
Dans le Bocal de Marsactu, la journaliste Violette Artaud et trois de ses collègues racontent une semaine de campagne municipale à Marseille, un mois avant le scrutin de 2026. Clara Martot-Bacry et Coralie Bonnefoy reviennent sur leur entretien avec Amine Kessaci, militant contre le narcotrafic devenu candidat du Printemps marseillais après l'assassinat de ses deux frères. Coralie Bonnefoy raconte un meeting rythmé par « I Will Survive », et Benoît Gilles suit une candidate dans les 13e et 14e arrondissements, un secteur que la gauche n'a jamais oublié.
Amine Kessaci, candidat sous protection
Dans ce numéro de campagne du Bocal de Marsactu, enregistré un mois avant les municipales 2026 à Marseille, la journaliste Violette Artaud réunit Clara Martot-Bacry, Coralie Bonnefoy et Benoît Gilles, de la rédaction de Marsactu. Clara Martot-Bacry et Coralie Bonnefoy reviennent d’abord sur le long entretien qu’elles ont mené avec Amine Kessaci, candidat sur la liste du Printemps marseillais. Militant écologiste engagé contre le narcotrafic, fondateur de l’association Conscience après l’assassinat de son frère Brahim, il a perdu un deuxième frère, Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre 2025, un meurtre que les autorités qualifient d’assassinat d’intimidation. Âgé de 22 ans selon les journalistes, étudiant en droit, il vit sous protection policière renforcée. Il leur a expliqué qu’il ne croit pas que l’échelon municipal suffise face à des réseaux dont les chefs vivent à l’étranger, mais qu’une place dans une majorité lui permettrait de peser sur l’État et la préfecture de police. Ses propositions, rapportées par Clara Martot-Bacry : relogement des familles touchées, doublement des policiers municipaux, davantage de subventions aux associations de prévention.
Aux critiques qui l’accusent de se servir d’un drame à des fins politiques, notamment celles de Renaud Muselier, il répond, selon les journalistes, qu’il parle pour les habitants des quartiers populaires « dont la parole est confisquée ». Coralie Bonnefoy retient surtout la maturité et la simplicité d’un jeune homme qui « fend un peu l’armure » quand on lui demande comment il va.
Une campagne vue du terrain
Le tour de table élargit le propos. Clara Martot-Bacry raconte la conférence de presse d’un réseau d’associations du 3e arrondissement, à la Friche la Belle de Mai : sur leurs six priorités pour les candidats, la sécurité ne figurait pas, devant le logement, l’alimentation et les équipements. Une association avait frappé à la porte d’une centaine de foyers et constaté qu’un tiers vivait avec moins de 800 euros par mois. Benoît Gilles relate sa journée au tribunal aux côtés du sénateur Stéphane Ravier, jugé avec Sandrine D’Angio, ancienne maire des 13e et 14e arrondissements, dans une affaire de marché public découpé, le jour même où la cour d’appel le condamnait pour l’embauche de son fils à la mairie de secteur ; il s’est pourvu en cassation. Coralie Bonnefoy décrit ensuite le meeting de la liste Marseille pour tous d’Erwan Davoux et Nora Preziosi, le 12 février dans le 14e arrondissement, rythmé par « I Will Survive » de Gloria Gaynor, que Nora Preziosi reprend pour se présenter en survivante des affaires révélées par Marsactu.
Dans l’arrière-boutique, Benoît Gilles suit la candidate du Printemps marseillais dans le secteur des 13e et 14e arrondissements, une conseillère du cabinet de Benoît Payan que tout le monde appelle Tina, au profil d’appareil mais très connue des habitants, de Saint-Just au rond-point de Sainte-Marthe. Il rappelle pourquoi ce secteur reste un traumatisme pour la gauche marseillaise depuis 2014.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Marsactu : journal d’enquête marseillais qui produit le podcast.
- Printemps marseillais : liste de la majorité sortante sur laquelle se présente Amine Kessaci.
- Conscience : association fondée par Amine Kessaci après l’assassinat de son frère Brahim.
- Friche la Belle de Mai : lieu de la conférence de presse des associations du 3e arrondissement.
- Marseille pour tous : liste conduite par Erwan Davoux et Nora Preziosi.
- « I Will Survive » : chanson de Gloria Gaynor diffusée au meeting de Marseille pour tous.
Au fil de l’épisode
- 00:00:06 : présentation du débrief de campagne, un mois avant les municipales
- 00:01:19 : l’entretien de Marsactu avec Amine Kessaci, candidat du Printemps marseillais
- 00:05:02 : les assassinats de ses deux frères, Brahim et Mehdi Kessaci
- 00:06:35 : ce qu’il veut apporter contre le narcotrafic à l’échelle municipale
- 00:08:33 : sa réponse aux accusations de récupération politique
- 00:12:06 : les priorités des associations du 3e arrondissement, sans la sécurité
- 00:13:51 : Stéphane Ravier et Sandrine D’Angio au tribunal
- 00:16:53 : « I Will Survive » au meeting d’Erwan Davoux et Nora Preziosi
- 00:19:43 : dans l’arrière-boutique, la candidate du Printemps marseillais dans les 13e et 14e
- 00:24:09 : les enjeux du secteur et le souvenir de 2014
FAQ
Qui est Amine Kessaci ?
Amine Kessaci est un militant écologiste marseillais engagé contre le narcotrafic, candidat sur la liste du Printemps marseillais aux municipales 2026. Selon Marsactu, il a 22 ans, étudie le droit et a fondé l’association Conscience après l’assassinat de son frère Brahim. Son second frère, Mehdi, a été assassiné en novembre 2025 et il vit sous protection policière renforcée.
Que propose Amine Kessaci contre le narcotrafic à Marseille ?
D’après l’entretien rapporté par Clara Martot-Bacry, il veut peser sur l’État et la préfecture de police depuis la majorité municipale, reloger les familles touchées avec les bailleurs sociaux, doubler le nombre de policiers municipaux et renforcer les subventions aux associations de prévention. Il reconnaît que la mairie seule ne peut pas atteindre des chefs de réseaux installés à l’étranger.
Pourquoi le secteur des 13e et 14e arrondissements compte-t-il pour la gauche marseillaise ?
Selon Benoît Gilles, c’est un secteur traumatique pour la gauche : perdu en 2014 avec, pour la première fois, l’arrivée d’un maire RN dans une mairie de secteur, puis disputé en 2020 face au RN. Avec l’élection directe du maire de Marseille, l’enjeu est désormais d’y avoir un maire de secteur proche de la majorité au conseil municipal.
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