Podcast Méditerranée.
LUM lu30 juin 20267 min

#123 : “A Paris, qui habite à côté du périph ?”

avec Isabella Annesi-Maesano

Isabella Annesi-Maesano, pollution, climat et inégalités de santé respiratoire

Isabella Annesi-Maesano, chercheuse à l'IHU Immun4Cure de Montpellier, cosigne un article de l'American Thoracic Society qui appelle à plus de justice en santé respiratoire. Dans cet entretien lu pour LUM, la revue Science & Société de l'Université de Montpellier, elle explique comment le changement climatique amplifie les pollutions, pourquoi les populations les plus vulnérables y sont davantage exposées, et à quelles échelles on peut agir.

Tous égaux devant l’air qu’on respire ?

Isabella Annesi-Maesano, chercheuse à l’IHU Immun4Cure de Montpellier, revient sur l’article de l’American Thoracic Society qu’elle cosigne. Elle rappelle que l’asthme touche 340 millions de malades dans le monde et que la BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive), troisième cause de mortalité, en touche 400 millions. Selon elle, le réchauffement aggrave les pollutions (méga-feux, pollens, ozone, particules fines) et ce sont les plus vulnérables qui y sont les plus exposés : « À Paris, qui habite à côté du périphérique ? ». Elle évoque aussi les passoires thermiques, l’alimentation de basse qualité, l’accès inégal aux soins et aux droits, et propose d’agir à quatre échelles : individuelle, familiale, communautaire et sociétale.

Pour aller plus loin

FAQ

Pourquoi les populations défavorisées sont-elles plus exposées à la pollution ?

Selon Isabella Annesi-Maesano, elles vivent plus souvent près des grands axes, comme le périphérique à Paris, et dans des logements mal isolés exposés à la chaleur et aux moisissures. Elles achètent aussi des produits de moindre qualité, ont un accès plus tardif aux soins et au dépistage, et pèsent moins pour contester l’installation d’une usine polluante ou d’une décharge.

Comment le réchauffement climatique aggrave-t-il les maladies respiratoires ?

La chercheuse explique que la hausse des températures accroît le risque d’inflammation et augmente certains polluants comme le dioxyde d’azote, les particules fines et l’ozone, ainsi que certains pollens. Le changement climatique multiplie aussi les pollutions naturelles liées aux méga-feux et influe sur les biocontaminants inhalés comme les moisissures et les agents infectieux.

Montpellier et l'Hérault

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