
Chaque samedi matin, le Théâtre National de Nice transforme la place Saint-François en cour d'assises pour juger une grande figure de la littérature. Ce jour-là, Giacomo Casanova est à la barre, accusé de viol, d'agressions sexuelles et d'escroquerie. Un comédien prête sa voix et son accent vénitien au séducteur, une procureure et une avocate s'opposent, et les spectateurs, devenus jurés, l'interrogent sur le consentement, la séduction et l'argent avant de voter le verdict.
Casanova à la barre, place Saint-François
Enregistré en public à Nice, sur la place Saint-François que la troupe rebaptise chaque samedi matin « place Saint-François de la Cour d’assises », cet épisode du Théâtre National de Nice met en scène le procès de Giacomo Casanova. Le principe est celui d’un spectacle participatif : un comédien incarne l’accusé, une procureure et une avocate s’affrontent, et ce sont les spectateurs, devenus jurés, qui posent les questions puis votent le verdict. Casanova comparaît pour deux chefs d’accusation, viol et agressions sexuelles d’une part, escroquerie d’autre part. La procureure s’appuie sur ses mémoires, Histoire de ma vie, et ses quelque 3 000 pages, pour décrire « un homme qui confond le désir et le droit » et qui revendique plus de 120 conquêtes. Elle rappelle qu’« un non au 18e reste un non ». Face à elle, Casanova, accent vénitien et sens de la répartie, détourne chaque question, drague la procureure et les jurées, multiplie les jeux de mots crus et interpelle le public sur la définition du consentement.
Le ton est celui de la comédie, mais l’échange pose une vraie question : peut-on juger un libertin du XVIIIe siècle avec les normes d’aujourd’hui ?
De l’escroquerie au verdict du public
La seconde partie du procès porte sur l’escroquerie. Casanova raconte comment il a convaincu une riche veuve âgée qu’il pouvait la faire renaître jeune, en échange de son argent, et évoque la loterie royale, son évasion de la prison des Plombs à Venise et le réseau des francs-maçons qui lui ouvrait les portes des villes d’Europe. Les spectateurs l’interrogent sur ses regrets, sur sa liberté revendiquée face à l’idée de conquête, et l’un d’eux glisse une remarque sur les théâtres détruits à Nice. La procureure requiert une peine burlesque. L’avocate plaide l’anachronisme : elle convoque Rousseau, Diderot et Voltaire pour rappeler la place faite aux femmes au XVIIIe siècle, présente le libertinage comme « une hymne à la liberté » et conclut qu’« une justice qui sait être séduite, mais sans se trahir, est une justice qui devient humaine ».
Après un dernier mot en vers adressé à une jurée, la majorité du public vote l’acquittement.
Les références de l’épisode
- Giacomo Casanova : aventurier vénitien du XVIIIe siècle, accusé du procès fictif.
- Histoire de ma vie : les mémoires de Casanova, écrites en français, sur lesquelles s’appuie l’accusation.
- Prison des Plombs : prison de Venise dont Casanova s’est évadé, évoquée pendant l’audience.
- Loterie royale : loterie dont la création est attribuée à Casanova pendant le procès.
- Rousseau, Diderot et Voltaire : auteurs du XVIIIe siècle cités par l’avocate dans sa plaidoirie.
- Don Giovanni : personnage opposé à Casanova par une spectatrice, qui juge que l’un aimait les femmes quand l’autre les méprisait.
- Théâtre National de Nice : le centre dramatique national qui organise ces procès chaque samedi matin.
Au fil de l’épisode
- 00:01:00 : ouverture en chanson et rappel des règles du procès par l’avocate
- 00:03:22 : Casanova se présente, de Venise aux prisons d’Europe
- 00:05:21 : réquisitoire d’ouverture de la procureure, place Saint-François
- 00:07:56 : premier chef d’accusation, viol et agressions sexuelles
- 00:08:34 : les jurés définissent le consentement
- 00:09:29 : l’histoire de la jeune religieuse désignée par les initiales M.M.
- 00:19:13 : l’accusation évoque la relation de Casanova avec sa fille
- 00:23:53 : Casanova raconte son premier chagrin d’amour d’enfant
- 00:27:43 : les jurés débattent de la séduction et du mal causé
- 00:33:30 : second chef d’accusation, l’escroquerie d’une riche veuve
- 00:40:14 : la loterie royale et l’évasion de la prison des Plombs
- 00:41:37 : questions du public, des francs-maçons aux théâtres de Nice
- 00:46:28 : réquisitions de la procureure
- 00:47:15 : plaidoirie de l’avocate pour l’acquittement
- 00:53:40 : dernier mot de Casanova et verdict du public
FAQ
Qu’est-ce que le procès de Casanova au Théâtre National de Nice ?
C’est un spectacle enregistré en public sur la place Saint-François, à Nice, dans le cadre des procès que le Théâtre National de Nice consacre chaque samedi matin aux « plus grandes crapules de la littérature ». Un comédien joue Casanova, une procureure et une avocate s’affrontent, et les spectateurs, devenus jurés, l’interrogent puis votent le verdict.
De quoi Casanova est-il accusé dans ce procès ?
La procureure retient deux chefs d’accusation : viol et agressions sexuelles, puis escroquerie. Elle s’appuie sur ses mémoires, Histoire de ma vie, pour lui reprocher de ne pas avoir recherché le consentement de ses conquêtes et d’avoir vécu aux dépens de ceux qu’il séduisait, notamment une riche veuve à qui il promettait de la faire renaître jeune.
Quel argument l’avocate de Casanova défend-elle ?
L’avocate plaide l’anachronisme : juger un libertin du XVIIIe siècle avec les normes d’aujourd’hui reviendrait à condamner tout son siècle. Elle cite Rousseau, Diderot et Voltaire pour rappeler la conception de la femme à l’époque, et présente le libertinage comme une affirmation de la liberté, y compris du désir féminin.
Casanova a-t-il été condamné par le public ?
Non. Après les réquisitions de la procureure, la plaidoirie de l’avocate et un dernier mot en vers adressé à une spectatrice, les jurés votent à main levée et la majorité se prononce pour l’acquittement. Le procès suivant annoncé en fin d’épisode est celui de Cupidon.
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