
Le Bocal de Marsactu, podcast du journal d'enquête marseillais, se transforme en débrief hebdomadaire de la campagne des municipales 2026 à Marseille. Autour de la table, Coralie Bonnefoy, Benoît Gilles et leurs collègues dressent le casting des candidats et l'état des procédures judiciaires qui les visent, analysent le « syndrome de Stockholm » invoqué par Renaud Muselier à propos d'Amine Kessaci et comparent les QG de campagne, de la petite permanence de Martine Vassal à l'ancienne banque du Printemps marseillais.
Les candidats à la mairie de Marseille et leurs affaires
Dans ce premier épisode spécial municipales du Bocal de Marsactu, des journalistes du journal d’enquête marseillais, dont Coralie Bonnefoy et Benoît Gilles, font le point sur la campagne pour la mairie de Marseille quelques semaines avant le scrutin des 15 et 22 mars 2026. Coralie Bonnefoy présente les principaux candidats : le maire sortant Benoît Payan, tête de liste du Printemps marseillais ; Franck Allisio pour le Rassemblement national ; Martine Vassal, présidente de la métropole et du département, investie par la droite et le centre ; Sébastien Delogu, député de La France insoumise élu dans les quartiers nord ; le binôme formé par Erwan Davoux, ancien cadre du département, et Nora Preziosi, ancienne présidente du bailleur social 13 Habitat ; ainsi que des listes de Lutte ouvrière et d’écologistes indépendants. La journaliste relève que les cinq principaux candidats sont visés, nommément ou non et « à des degrés divers », par des procédures judiciaires, et rappelle que la justice doit encore se prononcer. Selon elle, le média Blast a révélé une enquête pour favoritisme dans un marché de la Société publique des écoles de Marseille, présidée par Benoît Payan ; la gestion du département par Martine Vassal fait l’objet d’une enquête pour des faits présumés de corruption, trafic d’influence et détournement de fonds publics ; une enquête préliminaire vise Franck Allisio pour l’emploi de collaborateurs à la région, à la suite de révélations de Marsactu ; Sébastien Delogu, condamné récemment pour violences volontaires, est poursuivi pour recel de documents internes d’une entreprise de propreté ; Nora Preziosi est poursuivie pour prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics au sujet d’attributions de logements de 13 Habitat à des proches.
Les journalistes partagent aussi leurs impressions de campagne : une communication qui passe par les réseaux sociaux et contourne les questions de la presse, et un virage anti-RN de Martine Vassal qu’ils interprètent comme un signe d’inquiétude dans son camp.
Le « syndrome de Stockholm » et les QG de campagne
Benoît Gilles revient sur une expression employée à plusieurs reprises par Renaud Muselier, président de la région et soutien de Martine Vassal : un « syndrome de Stockholm » qui expliquerait, selon lui, la bonne place de Benoît Payan dans les sondages. Le président de région y associe Amine Kessaci, figure de la lutte contre le narcobanditisme et fondateur de l’association Conscience, dont deux frères ont été assassinés et qui a rejoint la liste du Printemps marseillais. Le journaliste explique le sens de l’expression, l’attitude d’un otage envers son ravisseur, et décrit un jeu de rôles à droite : selon les journalistes, Martine Vassal, présente aux rassemblements après l’assassinat du frère cadet d’Amine Kessaci, ne peut pas l’attaquer elle-même. Dans « l’arrière-boutique », une journaliste compare les locaux de campagne : une petite permanence cours Pierre-Puget pour Martine Vassal, une ancienne banque de 800 mètres carrés sur la Canebière pour le Printemps marseillais, dont la grande salle est l’ancienne salle des coffres, pas de local ouvert pour le Rassemblement national et La France insoumise, et un local dans les 13e et 14e arrondissements pour la liste Davoux et Preziosi.
L’épisode se termine sur ce qu’il faut suivre : la venue de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau pour le programme sécurité de Martine Vassal, la rubrique de vérification des promesses « On a checké » et l’avenir des mairies de secteur.
Pour aller plus loin
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Les références de l’épisode
- Marsactu : journal d’enquête marseillais qui produit le podcast
- Printemps marseillais : coalition de gauche du maire sortant Benoît Payan
- Société publique des écoles de Marseille : société chargée de rénover les écoles, présidée par Benoît Payan
- 13 Habitat : bailleur social qu’a présidé Nora Preziosi
- Blast : média qui a révélé l’enquête visant la Société publique des écoles de Marseille
- Conscience : association fondée par Amine Kessaci, qui réunit des familles de victimes du narcobanditisme
- Maritima et La Marseillaise : médias où Renaud Muselier a répété l’expression « syndrome de Stockholm »
Au fil de l’épisode
- 00:00:08 : le Bocal devient un débrief hebdomadaire de la campagne des municipales
- 00:01:11 : présentation des journalistes autour de la table
- 00:01:30 : le casting des candidats à la mairie de Marseille
- 00:04:14 : les enquêtes et procédures qui visent les principaux candidats
- 00:08:16 : tour de table : l’article de Blast et la campagne sur les réseaux sociaux
- 00:11:03 : le virage anti-RN de Martine Vassal
- 00:12:14 : la sortie de la semaine : le « syndrome de Stockholm » de Renaud Muselier
- 00:13:37 : qui est Amine Kessaci
- 00:16:23 : le sens de l’expression et le jeu de rôles à droite
- 00:19:50 : les commentaires reliant le maire au narcotrafic
- 00:21:08 : l’arrière-boutique : les locaux de campagne
- 00:24:46 : ce que disent ces locaux de chaque campagne
- 00:26:58 : ce qu’il faut regarder dans les jours à venir
FAQ
Qui sont les candidats aux municipales 2026 à Marseille présentés dans l’épisode ?
Selon Marsactu, cinq listes principales s’affrontent : Benoît Payan pour le Printemps marseillais, Franck Allisio pour le Rassemblement national, Martine Vassal pour la droite et le centre, Sébastien Delogu pour La France insoumise, et le binôme Erwan Davoux et Nora Preziosi. S’y ajoutent des listes de Lutte ouvrière et d’écologistes indépendants.
Pourquoi Renaud Muselier parle-t-il de « syndrome de Stockholm » ?
Le président de la région, soutien de Martine Vassal, emploie l’expression pour expliquer la bonne place de Benoît Payan dans les sondages malgré un bilan qu’il juge mauvais. Il y associe Amine Kessaci, qui a rejoint la liste du maire sortant. Pour les journalistes de Marsactu, la formule reste « nébuleuse » et relève d’un partage des rôles à droite.
Qui est Amine Kessaci ?
D’après Benoît Gilles, Amine Kessaci est une figure de la lutte contre le narcobanditisme à Marseille. Il a fondé l’association Conscience, qui réunit des familles de victimes, après l’assassinat de son grand frère. Son frère cadet a été tué à son tour en novembre 2025. Militant écologiste, il a rejoint la liste du Printemps marseillais.
À quoi ressemblent les QG de campagne à Marseille ?
Selon les journalistes, Martine Vassal reçoit dans une petite permanence du cours Pierre-Puget, tandis que le Printemps marseillais a investi une ancienne banque de 800 mètres carrés sur la Canebière. Le Rassemblement national et La France insoumise n’ont pas ouvert de local au public, et la liste Davoux et Preziosi a inauguré un local dans les 13e et 14e arrondissements.
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