
Michel Fraisset dirige l'Office de tourisme d'Aix-en-Provence depuis 2015. Historien de l'art, Aixois depuis le lycée, il a animé l'atelier Cézanne pendant près de vingt ans. Au micro de Frédéric Paul, guide conférencier et créateur du podcast Les gens d'Aix, il retrace son parcours. Il explique aussi le fonctionnement d'un office de tourisme financé sans argent des Aixois, le rôle qu'il a joué dans l'année Cézanne 2025, la fin de la saisonnalité, la question du surtourisme et la place des tournages dans l'image de la ville.
De Pertuis à l’atelier de Cézanne
Dans son bureau de l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence, Michel Fraisset raconte à Frédéric Paul un parcours tout entier tourné vers la ville. Arrivé au lycée Mignet, il abandonne le droit pour l’histoire de l’art, devient en 1990 directeur des affaires culturelles de Pertuis, puis prend le 1er septembre 1997 la direction de l’atelier Cézanne, que la ville vient de confier à l’Office de tourisme. Il veut en faire un lieu ouvert aux artistes contemporains de toutes disciplines. Sa rencontre la plus marquante reste celle de James Lord, qui avait contribué à sauver l’atelier avec John Rewald : venu en 2005, il lui confie avoir eu l’impression, cinquante ans après sa première visite, que Cézanne était « parti depuis une semaine ». Les deux hommes resteront en contact jusqu’à la mort de James Lord.
Depuis la fermeture de l’atelier pour travaux en 2014, sa gestion et ses collections relèvent du musée Granet.
Un office de tourisme qui vit sans argent des Aixois
Directeur depuis 2015, Michel Fraisset détaille le modèle de l’office, un établissement public industriel et commercial : 3,2 millions d’euros issus de la taxe de séjour sur un budget de 8,5 millions, le reste venant des recettes commerciales. Selon les études qu’il cite, Aix accueille 1,4 million de touristes par an, le tourisme y pèse 413 millions d’euros de retombées et 8 800 emplois. Pour l’année Cézanne 2025, l’office a conçu la communication et vendu seul 305 000 billets de l’exposition. Il défend le conseil humain face aux plateformes, se félicite d’une fréquentation désormais répartie sur les quatre saisons et récuse l’idée d’un surtourisme à Aix, qui doit selon lui garder son identité.
Il évoque enfin les tournages, du téléfilm tourné dans son propre bureau aux carrières de Bibémus.
Michel Fraisset nous recommande…
Le pavillon de Vendôme : son lieu préféré à Aix-en-Provence, à l’écart du centre, pour son histoire et pour son ouverture à la création contemporaine, avec des expositions régulières.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Office de tourisme d’Aix-en-Provence : établissement public industriel et commercial dirigé par Michel Fraisset depuis 2015.
- Atelier Cézanne : atelier du peintre, dont Michel Fraisset a assuré l’animation à partir de 1997.
- Musée Granet : musée qui gère aujourd’hui les collections de l’atelier et a accueilli l’exposition Cézanne au Jas de Bouffan.
- Année Cézanne 2025 : événement pour lequel l’office a assuré la promotion et la billetterie.
- James Lord et John Rewald : artisans de la sauvegarde de l’atelier de Cézanne.
- Château La Coste : établissement haut de gamme cité parmi les signes de l’attrait international d’Aix.
- Carrières de Bibémus : site géré par l’office, très demandé pour les tournages.
- Meurtres à Aix-en-Provence : téléfilm diffusé en 2016 sur France 3, en partie tourné dans les bureaux de l’office.
- Cézanne et moi : film de Danièle Thompson tourné dans les paysages cézanniens, dont Michel Fraisset a accompagné les repérages.
- Pavillon de Vendôme : lieu patrimonial et d’expositions, préféré de l’invité.
Au fil de l’épisode
- 00:00:10 : présentation du podcast et de l’invité
- 00:01:39 : du lycée aixois à l’histoire de l’art, puis la direction culturelle de Pertuis
- 00:02:48 : l’arrivée à l’atelier Cézanne en 1997
- 00:04:09 : une association étudiante pour faire redécouvrir Cézanne aux Aixois
- 00:05:10 : la rencontre avec James Lord
- 00:07:37 : le poids du tourisme dans l’économie aixoise
- 00:09:06 : statut et modèle économique d’un office de tourisme
- 00:11:16 : le rôle de l’office dans l’année Cézanne 2025
- 00:12:49 : équilibre budgétaire et maintien de la compétence communale
- 00:13:40 : le conseil humain face aux plateformes numériques
- 00:14:39 : pourquoi l’office ne gère plus l’atelier Cézanne
- 00:17:04 : le directeur en chef d’orchestre et les partenaires locaux
- 00:19:27 : le bilan de l’exposition Cézanne et l’origine des touristes
- 00:22:14 : la fin de la saisonnalité et la gestion des croisiéristes
- 00:24:19 : pas de surtourisme à Aix, selon lui
- 00:25:14 : les tournages et le cinéma à Aix-en-Provence
- 00:27:54 : son lieu préféré, le pavillon de Vendôme
FAQ
Qui est Michel Fraisset ?
Michel Fraisset est le directeur de l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence depuis 2015. Historien de l’art de formation, il a été directeur des affaires culturelles de Pertuis de 1990 à 1997, puis a dirigé l’animation de l’atelier Cézanne pendant près de vingt ans, avant de prendre la tête de l’office.
Comment est financé l’Office de tourisme d’Aix-en-Provence ?
L’office est un établissement public industriel et commercial. Sa part publique, estimée à 3,2 millions d’euros, est entièrement couverte par la taxe de séjour payée par les touristes. Le reste de son budget de 8,5 millions provient de recettes commerciales : prestations, boutiques du musée Granet et des sites de Cézanne, billetterie d’événements.
Quel a été le rôle de l’office dans l’année Cézanne 2025 ?
Selon Michel Fraisset, l’office a conçu les logos et les campagnes, déposé les marques, assuré la promotion internationale et été le distributeur unique de la billetterie individuelle de l’exposition : 305 000 billets vendus, à 94 % en ligne, pour des visiteurs de 122 nationalités.
Y a-t-il du surtourisme à Aix-en-Provence ?
Pour Michel Fraisset, non : il y a des pics de fréquentation, notamment avec les bus de croisiéristes, mais pas de saturation. Il rappelle que la part de l’été est passée d’environ 40 % de la fréquentation en 2011 à une répartition d’environ 25 % par saison, et insiste sur la préservation d’une identité aixoise propre.
Saison 3 épisode 6 – Virginie Dedieu, Aix en eaux profondes
21 Mai
Saison 3 épisode 5 -Paule Constant, Aix en écriture
25 Mar
Saison 3 épisode 4 – Fethi Ben Ouezdou, chef d’orchestre des Arts et Métiers d’Aix
27 Fév
Saison 3 épisode 2 – Pierre Vasarely, la Fondation Vasarely et Aix-en-Provence
18 Déc
Saison 3 épisode 1 – Emmanuel Fouque, une dynastie de santonniers d’Aix
14 Nov
Saison 2 épisode 9 – Jean-Eric Ely, la mémoire d’Aix en photos
8 Août
Saison 2 épisode 8 – Bruno Ely, l’art d’aimer Aix
24 Juil
Saison 2 épisode 7 – Andréa Ferréol, une actrice aixoise en son jardin
19 Juin
Saison 2 épisode 6 – Benjamin Lariche et Robert Consani des aixois à fond la caisse
14 Mai
Saison 2 épisode 5 – Caius sextius d’aquae sextiae à Aix
26 Avr
Saison 2 épisode 4 – Sophie Joissains, Aix en héritage
12 Mar
Saison 2 épisode 3 – Christian Pastore, Aix dans le coeur
14 Nov
Jean-Luc Verna dans les collections du NMNM
25 Sep
Julie Mallet, Emma Tholot et Pierre Zanelli en live d’Objects in Progress
10 Sep
#26 Ouvrir les perspectives et les imaginaires comme force d’agir des artistes avec Dalila Dalléas Bouzar
31 Août
Alexandra Nereuta : de la Roumanie à Nice, une vie guidée par la liberté de créer
12 Août
#25 Métaphores et métamorphoses du monde avec Shuo Hao
29 Juil
#24 L’art de la rencontre avec Lee Ufan
22 Juil
« Victor Brauner, L’Aventure magique » avec Camille Morando
10 Juil
Rodez
7 Juil
#23 Une nouvelle poétique du sol avec Theo Guicheron Lopez
1 Juil
Valentine Hinfray, agent d’artistes
25 Juin
Entretien avec Feda Wardak pour Ce que le ciel ne sait pas | 31e Edition
16 Juin
#22 Tisser des paysages avec Elise Peroi
16 Juin

