée au métier. Elle explique aussi pourquoi le mythe de Gyptis et Protis est devenu sa bague la plus connue, et comment un roman d'anticipation a donné son nom à sa marque et son prénom.
Des bijoux nés de la mer et du recyclage
Noé Selve, joaillière installée à Marseille, a créé Mermere, une marque de bijoux qui puise dans la mer Méditerranée et dans ses mythes. Au micro de Clémentine Roux, dans Marseille Créative, elle raconte son arrivée à Marseille à 9 ans, après une petite enfance en Seine-Saint-Denis, et un premier été passé à regarder les enfants jouer au pied de son immeuble, avec « l’odeur du soleil sur le bitume ». Ses parents, moniteurs de plongée dans le milieu associatif, passaient leurs étés dans le Sud. Le déclic vient plus tard, au Chili : alors qu’elle débute une vie professionnelle qui ne l’épanouit pas, un artisan bijoutier de Santiago, devant l’atelier duquel elle s’arrête chaque samedi, lui propose de venir l’aider. Elle démissionne peu à peu, dessine ses premières pièces, que l’artisan réalise, puis décide d’apprendre elle-même le métier. Aujourd’hui, elle ne travaille que de l’argent revalorisé, issu de bijoux anciens cassés destinés à la fonte, pour éviter l’extraction, qu’elle juge très polluante.
Elle décrit un design qui mêle « le brutalisme de l’homme et la beauté organique de la nature », avec des bijoux pensés pour être portés aussi bien par un homme que par une femme.
Gyptis, Protis et un roman d’anticipation
Sa pièce la plus connue rend hommage au mythe de la fondation de Marseille : le mariage de la princesse Gyptis et du navigateur Protis, qui la choisit parmi les prétendants. Noé Selve y voit un récit fondateur où la ville naît « d’un acte d’amour » et du choix d’une femme d’épouser un étranger. Elle a réinterprété la bague « toi et moi » de la bijouterie traditionnelle avec deux têtes de dauphins, inspirées des gravures anciennes, et un corps de bague torsadé qui rappelle les bijoux celtes, serti de pierres aux couleurs vives comme le péridot ou la topaze bleue. Le nom de sa marque vient du roman Mermere de Hugo Verlomme, une dystopie écologique où des humains, appelés les Noé, vivent sous l’eau avec les mammifères marins. Ses parents aimaient tant ce livre qu’ils lui ont donné son prénom. Elle a depuis rencontré l’écrivain, qui a soutenu sa démarche. Elle évoque aussi son projet autour de l’hippocampe, né de sa grossesse, et son atelier boutique de la rue Sainte, meublé d’outils et d’une vitrine transmis par des artisans marseillais partis à la retraite.
Elle parle enfin de Marseille, de ses trajets en scooter sous Notre-Dame-de-la-Garde, des ormeaux qu’elle glane au Bain des Dames et du parfum de fleur d’oranger des navettes de sa rue.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Mermere, roman de Hugo Verlomme : dystopie écologique écrite, selon l’invitée, dans les années 1970 ou 1980.
- Gyptis et Protis : le mythe de la fondation de Marseille, source de sa bague la plus connue.
- Notre-Dame-de-la-Garde : le chemin sous la basilique fait partie de ses trajets favoris.
- Santiago du Chili : la ville où elle a appris le métier auprès d’un artisan bijoutier.
Au fil de l’épisode
- 00:01:35 : son enfance entre la Seine-Saint-Denis et Marseille
- 00:03:04 : un parcours en langues et en communication, puis la rencontre d’un artisan bijoutier au Chili
- 00:04:05 : l’univers de Mermere et le choix de l’argent revalorisé
- 00:06:13 : la bague inspirée du mythe de Gyptis et Protis
- 00:09:32 : des bijoux pensés pour tous, hommes et femmes
- 00:11:37 : l’origine du nom Mermere et le roman de Hugo Verlomme
- 00:14:20 : l’Antiquité méditerranéenne comme source d’inspiration
- 00:16:02 : le projet autour de l’hippocampe
- 00:17:43 : l’atelier boutique de la rue Sainte
- 00:20:02 : ce que Santiago et Marseille ont en commun
- 00:23:26 : le scooter, la corniche et les ormeaux du Bain des Dames
- 00:25:43 : son portrait marseillais
- 00:28:07 : son offre de prêter des bijoux à d’autres créateurs
FAQ
Qui est Noé Selve ?
Noé Selve est une joaillière installée à Marseille, créatrice de la marque de bijoux Mermere. Arrivée à Marseille à 9 ans, elle a appris le métier au Chili auprès d’un artisan bijoutier, après des études de langues et de communication. Elle reçoit dans son atelier boutique de la rue Sainte, sur rendez-vous.
D’où vient le nom de la marque Mermere ?
Le nom vient du roman Mermere de Hugo Verlomme, une dystopie écologique où des humains modifiés vivent sous l’eau. Pour Noé Selve, il associe la mer Méditerranée et la mère. Ses parents, admirateurs du livre, lui ont aussi donné son prénom d’après les personnages du roman.
Avec quels matériaux Noé Selve crée-t-elle ses bijoux ?
Elle ne travaille que de l’argent revalorisé : des bijoux anciens cassés, voués à être fondus, qu’elle réutilise pour en créer de nouveaux. Elle explique que cela évite l’extraction des métaux, très polluante, et y voit une pratique que tout le métier devrait adopter. Elle intègre aussi des éléments glanés en mer, comme des ormeaux.
Comment le mythe de Gyptis et Protis a-t-il inspiré une bague ?
Revenue vivre à Marseille, Noé Selve a voulu rendre hommage à la ville par un bijou. Elle a imaginé la bague du mariage de Gyptis et Protis en réinterprétant la bague « toi et moi » : deux têtes de dauphins, animal associé à la protection des marins, et un corps torsadé d’inspiration celte.
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