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51, craint dégun !

D'où vient l'expression marseillaise « 51, craint dégun » et pourquoi elle rime

Le jour de ses 51 ans, le linguiste et universitaire Médéric Gasquet-Cyrus consacre son billet du Parler provençal, sur ICI Provence, à une formule bien connue : « 51, craint dégun ». Il s'intéresse moins à la boisson anisée qu'elle évoque qu'à sa rime, et montre comment une particularité de la prononciation du Sud, en train de s'effacer, explique pourquoi beaucoup écrivent aujourd'hui l'expression de travers.

Une rime qui tient à l’accent

Dans ce billet du Parler provençal, sur ICI Provence, le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus fête ses 51 ans en expliquant l’expression « 51, craint dégun », où « dégun » signifie « personne » en provençal. Selon lui, tout tient à la rime : « 51, craint personne » ne fonctionnerait pas. Il rappelle que le Sud, et la Provence en particulier, distingue encore à l’oral le son « un » du son « in », comme dans « brun » et « brin », alors que le français commun les confond. Cette distinction se perd, même chez les jeunes qui ont l’accent, et il relève sur internet de nombreuses graphies fautives en « dégain », alors que le mot provençal s’écrit avec « un ».

FAQ

Que veut dire « dégun » ?

« Dégun » est un mot d’origine provençale qui signifie « personne ». Dans « 51, craint dégun », l’expression veut dire qu’on n’a peur de personne. Médéric Gasquet-Cyrus souligne que le mot s’écrit avec « un » à la fin, et non « ain » comme on le voit souvent sur internet.

Pourquoi certains entendent-ils « dégain » ?

Selon Médéric Gasquet-Cyrus, c’est une question de système phonologique : le Sud distingue encore « un » et « in », que le français commun, diffusé par les médias, ne sépare plus. Ceux qui ne font plus la différence prononcent et écrivent « dégain », ce qui casse la rime avec 51.

51, craint dégun !Le parler provençal, ICI Provence
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