
Nathalie Grilli, conseillère municipale d'Antibes Juan-les-Pins déléguée à l'environnement maritime et au port, veille sur les 23 kilomètres du littoral antibois. Dans le podcast de la ville, elle explique comment la commune protège les herbiers de posidonie face aux ancres des bateaux, pourquoi elle mise sur la pédagogie plutôt que sur l'amende, comment sont récupérés les déchets en mer, et ce que l'on peut voir à l'espace Posidonia, où sont aussi soignées des tortues marines blessées.
Des herbiers à protéger des ancres
Dans cet épisode du podcast d’Antibes Juan-les-Pins, Nathalie Grilli, conseillère municipale déléguée à l’environnement maritime et au port, fait le point sur l’état des 23 kilomètres de littoral de la commune, qu’elle juge en bonne santé grâce aux dispositifs de protection mis en place. Selon elle, l’eau est contrôlée de façon quasi quotidienne et la baignade se fait en toute sécurité. Elle présente les herbiers de posidonie, des plantes marines et non des algues, à la fois espèce et habitat protégés, qui abritent de nombreuses espèces, ainsi que les roches coralligènes. Le principal danger pour les herbiers vient des ancres : en se posant, la chaîne racle le fond. Les plus gros bateaux n’ont pas le droit de mouiller près du rivage ; pour ceux de moins de 24 mètres, la ville a installé une zone de mouillage équipée de bouées écologiques, gratuites, qui permettent d’accueillir autant de bateaux sans toucher au fond. Nathalie Grilli défend une mer qui reste « le dernier espace de liberté », où les usages doivent cohabiter. Elle préfère la prévention à la sanction : des écogardes expliquent où mouiller, conseillent de jeter l’ancre sur une tache de sable plutôt que sur une tache sombre et rappellent de ne pas rejeter les eaux usées en mer. Un plaisancier informé, dit-elle, transmet le message autour de lui, alors qu’un plaisancier sanctionné retient seulement qu’on ne peut plus rien faire.
Les réfractaires restent sanctionnés, précise-t-elle, mais l’essentiel des dégâts vient selon elle de la méconnaissance plus que de la malveillance.
Déchets, poulpes et tortues
Nathalie Grilli rappelle que la majorité des déchets marins vient de la terre, avec des chiffres qu’elle donne elle-même comme approximatifs : coups de vent, poubelles renversées, apports des exutoires. Des associations de bénévoles ramassent les petits déchets près du bord, l’association des plongeurs d’Antibes repère ceux du large, et la ville fait intervenir des entreprises pour les retirer, environ cinq tonnes en une ou deux opérations. Plutôt que des filets sur les avaloirs, qui risquent de se colmater dans une ville exposée aux inondations, la commune teste un système de cuves qui récupère déchets et hydrocarbures. Elle invite à visiter Posidonia, l’espace consacré à la mer, accessible à tous, avec panneaux interactifs, plongée virtuelle et sorties en palmes, masque et tuba ou en kayak. Elle évoque aussi le poulpe : en été, les femelles surveillent leurs œufs en faible profondeur et deviennent des proies faciles. La ville expérimente des abris, notamment dans les ports, et demande aux baigneurs de les observer de loin. Une association spécialisée récupère les tortues marines blessées, soignées à Posidonia, une douzaine par an selon elle, avant d’être relâchées.
Son message aux usagers : se comporter en mer « comme dans votre jardin, comme dans votre maison ».
Les références de l’épisode
- Herbiers de posidonie : plantes marines protégées qui piègent les sédiments, atténuent la houle, captent le carbone et produisent de l’oxygène.
- Posidonia : l’espace d’Antibes consacré à la découverte du milieu marin, qui accueille aussi des tortues blessées.
- Association des plongeurs d’Antibes : plongeurs bénévoles qui repèrent les déchets au fond de l’eau.
- Écogardes : agents qui vont au-devant des plaisanciers et des nageurs pour les informer.
Au fil de l’épisode
- 00:00:38 : l’état de santé des 23 kilomètres de littoral
- 00:01:15 : la qualité de l’eau de baignade
- 00:01:39 : herbiers de posidonie et roches coralligènes
- 00:02:32 : la zone de mouillage et les bouées écologiques
- 00:04:10 : un service gratuit et une mer de liberté
- 00:05:27 : le rôle des écogardes
- 00:06:25 : sensibiliser plutôt que sanctionner
- 00:07:33 : d’où viennent les déchets en mer
- 00:08:41 : le travail des associations de bénévoles
- 00:10:01 : l’expérimentation de récupération des déchets et des hydrocarbures
- 00:11:17 : cinq tonnes de déchets retirés
- 00:11:40 : l’espace Posidonia
- 00:14:03 : protéger le poulpe pendant la ponte
- 00:17:31 : des abris pour les poulpes
- 00:18:37 : l’accueil des tortues marines blessées
- 00:20:47 : dauphins et tortues près du rivage
- 00:23:27 : les services rendus par les herbiers
- 00:24:48 : son message aux usagers de la mer
FAQ
Qui est Nathalie Grilli ?
Nathalie Grilli est conseillère municipale d’Antibes Juan-les-Pins déléguée à l’environnement maritime et au port. Elle suit la protection des 23 kilomètres de littoral de la commune : herbiers de posidonie, zone de mouillage, lutte contre les déchets marins, protection du poulpe et accueil des tortues marines blessées.
Comment Antibes protège-t-elle les herbiers de posidonie ?
La commune a créé une zone de mouillage équipée de bouées écologiques, gratuites, pour les bateaux de moins de 24 mètres : ils s’y amarrent au lieu de jeter l’ancre, dont la chaîne arrache les herbiers. Des écogardes informent aussi les plaisanciers sur les endroits où mouiller, de préférence sur le sable.
Qu’est-ce que l’espace Posidonia à Antibes ?
Posidonia est l’espace d’Antibes consacré à la mer. Accessible à tous, il propose des panneaux interactifs sur les fonds marins, une expérience de plongée virtuelle, des sorties en palmes, masque et tuba ou en kayak, et des animations pour les écoles. Il accueille aussi, avec une association spécialisée, des tortues marines blessées en soins.
Pourquoi ne faut-il pas déranger les poulpes en été ?
Selon Nathalie Grilli, les femelles pondent en été et surveillent leurs œufs à faible profondeur, ce qui les rend visibles et vulnérables. Les déranger ou les prélever à ce moment compromet toute une génération. Elle demande de les observer de loin, et la ville expérimente des abris, notamment dans les ports.
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