
Jean Leonetti, maire d'Antibes et président de la communauté d'agglomération Sophia Antipolis, parle de la technopole azuréenne au moment où elle s'apprête à accueillir un congrès mondial des technopoles. De la vision de Pierre Laffitte aux entreprises qui travaillent aujourd'hui sur l'intelligence artificielle, il expose sa vision : préférer l'intelligence augmentée, défendre la souveraineté européenne, réduire la consommation d'énergie du numérique et rester vigilant sur ce que la machine change dans notre façon de penser.
Sophia Antipolis face à l’intelligence artificielle
Jean Leonetti, maire d’Antibes et président de la communauté d’agglomération Sophia Antipolis, explique dans Le podcast d’Antibes Juan-les-Pins comment la technopole azuréenne se positionne dans la révolution de l’intelligence artificielle, à l’occasion d’un congrès international des grandes technopoles qu’elle accueille fin octobre. Il raconte que Sophia Antipolis a obtenu ce congrès par un vote face à Dubaï et au Canada. Il revient sur l’origine du site, il y a 55 ans : l’idée de Pierre Laffitte d’installer des grandes écoles dans la garrigue du plateau de Valbonne, puis la « fertilisation croisée » entre université, recherche et entreprises. Selon lui, plus de la moitié des entreprises de Sophia Antipolis travaillent aujourd’hui sur l’intelligence artificielle. Il préfère parler d’« intelligence augmentée » et place le danger dans l’usage plutôt que dans l’outil. Il plaide pour une souveraineté technologique française et européenne face aux États-Unis et à la Chine, pour un numérique « souverain, sobre » avec des centres de données plus petits, dont un projet limité à Sophia Antipolis, et pour une réglementation qui ne vaille que si elle est vraiment internationale. Il s’inquiète enfin d’un humain qui n’aurait plus besoin d’apprendre, en citant une conférence de l’Académie de médecine sur la baisse de la concentration chez les enfants face aux écrans.
Sa formule : « La question n’est pas le progrès, c’est l’utilisation du progrès. »
Les références de l’épisode
- Sophia Antipolis : technopole fondée il y a 55 ans sur le plateau de Valbonne.
- Pierre Laffitte : à l’origine de l’idée de Sophia Antipolis.
- Tech for Humanity : slogan de Sophia Antipolis pour le congrès des technopoles.
- Académie de médecine : lieu d’une conférence sur l’effet du numérique sur la pensée.
- Musée Picasso d’Antibes : a exposé un artiste contemporain qui se sert de l’intelligence artificielle.
- Prix Goncourt : cité à propos d’un roman qui serait écrit par une intelligence artificielle.
Au fil de l’épisode
- 00:00:44 : un congrès mondial des technopoles obtenu face à Dubaï et au Canada
- 00:02:15 : la naissance de Sophia Antipolis et la fertilisation croisée
- 00:03:51 : l’intelligence artificielle dans plus de la moitié des entreprises
- 00:05:19 : intelligence artificielle ou intelligence augmentée
- 00:06:16 : la souveraineté technologique de la France et de l’Europe
- 00:08:21 : un changement de civilisation et de façon de penser
- 00:11:51 : le risque d’un humain qui n’apprend plus
- 00:14:21 : un numérique souverain et sobre
- 00:16:54 : faut-il appuyer sur pause et réglementer
- 00:19:15 : consommation d’eau et d’énergie, un centre de données limité
- 00:21:24 : l’intelligence artificielle au service de l’agriculture et de l’art
- 00:23:29 : liriez-vous un Goncourt écrit par une machine
FAQ
Pourquoi Sophia Antipolis accueille-t-elle un congrès mondial des technopoles ?
Selon Jean Leonetti, le site a été choisi par un vote, à la manière d’un site olympique, face à Dubaï et au Canada. Il y voit une reconnaissance de la place de la technopole azuréenne, où plus de la moitié des entreprises travaillent sur l’intelligence artificielle. Le congrès se tient sous le slogan Tech for Humanity.
Que signifie un numérique souverain et sobre selon Jean Leonetti ?
Pour lui, envoyer les données dans des centres géants situés à l’étranger fait perdre la maîtrise de l’information et consomme beaucoup d’eau et d’énergie. Il défend des équipements plus autonomes et des centres de données plus petits, comme celui prévu à Sophia Antipolis, qui seraient à la fois moins énergivores et plus difficiles à pénétrer.
Jean Leonetti est-il favorable à une pause dans le développement de l’intelligence artificielle ?
Non. Il estime qu’aucun progrès n’a jamais pu être mis sur pause et qu’il faut continuer à chercher, tout en prévoyant les outils pour empêcher que la technique se retourne contre l’humain. Il accepte l’idée d’une charte, à condition qu’elle soit réellement internationale et ne pénalise pas seulement l’Europe.
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