
Oumnia Hanader, scénariste, réalisatrice et actrice formée à la CinéFabrique, vit à l'Estaque. Au micro de Clémentine Roux, elle retrace un parcours qu'elle n'avait jamais imaginé, de son enfance d'aînée de six dans le centre-ville de Marseille au Festival de Cannes. Elle raconte la naissance de son court-métrage BIMO au marché des Arnavaux, ses défis de femme maghrébine dans le cinéma et une relation à Marseille faite de colère, de pardon puis d'amour.
De la fratrie aux plateaux de la CinéFabrique
Dans cet épisode de Marseille Créative, Clémentine Roux reçoit Oumnia Hanader, scénariste, réalisatrice et actrice, née en Algérie et arrivée enfant dans le centre-ville de Marseille, aînée d’une fratrie de six. Elle raconte un chemin qu’elle n’avait pas prévu : l’amour des livres pour apprendre la langue, une licence de lettres et de sciences politiques pour devenir avocate, l’engagement au Secours populaire avec le mouvement Copains du Monde, le théâtre découvert au lycée grâce à sa professeure de français puis au conservatoire régional de Poitiers. Après une année sabbatique faite de rencontres, d’ateliers d’écriture, de radio et de service civique, elle intègre la prépa puis la CinéFabrique en scénario, dans la première promotion marseillaise de l’école. Ses premiers films sont tournés en Super 8 et en pellicule, dont Ghorba ; elle aime l’argentique pour le lâcher-prise qu’il impose et cite Alice Rohrwacher, Abbas Kiarostami et Claire Denis parmi ses inspirations.
Son processus part toujours d’un lieu : « De partir d’un lieu, je trouve que ça raconte déjà énormément et d’ensuite tisser des choses. »
BIMO, des Arnavaux à la Cinef de Cannes
Son court-métrage BIMO, film de deuxième année, est né du marché des Arnavaux, qu’elle connaît depuis l’enfance, de l’Estaque, où elle vit, et des plages des Corbières. Elle voulait y raconter la fraternité et un commerce qui permet à des personnes sans papiers de gagner leur vie. Le casting sauvage, le départ d’un acteur quelques jours avant le tournage, la réécriture, puis la proposition de son chef opérateur de jouer elle-même l’ont obligée à interroger sa place de femme dans sa communauté. Envoyé à la Cinef, la sélection des films d’écoles du Festival de Cannes, le film est retenu : « ça paye en fait », dit-elle, en larmes à l’annonce. Elle évoque aussi son rapport à Marseille, quittée pour ses études puis retrouvée en 2021 « à la mode », une ville à laquelle elle a dû « pardonner » avant de s’y sentir chez elle, sa colère face aux logements transformés en locations touristiques, et les mères immigrées qu’elle considère comme les vraies figures marseillaises.
Son conseil aux professionnels du cinéma : lire les génériques des films d’école et proposer du travail aux jeunes techniciens qui sortent de la CinéFabrique.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- BIMO : court-métrage d’Oumnia Hanader tourné au marché des Arnavaux, sélectionné à la Cinef du Festival de Cannes.
- Ghorba : film tourné en Super 8 lors d’une déambulation sur le rivage marseillais.
- Les Hommes Oranges : film cité dans l’épisode.
- La CinéFabrique : école de cinéma où elle a étudié le scénario, à Marseille.
- Alice Rohrwacher, Abbas Kiarostami et Claire Denis : cinéastes qui l’inspirent.
- Marché des Arnavaux : marché marseillais où se déroule BIMO.
- L’Estaque et les Corbières : quartier où elle vit et plages de son enfance, à Marseille.
- Secours populaire : association où elle s’est engagée au lycée avec le mouvement Copains du Monde.
Au fil de l’épisode
- 00:01:42 : une jeune Marseillaise née en Algérie, aînée de six enfants
- 00:02:42 : la mise en scène dès l’enfance avec ses frères et sœurs
- 00:03:44 : lettres, droit, Secours populaire et théâtre
- 00:05:19 : l’année sabbatique et l’entrée à la CinéFabrique
- 00:07:07 : un univers marqué par l’argentique, l’enfance et le lâcher-prise
- 00:09:50 : des films qui naissent des lieux
- 00:11:59 : l’aventure de BIMO, du casting au tournage
- 00:15:36 : jouer et diriger à la fois
- 00:16:26 : la sélection à la Cinef du Festival de Cannes
- 00:19:54 : l’audace après Cannes et le prochain film
- 00:21:01 : écrire en mouvement et en résidence
- 00:21:47 : ce qu’elle met dans ses films
- 00:23:44 : Marseille, quittée puis retrouvée
- 00:28:01 : l’Estaque et le sentiment d’être chez soi
- 00:31:38 : les mères immigrées, figures marseillaises
- 00:33:53 : la fierté d’être marseillaise et la colère face à la crise du logement
- 00:38:59 : l’anecdote de la piscine improvisée
- 00:41:10 : aider la nouvelle génération de techniciens
FAQ
Qui est Oumnia Hanader ?
Oumnia Hanader est scénariste, réalisatrice et actrice marseillaise, née en Algérie et arrivée enfant dans le centre-ville de Marseille. Passée par des études de lettres et de sciences politiques et par le théâtre, elle a étudié le scénario à la CinéFabrique. Son court-métrage BIMO a été sélectionné à la Cinef du Festival de Cannes.
De quoi parle le court-métrage BIMO ?
BIMO est un film de deuxième année de la CinéFabrique, tourné au marché des Arnavaux, à l’Estaque et aux Corbières, à Marseille. Oumnia Hanader voulait y raconter la fraternité et un commerce qui permet à des personnes sans papiers de gagner leur vie. Elle y joue aussi, ce qui l’a amenée à interroger sa place de femme dans sa communauté.
Où voir BIMO d’Oumnia Hanader ?
BIMO est visible gratuitement sur le site d’Arte, selon la description de l’épisode. Oumnia Hanader raconte avoir osé envoyer le film à une chaîne de télévision qui l’a acheté, une audace qu’elle attribue à la confiance donnée par sa sélection à la Cinef du Festival de Cannes.
Comment Marseille inspire-t-elle Oumnia Hanader ?
Oumnia Hanader appelle Marseille sa « terre nourricière ». Ses films partent toujours d’un lieu précis de la ville, comme le marché des Arnavaux ou les plages des Corbières. Elle rêve d’une série de courts-métrages qui raconteraient chacun un lieu marseillais, loin des images attendues : « Il n’y a pas que la mer bleue et les rochers blancs. »
Marina Gomes, chorégraphe
8 Oct
Julie Mallet, Emma Tholot et Pierre Zanelli en live d’Objects in Progress
10 Sep
Fanny Versace, designer artisane
30 Juil
Valentine Hinfray, agent d’artistes
25 Juin
Margaux Mazellier, autrice et journaliste
28 Avr
Noé Selve, joaillère et créatrice de Mermere
19 Fév
Yohanne Lamoulère, photographe
29 Jan
Harmony et Capucine de Ziggy, fleuristes
23 Déc
Ateliers Laissez Passer, design et réemploi
10 Oct
Elsa Noyons, artiste plasticienne et chercheuse
4 Sep
Marie Moroté, graphiste, illustratrice et photographe
15 Juil
Gabrielle Giraud, artiste et humoriste
17 Juin
DE LA TÉLÉRÉALITÉ À L’ACTING : LA RENAISSANCE DE NICOLAS FERRERO 🎬
23 Oct
Marcel Pagnol
23 Oct
LA FRENCH, UN PROPHÈTE, L’IMMORTEL : LE CAÏD DU CINÉMA NOUS RACONTE SON INCROYABLE CARRIÈRE
18 Oct
[Arte Mare ’26] Un jeu dangereux de Karine Silla
14 Oct
[Arte Mare ’26] Malika de Mounia Meddour
13 Oct
DE TER-TER À MON MILIEU : L’ÉVOLUTION D’UN CHEF OPÉRATEUR PASSIONNÉ (DAVID LUCCHINI)
9 Oct
NAUFRAGE, EXORCISMES ET ASIE DU SUD : LA VIE INCROYABLE D’UN CHEF OPÉRATEUR ! (HUGO PES) 🎥🌍
8 Oct
[Arte Mare ’26] Compétition courts métrages corse
5 Oct
[Arte Mare ’26] #2 Le coassement de la méduse + Héritage
5 Oct
[Arte Mare ’26] #1 En haut de la pile de Louis-Julien Petit
5 Oct
ÉPISODE 16 – OLIVIER DAHAN de LA CIOTAT à HOLLYWOOD
2 Oct
LE CLAN DES DOCKERS : CE QU’ON NE VOUS DIT PAS SUR LA CORPORATION LA PLUS PUISSANTE DE MARSEILLE
20 Sep
