
Clara Martot-Bacry, journaliste à Marsactu, a suivi le procès du Marché du Soleil, le grand bazar de contrefaçon installé derrière la porte d'Aix à Marseille, fermé sur décision administrative en février 2026. Au micro de Violette Artaud, elle raconte quinze prévenus, une famille propriétaire, des gardiens en première ligne et trois policiers municipaux accusés de corruption, et ce que cette affaire dit de la ville, de sa jeunesse et de son économie informelle.
Le plus grand bazar de contrefaçon de France
Dans cet épisode du Bocal de Marsactu, la journaliste Clara Martot-Bacry raconte à Violette Artaud le procès du Marché du Soleil, à Marseille, ouvert le 22 juin devant le tribunal avec quinze prévenus. Créé en 1987 sur une place proche de la porte d’Aix, dans le 2e arrondissement, le marché comptait près de 200 box où se vendaient surtout des baskets contrefaites à très bas prix. Le 2 février 2026, le préfet des Bouches-du-Rhône l’a fait fermer avec la préfecture de police et les douanes. La journaliste détaille les trois volets du dossier : la contrefaçon, que les douanes saisissaient régulièrement depuis 2023 ; le blanchiment, avec des loyers encaissés en liquide et des sous-locations qui faisaient monter les prix des box ; et la corruption. Selon elle, la société propriétaire a encaissé 1,7 million d’euros de loyers sur l’une des dernières années, et la douane réclame plus de 80 millions d’euros d’amende douanière.
Pour Clara Martot-Bacry, ce procès marquait « la fin de quelque chose », puisque le parquet a demandé la confiscation définitive des murs. Le jugement est attendu en septembre.
Une famille, des gardiens et trois policiers
Sur le banc des prévenus, la journaliste décrit un « duo infernal » formé par le gardien de l’après-midi, présent depuis trente ans, et la gérante de terrain chargée d’encaisser les loyers. Elle raconte les pleurs du gardien, licencié pour faute grave après la fermeture, avant que la procédure ne soit annulée. Trois policiers municipaux expérimentés, chargés de lutter contre la vente à la sauvette devant le marché, sont poursuivis pour corruption : des écoutes téléphoniques les font entendre parler de marchandises saisies. Le propriétaire, âgé de 81 ans, aîné d’une fratrie de commerçants, assure qu’il ne savait pas, tandis que son épouse lance à la barre : « Une mère de famille préfère payer des baskets de 30 euros que 300 euros. »
Pour la journaliste, l’affaire raconte la précarité et la crise du pouvoir d’achat, l’attrait de ce marché pour une jeunesse plus aisée, la politique de répression dans l’hypercentre et le sort des vendeurs sans papiers, grands invisibles du dossier.
Pour aller plus loin
- Des contrefaçons aux soupçons de blanchiment, l’enquête qui a liquidé le Marché du Soleil
- Au procès du Marché du Soleil, une grande famille et trois policiers accusés de corruption
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Les références de l’épisode
- Marché du Soleil : marché créé en 1987 près de la porte d’Aix, fermé sur décision administrative le 2 février 2026.
- Porte d’Aix : le marché se trouve derrière, sur la place Marceau, entre la place de Strasbourg et la porte d’Aix.
- Massilia Sound System : le groupe marseillais a consacré une chanson au Marché du Soleil.
- Marsactu : journal d’enquête marseillais qui suit le dossier depuis un an.
- Douanes : une trentaine de saisies en deux ou trois ans et plus de 80 millions d’euros d’amende douanière réclamés.
Au fil de l’épisode
- 00:00:04 : présentation et chanson consacrée au Marché du Soleil
- 00:00:37 : la fermeture du 2 février 2026 par le préfet des Bouches-du-Rhône
- 00:01:55 : le sentiment d’assister à la fin de quelque chose
- 00:03:27 : les amendes pénales et douanières en jeu
- 00:04:00 : l’ouverture du procès le 22 juin
- 00:05:03 : où se trouve le Marché du Soleil
- 00:06:30 : les saisies de contrefaçon par les douanes depuis 2023
- 00:06:54 : des baskets surtout, prisées des jeunes de tous milieux
- 00:07:57 : loyers en liquide, sous-locations et soupçons de blanchiment
- 00:09:12 : le volet corruption
- 00:10:14 : l’ordre de grandeur des sommes en circulation
- 00:11:36 : le gardien et la gérante de terrain
- 00:13:11 : la défense des prévenus et l’absence des importateurs
- 00:14:15 : les pleurs du gardien licencié
- 00:16:35 : trois policiers municipaux sur le banc des prévenus
- 00:18:09 : ce que révèlent les écoutes
- 00:20:16 : le propriétaire, aîné d’une fratrie de commerçants
- 00:22:29 : une tentative de marchandage avec l’Office national anti-fraude
- 00:23:55 : la parole de l’épouse du propriétaire à la barre
- 00:24:46 : ce que raconte cette affaire sur Marseille
- 00:26:05 : les vendeurs sans papiers, grands invisibles du dossier
- 00:27:24 : que va devenir le lieu ?
FAQ
Qu’est-ce que le Marché du Soleil à Marseille ?
C’est un marché couvert créé en 1987 derrière la porte d’Aix, dans le 2e arrondissement de Marseille, qui comptait près de 200 box. Selon Clara Martot-Bacry, la contrefaçon y représentait entre 70 % et 80 % des marchandises vendues, surtout des baskets à très bas prix. Il a été fermé sur décision administrative le 2 février 2026.
Pourquoi le Marché du Soleil a-t-il été jugé ?
Le procès, ouvert le 22 juin avec quinze prévenus, portait sur trois volets : la contrefaçon, le blanchiment des loyers encaissés en liquide et réinvestis dans des sociétés immobilières, et la corruption. Le parquet a demandé la confiscation définitive des murs, la douane plus de 80 millions d’euros d’amende. Le jugement est attendu en septembre.
Pourquoi des policiers municipaux étaient-ils poursuivis ?
Trois policiers municipaux, chargés de lutter contre la vente à la sauvette devant le marché, sont poursuivis pour corruption. D’après la journaliste, des écoutes téléphoniques les font entendre demander des marchandises ou attendre le procès-verbal de destruction d’un lot saisi pour se servir. Ils affirment avoir payé ce qu’ils prenaient.
Qu’est-ce que l’affaire du Marché du Soleil dit de Marseille ?
Pour Clara Martot-Bacry, elle raconte la précarité et la crise du pouvoir d’achat de nombreux Marseillais, une mode née dans les quartiers et reprise par une jeunesse plus aisée, une politique de répression centrée sur l’hypercentre, et une économie informelle qui faisait vivre des personnes privées d’emploi légal, dont des vendeurs sans papiers.
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