
Valérie Guillard, chercheuse au laboratoire IATE à Montpellier, a contribué à créer un nouvel indicateur : l'empreinte plastique particulaire. Il mesure ce que le bilan carbone ignore, les micro et nanoplastiques qu'un objet émet tout au long de sa vie, et bien après. Dans A l'UM la science, l'émission de l'Université de Montpellier et de Divergence FM, elle compare un t-shirt en polyester et un t-shirt en coton, et explique pourquoi certains recyclages sont de fausses bonnes solutions. Le reportage visite ensuite la plateforme Planet.
Ce que le bilan carbone ne compte pas
Dans A l’UM la science, Valérie Guillard, chercheuse au laboratoire IATE (ingénierie des agropolymères et technologies émergentes) à Montpellier, présente l’empreinte plastique particulaire, un indicateur élaboré par des chercheurs de l’Université de Montpellier et de l’INRAE après une alerte lancée en 2022. Le bilan carbone ne mesure que les gaz à effet de serre émis pour produire, utiliser et traiter un objet ; il ignore la fragmentation du plastique en micro et nanoparticules qui voyagent partout, dans l’eau, l’air et les organismes vivants. Son équipe, qui travaille sur des emballages alimentaires biodégradables, a constaté que ces matériaux sortaient perdants des bilans environnementaux face au plastique conventionnel : « un trou dans la raquette ». L’indicateur compte toutes les particules qu’une masse de plastique émet ou émettra un jour, en distinguant les émissions immédiates, pendant l’usage et le traitement des déchets, et les émissions différées, qui toucheront les générations futures depuis les décharges ou l’environnement. Selon elle, un t-shirt en polyester, au bilan carbone proche de celui d’un t-shirt en coton, a une empreinte plastique bien plus lourde. Elle distingue aussi le recyclage en boucle fermée, d’une bouteille à une nouvelle bouteille, du décyclage : des pneus devenus gazon synthétique ou sols d’aires de jeux s’usent plus vite et émettent davantage. L’indicateur ne remplace pas le bilan carbone, il le complète, et pourrait servir à l’écoconception des emballages.
Le reportage mène sur la plateforme Planet, à IATE, dédiée à la transformation des ressources végétales : son responsable, ingénieur de recherche à l’INRAE, y montre un trieur électrostatique qui sépare les protéines des fibres de tourteaux de noix, de chanvre ou de tournesol.
Pour aller plus loin
- Laboratoire IATE
- A l’UM la science sur Divergence FM
- Tous les épisodes sur le site de l’Université de Montpellier
Les références de l’épisode
- IATE : laboratoire montpelliérain d’ingénierie des agropolymères et technologies émergentes, où travaille Valérie Guillard.
- INRAE : institut de recherche associé à l’Université de Montpellier dans la création de l’indicateur.
- Empreinte plastique particulaire : indicateur des émissions de micro et nanoplastiques d’un objet, immédiates et différées.
- Plateforme Planet : plateforme de IATE consacrée au fractionnement, à la mise en forme et à la caractérisation des ressources végétales.
- Divergence FM : radio montpelliéraine qui diffuse l’émission.
Au fil de l’épisode
- 00:00:33 : le plastique partout, des plages aux placentas
- 00:01:39 : un nouvel indicateur et son invitée
- 00:02:42 : ce que mesure un bilan carbone
- 00:03:38 : où se retrouvent les micro et nanoplastiques
- 00:04:51 : durée de dégradation et effets sur la santé
- 00:05:54 : l’idée de l’empreinte plastique particulaire
- 00:08:11 : le calcul des émissions selon les phases de vie de l’objet
- 00:09:12 : émissions immédiates et émissions différées
- 00:09:58 : l’exemple du pneu
- 00:10:51 : les décharges, loin d’être inertes
- 00:11:46 : t-shirt en polyester contre t-shirt en coton
- 00:12:36 : recyclage en boucle fermée et décyclage
- 00:15:28 : la polaire et la machine à laver
- 00:16:26 : un indicateur complémentaire, utile pour légiférer
- 00:17:31 : des emballages alimentaires alternatifs
- 00:19:04 : reportage sur la plateforme Planet
- 00:21:05 : le principe du tri électrostatique
- 00:22:21 : extraire des protéines végétales de tourteaux
- 00:23:08 : une plateforme ouverte aux partenaires et aux étudiants
FAQ
Qu’est-ce que l’empreinte plastique particulaire ?
C’est un indicateur conçu par des chercheurs de l’Université de Montpellier et de l’INRAE pour mesurer les micro et nanoplastiques qu’un objet en plastique émet ou émettra un jour. Il distingue les émissions immédiates, pendant l’usage et le traitement des déchets, et les émissions différées, qui viendront des décharges ou de l’environnement et toucheront les générations futures.
Pourquoi le bilan carbone ne suffit-il pas pour juger le plastique ?
Selon Valérie Guillard, le bilan carbone ne compte que les gaz à effet de serre. Il ignore la fragmentation du plastique en particules persistantes qui se diffusent dans l’eau, l’air et les organismes. Le plastique conventionnel, au bon bilan carbone, paraît alors plus favorable que des matériaux biodégradables qui, eux, ne laissent pas de particules durables.
Quelle différence entre recyclage et décyclage ?
Le recyclage en boucle fermée refait le même objet, par exemple une bouteille à partir d’une bouteille, et économise du plastique neuf. Le décyclage réutilise la matière pour un autre objet de moindre qualité, comme des pneus transformés en gazon synthétique. Selon la chercheuse, ces produits s’usent plus vite et émettent davantage de particules.
Qu’est-ce que la plateforme Planet à Montpellier ?
Planet est une plateforme du laboratoire IATE consacrée à la transformation et à la valorisation des ressources végétales : fractionnement par voie sèche, mise en forme et caractérisation des produits. Elle accueille des laboratoires, des entreprises et des étudiants, et utilise notamment un trieur électrostatique qui permet d’obtenir des concentrés de protéines végétales.
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