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Histoires de Marseille9 janvier 202620 min

L’Estaque

L'Estaque, des tuileries aux peintres de Cézanne et Braque

Histoires de Marseille consacre un épisode à L'Estaque, quartier du nord de la ville coincé entre collines et mer. Deux voix y suivent le fil d'une histoire faite de contrastes : un hameau de pêcheurs devenu centre industriel, des tuiles parties jusqu'au Mexique, des peintres venus chercher la lumière. Ils racontent aussi les années de crise, des bidonvilles à la pollution des sols, puis le renouveau du quartier, avant de proposer une balade dans ses traverses, ses courées et ses spécialités.

Du hameau de pêcheurs au village des peintres

Dans cet épisode d’Histoires de Marseille, deux voix retracent l’histoire de L’Estaque, quartier du nord de Marseille entre collines et mer. Le nom viendrait du provençal « estaco », le pieu où l’on amarre les bateaux : à l’origine, un hameau de pêcheurs de sardine et de thon, qui pratiquaient la madrague. Au XIXe siècle, l’arrivée du canal de Marseille, puis de la gare dès 1848, déclenche l’essor industriel : tuileries exportant jusqu’au Mexique grâce à l’argile du bassin de Séon, chimie, et une population passée selon eux de 300 habitants à plus de 13 500 en 1931, en grande partie italienne. Entre 1870 et 1914, la lumière et les contrastes attirent Paul Cézanne, puis Georges Braque, qui y pose les bases du cubisme, mais aussi André Derain, Raoul Dufy, Albert Marquet ou Renoir. L’épisode décrit ensuite le déclin d’après-guerre, les bidonvilles, la pollution, puis le renouveau à partir des années 1990.

La fin de l’épisode se fait balade : traverses, escaliers, courées, joutes nautiques, chichis frégis et panisses, cinéma l’Alhambra et films de Robert Guédiguian.

Les références de l’épisode

  • Paul Cézanne : selon l’épisode, il loue une petite maison près de l’église entre 1870 et 1886 et y peint des toiles majeures.
  • Georges Braque : présent vers 1906 à 1910, il peint notamment le Viaduc à L’Estaque (1908) et les Usines de Rio Tinto à L’Estaque (1910).
  • Adolphe Monticelli : peintre marseillais qui peignait déjà dans les collines autour de L’Estaque dès les années 1860.
  • Robert Guédiguian : cinéaste né et ayant grandi à L’Estaque, dont les films, comme Marius et Jeannette, racontent la vie du quartier.
  • Le chemin des peintres : parcours avec des panneaux qui montrent les tableaux à l’endroit où ils ont été peints.
  • Les courées : petites maisons ouvrières bâties autour d’une cour commune, où se trouvaient points d’eau et toilettes partagés.
  • Le bidonville de Fenouil : présenté comme le dernier bidonville de Marseille, disparu au début des années 2000.
  • Le cinéma l’Alhambra : cinéma classé art et essai, élu selon l’épisode cinéma préféré des spectateurs en France en 2018.
  • Le navire André Malraux : bâtiment du département d’archéologie sous-marine, basé à L’Estaque.

Au fil de l’épisode

  • 00:01:06 : l’origine du nom de L’Estaque et le hameau de pêcheurs
  • 00:02:01 : la vigne et les vins de Séon, les traces préhistoriques et gallo-romaines
  • 00:02:29 : l’arrivée du canal de Marseille et de la gare en 1848, début de l’industrialisation
  • 00:03:17 : les routes, le viaduc et l’essor des tuileries grâce à l’argile locale
  • 00:04:12 : des tuiles exportées jusqu’au Mexique, en Amérique du Sud et en Afrique du Nord
  • 00:04:38 : la chimie, de la soude à l’acide sulfurique
  • 00:05:30 : l’explosion de la population et l’immigration italienne et espagnole
  • 00:05:57 : les courées, habitat ouvrier autour d’une cour commune
  • 00:07:13 : pourquoi les peintres d’avant-garde viennent à L’Estaque entre 1870 et 1914
  • 00:08:09 : Cézanne et la structure du paysage
  • 00:09:02 : Braque et les débuts du cubisme
  • 00:09:30 : Derain, Dufy, Marquet, Renoir et Monticelli
  • 00:10:22 : le chemin des peintres et l’héritage chez Robert Guédiguian
  • 00:10:47 : la Seconde Guerre mondiale, l’Occupation et la Libération en août 1944
  • 00:11:35 : désindustrialisation, fermeture des tuileries et chômage
  • 00:12:02 : les bidonvilles, dont Fenouil, et la pollution des sols
  • 00:13:10 : le renouveau à partir des années 1990 et les plages artificielles
  • 00:14:43 : l’identité de village d’un quartier d’environ 6 000 habitants
  • 00:15:10 : le patrimoine à voir, de la chapelle de la Vierge à la poule à la villa La Palestine
  • 00:16:02 : se perdre dans les traverses, la rue Jumelle et les cafouches
  • 00:16:49 : chichis frégis, panisses et autres spécialités
  • 00:17:38 : les joutes nautiques et la fête de L’Estaque début septembre
  • 00:18:23 : le festival du dessin de presse et le cinéma l’Alhambra
  • 00:18:50 : comment venir à L’Estaque : bus, TER et navette maritime depuis le Vieux-Port

FAQ

D’où vient le nom de L’Estaque ?

Selon l’épisode, le nom de L’Estaque vient du provençal « estaco », qui désigne une attache, un pieu : le poteau où l’on amarre les bateaux. Le nom correspond à ce qu’était le lieu à l’origine, un petit hameau de pêcheurs du nord de Marseille, vivant de la sardine et du thon, assez isolé avant l’arrivée des routes modernes et du train.

Pourquoi les peintres sont-ils venus à L’Estaque ?

Les intervenants citent d’abord la lumière du Sud, très intense, puis les contrastes : mer bleue, toits de tuiles rouges, collines calcaires blanches, et même les cheminées d’usines aux formes géométriques. Paul Cézanne y travaille la structure du paysage entre 1870 et 1886 ; Georges Braque, venu sur ses pas vers 1906, y peint des œuvres fondatrices du cubisme.

Qu’est-ce qu’une courée à L’Estaque ?

Une courée est un ensemble de petites maisons ouvrières, d’un ou deux étages, construites autour d’une cour commune. Selon l’épisode, la cour concentrait les points d’eau et les toilettes et était le centre de la vie collective. Ce modèle, rapproché des cours d’habitat populaire italiennes et espagnoles, a logé les ouvriers venus travailler dans les tuileries et les usines.

Que faut-il goûter à L’Estaque ?

L’épisode cite d’abord les chichis frégis, beignets sucrés vendus dans des baraques historiques du port, et les panisses, galettes de farine de pois chiche frites. Il mentionne aussi un bar connu pour servir des tripes le matin, la brousse du Rove, fromage de chèvre frais vendu chez les primeurs, et les restaurants de poisson du port.

Histoire et patrimoine

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