
Sébastien Hamard, directeur artistique des Nuits Carrées et de l'association Label Note, est l'invité du podcast de la ville d'Antibes Juan-les-Pins. Le festival de musiques urbaines né au Fort Carré fête ses vingt ans. De ses débuts de batteur à la découverte du jazz place Nationale, de l'échec d'une édition à la décision de programmer pour les jeunes, il explique sa conception d'un festival à taille humaine, ancré dans le patrimoine de la ville et financé pour rester accessible.
Vingt ans de Nuits Carrées à Antibes
Dans le podcast de la ville d’Antibes Juan-les-Pins, Florence Bellon rencontre Sébastien Hamard, directeur de l’association Label Note et directeur artistique des Nuits Carrées, le festival de musiques urbaines d’Antibes qui fête ses vingt ans. L’entretien se tient à la School, centre d’art urbain et musical installé dans trois salles de classe réhabilitées d’une ancienne école de 1929. Il raconte la naissance du festival : en 2006, l’association, créée en 2005, fait jouer des projets musicaux dans l’amphithéâtre du Fort Carré, et le maire lui propose d’y imaginer un événement. Les premières éditions mêlent musiques actuelles, théâtre contemporain puis danse, avant que le festival ne se recentre sur la musique, les soirées musicales attirant deux à trois fois plus de monde. Il revient aussi sur son parcours : batteur de rock à 16 ans, il découvre le jazz fusion sur une scène du festival off, place Nationale, et décide d’y consacrer sa vie. Il se forme sur le terrain, du MIDEM aux congrès cannois, au Printemps de Bourges ou au festival Chorus, manage un pianiste de jazz pendant cinq ans, puis obtient à 35 ans un master 2 au Conservatoire national des arts et métiers, avec un mémoire de recherche sur la place des publics dans la création artistique.
Sa ligne : le festival est « une parenthèse dans le quotidien », une définition qu’il tient de la fondatrice d’un grand festival rennais, et l’artiste sur scène est un prétexte pour rassembler le public.
Programmer pour les jeunes publics, à taille humaine
Depuis 2021, après l’annulation de 2020, les Nuits Carrées ont quitté le Fort Carré pour un site du cœur de ville, au pied des remparts, au plus près des habitants et des commerçants ; cette année-là, le festival a été joué assis, masqué et sous couvre-feu. Sébastien Hamard raconte l’échec de l’édition 2023, qui avait ajouté une soirée de chanson française : trois publics trop différents, et beaucoup d’argent perdu. Le festival s’est alors tourné vers les jeunes générations, celles qui, selon lui, « font vivre la musique ». Il présente la programmation de la vingtième édition, du jeudi 18 au samedi 20 juin : une soirée pop et électro, une soirée rap et afro-urbaine, une soirée consacrée aux musiques électroniques avec Cassius, « pierre angulaire de la French Touch », puis une quatrième soirée gratuite pour la fête de la musique. Il explique le modèle économique, fondé sur trois financements (public, privé et billetterie), l’argent public servant selon lui à faire baisser le prix des places, et défend une jauge de 4 000 personnes par soir : « Moins mais mieux. »
Il voit dans le festival un outil de lien social et de mise en valeur du patrimoine d’Antibes, et un acte « politique au sens noble », pas partisan.
Les références de l’épisode
- Les Nuits Carrées : le festival de musiques urbaines d’Antibes, né en 2006 au Fort Carré.
- Label Note : l’association créée en 2005 à Antibes pour accompagner les projets artistiques du territoire, qui organise le festival.
- Fort Carré : le site d’origine du festival, dont l’amphithéâtre venait d’être réhabilité pour accueillir du public.
- La School : le centre d’art urbain et musical installé dans une ancienne école de 1929.
- Conservatoire national des arts et métiers : où Sébastien Hamard a obtenu un master 2 à 35 ans, au sein du centre d’économie sociale.
- Printemps de Bourges et festival Chorus : deux festivals où il a travaillé pour se former.
- Cassius : le groupe de la French Touch programmé pour la vingtième édition.
- La Parenthèse des fous : le podcast de Sébastien Hamard qui explique les coulisses des festivals.
Au fil de l’épisode
- 00:00:37 : la School, centre d’art urbain installé dans une ancienne école
- 00:02:08 : la naissance des Nuits Carrées au Fort Carré en 2006
- 00:03:22 : du théâtre et de la danse au recentrage sur les musiques actuelles
- 00:05:07 : la découverte du jazz à 16 ans, place Nationale
- 00:06:30 : devenir un « transmetteur » entre l’artiste et le public
- 00:07:49 : se former sur le terrain, puis manager un pianiste de jazz
- 00:09:36 : un master 2 au CNAM à 35 ans
- 00:12:22 : faire résonner l’événement avec le patrimoine
- 00:13:18 : le départ du Fort Carré en 2021 et le festival en temps de Covid
- 00:15:09 : qu’est-ce qu’un festival ?
- 00:18:14 : vingt ans d’évolution des publics
- 00:20:25 : l’échec de l’édition 2023 et le choix des jeunes publics
- 00:24:37 : la programmation de la vingtième édition
- 00:31:44 : le modèle économique d’un festival
- 00:34:59 : les émotions et les échecs de vingt ans
- 00:38:29 : pourquoi garder une jauge de 4 000 personnes
FAQ
Qui est Sébastien Hamard ?
Sébastien Hamard est le directeur de l’association Label Note et le directeur artistique des Nuits Carrées, festival de musiques urbaines d’Antibes Juan-les-Pins. Ancien batteur passé par le jazz, formé sur de grands événements et au CNAM, il défend une programmation qui met le public au centre de la transmission artistique.
Comment sont nées les Nuits Carrées ?
En 2006, l’association Label Note, créée l’année précédente, fait jouer des projets musicaux dans l’amphithéâtre du Fort Carré. Le maire d’Antibes Juan-les-Pins lui propose alors d’y créer un événement : ce sera un festival mêlant d’abord théâtre contemporain et musiques actuelles, avant de se consacrer à la musique.
Pourquoi les Nuits Carrées ont-elles quitté le Fort Carré ?
Selon Sébastien Hamard, le festival s’est installé en 2021 sur un site du cœur de ville, au pied des remparts, après l’annulation de 2020. Au sortir de la crise du Covid, il voulait que l’événement soit au plus près de ceux qui en avaient besoin : les habitants, les commerçants et les acteurs du centre.
Comment un festival comme les Nuits Carrées est-il financé ?
Il repose sur trois sources : des subventions publiques de la ville, de l’agglomération Sophia Antipolis, du département, de la région et de l’État, des financements privés et la billetterie. Pour Sébastien Hamard, l’argent public sert à baisser le prix des places, le privé finance la logistique et l’autofinancement garantit la liberté artistique.
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