
Dans sa chronique Le parler provençal sur ICI Provence, le linguiste et universitaire Médéric Gasquet-Cyrus profite de ses vacances pour relire un livre de 1975 signé Claude Marti, le chanteur originaire de Carcassonne qui a porté la chanson occitane dans les années 1970. Le chanteur y raconte comment l'école lui a appris, dès sept ans, à tenir ses mots occitans francisés pour une parole impure. Le chroniqueur s'en sert pour adresser un conseil précis aux enseignants qui ont dans leur classe des enfants aux mots venus du provençal ou d'autres langues.
Les mots qu’on apprenait à cacher
Le linguiste Médéric Gasquet-Cyrus consacre cette chronique du Parler provençal, sur ICI Provence, à un témoignage publié en 1975 par Claude Marti, chanteur originaire de Carcassonne. Le chanteur y explique comment il en est venu à chanter en occitan et comment, enfant, l’école et l’opinion lui ont donné honte de sa langue : il raconte avoir appris dès sept ans que les mots d’occitan francisé étaient « de la parole impure », passibles d’être copiés plusieurs fois. Pour lui, des études comparatives auraient été « d’une richesse extraordinaire ». Le chroniqueur demande aux professeurs de ne pas bannir sans réfléchir les mots régionaux des élèves, mais de chercher à les intégrer à des activités pédagogiques.
Pour aller plus loin
Au fil de l’épisode
- 00:00:22 : un livre de 1975 signé Claude Marti, chanteur de Carcassonne
- 00:01:06 : la honte de la langue transmise par l’école et les familles
- 00:01:33 : les régionalismes présentés comme une parole impure
- 00:02:19 : un conseil aux enseignants sur les mots des enfants
FAQ
Qu’est-ce que Claude Marti raconte de son enfance à l’école ?
D’après le passage lu par Médéric Gasquet-Cyrus, Claude Marti raconte que l’école lui a appris, dès l’âge de sept ans, que certains mots n’avaient pas de valeur : les centaines de mots d’occitan francisé qu’il employait étaient présentés comme une parole impure, et l’élève qui les utilisait pouvait être puni en devant les recopier.
Que conseille Médéric Gasquet-Cyrus aux enseignants ?
Le linguiste demande aux professeurs des écoles et aux autres enseignants de ne pas exclure sans réfléchir les mots venus du provençal ou d’autres langues que les enfants emploient, mais de voir comment les intégrer à des activités pédagogiques. Selon lui, enseigner un français commun ne doit pas conduire à déposséder les enfants de leurs mots.
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