Podcast Méditerranée.
La Toulonnaise13 avril 202627 min

Episode 14 – Camille La Madrague Collections

La Madrague Collections, de Paris à Toulon : une marque de prêt-à-porter made in France

Au micro d'Alizée Cordina, la créatrice de La Madrague Collections raconte comment, à 27 ans, elle a quitté son poste de cheffe de projet digital pour les parfums Chloé à Paris afin de lancer à Toulon sa marque de prêt-à-porter féminin, produite en France. Des croquis du week-end aux toiles d'essayage, du choix des tissus aux doutes de la veille des précommandes, elle détaille sans fard ce que coûte le lancement d'une première collection.

Quitter les parfums Chloé pour dessiner sa propre collection

Dans cet épisode de La Toulonnaise, le podcast d’Alizée Cordina consacré aux entrepreneuses de Toulon, la créatrice de La Madrague Collections retrace son parcours. Originaire de Normandie, elle était cheffe de projet digital en marketing à Paris et gérait la stratégie digitale des parfums Chloé : lancements, campagnes de fête des Mères, de Noël ou de Saint-Valentin. Travailler pour Chloé avait été un rêve, mais elle explique s’être de moins en moins retrouvée dans ses missions et dans un milieu du luxe où, selon elle, la sororité manquait. À partir de février 2025, elle dessine le week-end des robes à bretelles croisées et des blouses à col bateau, compose des planches d’inspiration, puis bâtit un business plan et cherche des ateliers. Sa rupture conventionnelle refusée, elle démissionne : « J’ai 27 ans. Si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai peut-être jamais. » Son compagnon trouve un emploi dans le Sud, où une partie de sa famille vit du côté de Sanary et de Toulon, et le couple s’installe dans le Var.

Le nom de la marque lui vient d’un panneau « La Madrague » aperçu lors d’une balade à Saint-Cyr, qui évoque aussi pour elle la maison de Brigitte Bardot à Saint-Tropez.

Des toiles d’essayage à l’atelier parisien

Elle décrit sa méthode : de vieux magazines de mode des années 60 et 70, dont elle étudie les coupes et les patrons, des croquis qui mêlent le col d’une blouse et la coupe d’une autre, puis le choix des tissus, achetés sur des marchés provençaux ou issus de stocks dormants de grandes maisons de couture. Sa modéliste réalise trois versions de toiles, un tissu brouillon pour juger du tomber, avant le prototype et le patronage remis à l’atelier. Accompagnée par la chambre de commerce de Toulon, elle renonce au Portugal et à l’Italie pour produire en France, et choisit un atelier parisien pour le prix et la qualité. Elle ne cache rien des difficultés : tableurs de marges, site qui plante, pièces gâchées par un brodeur, nuits blanches et offres d’emploi consultées « au moins quatre fois ». Les précommandes ouvrent le dimanche suivant l’enregistrement, avec un dépôt dans une boutique toulonnaise qui ne lui prend aucune commission et une soirée de lancement le 17 avril.

Elle rêve à terme d’une boutique qui serait à la fois showroom et bureau dans le centre de Toulon, ville où elle dit se sentir aujourd’hui « tout à fait à [sa] place ».

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Chloé : la maison dont elle gérait la stratégie digitale des parfums à Paris.
  • La Madrague : nom de la maison de Brigitte Bardot à Saint-Tropez, et des petits ports de pêcheurs qu’elle cite à Saint-Cyr.
  • Chambre de commerce de Toulon : l’organisme qui l’a accompagnée et l’a incitée à produire en France.
  • France Travail : sa demande de suivi de conjoint lui a permis de toucher le chômage au lancement.
  • Le Mourillon : son quartier préféré à Toulon, où elle va voir la mer chaque week-end.

Au fil de l’épisode

  • 00:01:01 : présentation, de cheffe de projet digital à créatrice d’une marque de prêt-à-porter
  • 00:01:51 : une enfance en Normandie et l’attrait pour le Sud
  • 00:02:14 : le travail sur les parfums Chloé à Paris
  • 00:03:38 : la lassitude dans le milieu du luxe et l’idée d’entreprendre
  • 00:04:05 : les premiers croquis et le business plan
  • 00:05:21 : la démission et le départ de Paris
  • 00:06:32 : les doutes et les frais engagés
  • 00:08:36 : l’origine du nom La Madrague
  • 00:09:26 : un univers inspiré des années 60 et 70
  • 00:10:45 : la méthode de création et le choix des tissus
  • 00:12:06 : le travail avec la modéliste, des toiles au patronage
  • 00:13:44 : le choix de produire en France
  • 00:16:15 : la face cachée du lancement d’une marque
  • 00:17:30 : la période de doute avant la sortie
  • 00:18:40 : les précommandes et la première clientèle
  • 00:20:23 : la vente en boutique à Toulon et le lancement du 17 avril
  • 00:22:35 : se sentir à sa place à Toulon
  • 00:23:17 : le jeu des questions et réponses
  • 00:25:21 : La Madrague dans cinq ans

FAQ

Qu’est-ce que La Madrague Collections ?

La Madrague Collections est une marque de prêt-à-porter pour femmes lancée depuis Toulon par une ancienne cheffe de projet digital parisienne. Selon sa créatrice, elle est produite en France, très colorée et inspirée de la Provence, de Saint-Tropez et des années 60 et 70, avec des coupes cintrées à la taille modernisées.

Pourquoi la créatrice a-t-elle choisi de produire en France ?

Elle envisageait d’abord le Portugal ou l’Italie, moins chers. Accompagnée par la chambre de commerce de Toulon, elle a jugé plus sûr, pour une première collection, de pouvoir suivre la production de près et d’échanger dans sa langue avec l’atelier. Le made in France correspondait aussi à l’esprit de la marque. Elle a retenu un atelier à Paris.

D’où vient le nom La Madrague ?

Elle raconte avoir vu un panneau « La Madrague », écrit en deux mots, lors d’une balade à Saint-Cyr avec son compagnon. Le nom évoque pour elle le Sud, la maison de Brigitte Bardot à Saint-Tropez et les petits ports de pêcheurs, ce qui correspondait à une collection inspirée des années 60.

Comment naît une collection de vêtements selon l’épisode ?

Elle dessine d’abord ses croquis à partir de magazines anciens, choisit ses tissus, puis confie le projet à une modéliste. Celle-ci réalise trois versions de toiles pour ajuster le tomber, puis un prototype et enfin le patronage, que l’atelier de production utilise pour couper et décliner les tailles.

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