
Au lendemain du second tour des municipales 2026 à Marseille, Violette Artaud réunit trois journalistes de Marsactu, Marie Lagache, Coralie Bonnefoy et Jean-François Poupelin, pour lire les résultats. Réélection de Benoît Payan avec une majorité renforcée, Rassemblement national devenu première force d'opposition, retrait de Martine Vassal de la métropole, repli de La France insoumise sur les secteurs : un état des lieux chiffré du paysage politique marseillais.
Un doublé : le Printemps marseillais et le RN
Au lendemain du second tour des municipales du 22 mars 2026 à Marseille, la journaliste Violette Artaud réunit dans Le Bocal de Marsactu trois journalistes de la rédaction, Marie Lagache, Coralie Bonnefoy et Jean-François Poupelin, pour analyser les résultats. Benoît Payan est reconduit à la tête de la ville, cette fois élu sur son nom : selon les chiffres présentés par Marie Lagache, le Printemps marseillais obtient environ 55 % des voix et 73 sièges au conseil municipal, contre 56 lors du mandat précédent. Le Rassemblement national de Franck Allisio recueille environ 40 % et 34 élus, contre une dizaine en 2020, et devient la première force d’opposition. La liste de droite de Martine Vassal, à 5,4 %, n’obtient que 4 sièges. Les journalistes reviennent sur le double pari de Benoît Payan : se défaire de l’étiquette de « maire non élu », lui qui avait succédé à Michèle Rubirola en cours de mandat, et refuser la fusion proposée par La France insoumise de Sébastien Delogu, qui a fini par se retirer. Selon Marie Lagache, il est passé d’environ 104 000 voix au premier tour à environ 164 000 au second.
Pour Marie Lagache, le RN réalise ainsi son pari de remplacer la droite locale, par un effet de « vases communicants » entre leurs électorats ; Coralie Bonnefoy rapporte que des élus de droite y voient « la vraie mort » de l’ère Gaudin.
Vassal se retire, LFI se replie sur les secteurs
Coralie Bonnefoy analyse l’annonce de Martine Vassal, qui renonce à se représenter à la présidence de la métropole Aix-Marseille-Provence, poste hérité de Jean-Claude Gaudin et qui était, selon la journaliste, son véritable objectif ; elle garde la présidence du département. Elle détaille l’équilibre de l’assemblée métropolitaine, partagée entre deux blocs de gauche et de droite de poids voisins, un bloc RN d’une quarantaine d’élus et 16 maires sans étiquette, et les noms qui circulent pour la succession, dont celui du maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard. Marie Lagache rappelle ce qu’a été l’opposition d’extrême droite pendant le mandat précédent, selon son analyse des procès-verbaux : beaucoup de sujets nationaux et d’immigration, peu de dossiers locaux. Jean-François Poupelin raconte la déception de La France insoumise, autour de 12 % au premier tour, absente du conseil municipal mais présente dans l’opposition de quatre mairies de secteur, et revient sur la violence de la campagne entre Benoît Payan et Sébastien Delogu, attribuée aux deux camps.
L’épisode se termine sur le calendrier : l’élection du maire en conseil municipal le 28 mars et celle de la présidence de la métropole, attendue mi-avril.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Benoît Payan : maire de Marseille reconduit à la tête du Printemps marseillais, élu cette fois sur son nom.
- Printemps marseillais : coalition de gauche qui obtient 73 sièges au conseil municipal, sans La France insoumise.
- Rassemblement national : parti qui passe d’une dizaine à 34 élus et devient la première force d’opposition au conseil municipal.
- Martine Vassal : candidate de la droite, présidente du département, qui renonce à la présidence de la métropole.
- Sébastien Delogu : tête de liste de La France insoumise, qui a retiré sa liste dans l’entre-deux-tours.
- Métropole Aix-Marseille-Provence : établissement public regroupant 92 communes, dont la présidence est en jeu après le retrait de Martine Vassal.
- Jean-Claude Gaudin : ancien maire de Marseille, dont les journalistes estiment que l’ère se referme définitivement.
Au fil de l’épisode
- 00:00:05 : Benoît Payan réélu, une opposition qui change de visage
- 00:00:35 : présentation des journalistes et du programme
- 00:01:33 : la nouvelle répartition du conseil municipal
- 00:02:01 : les résultats du second tour en chiffres
- 00:03:24 : le pari gagnant de Benoît Payan, élu sur son nom
- 00:04:21 : le refus de la fusion avec La France insoumise
- 00:06:09 : 164 000 voix au second tour
- 00:07:03 : le score historique du Rassemblement national
- 00:07:49 : les vases communicants entre droite et extrême droite
- 00:08:59 : à quoi ressemblera l’opposition d’extrême droite
- 00:11:24 : ce que les journalistes retiennent de la campagne
- 00:13:09 : la violence de la campagne entre Benoît Payan et Sébastien Delogu
- 00:15:26 : la disparition des cadres de la droite
- 00:16:27 : Martine Vassal renonce à la métropole
- 00:19:53 : qui pour présider la métropole ?
- 00:22:55 : une élection métropolitaine attendue mi-avril
- 00:23:27 : La France insoumise après la campagne
- 00:27:02 : le « troisième tour » du 28 mars
FAQ
Quels sont les résultats des municipales 2026 à Marseille ?
Selon les chiffres présentés dans l’épisode, le Printemps marseillais de Benoît Payan obtient environ 55 % des voix au second tour et 73 sièges au conseil municipal. Le Rassemblement national recueille environ 40 % et 34 élus. La liste de droite de Martine Vassal fait 5,4 % et obtient 4 sièges.
Pourquoi La France insoumise n’est-elle pas au conseil municipal de Marseille ?
Arrivée quatrième au premier tour avec environ 12 %, La France insoumise a proposé une fusion technique au Printemps marseillais, que Benoît Payan a refusée en déposant sa liste dès le lendemain. Sébastien Delogu a alors retiré sa candidature. Le parti garde des élus d’opposition dans quatre mairies de secteur.
Pourquoi Martine Vassal quitte-t-elle la présidence de la métropole ?
Après le score de sa liste, autour de 5 %, Martine Vassal a annoncé qu’elle ne serait pas candidate à sa propre succession à la métropole Aix-Marseille-Provence. Selon Coralie Bonnefoy, conserver ce fauteuil était son véritable objectif. Elle dit vouloir se concentrer sur le conseil départemental, qu’elle préside.
Que change l’arrivée du RN comme première opposition à Marseille ?
Le Rassemblement national passe d’une dizaine d’élus en 2020 à 34 et remplace presque entièrement la droite. Selon l’analyse des procès-verbaux du mandat précédent faite par Marie Lagache, ses élus parlaient surtout de sujets nationaux et d’immigration ; les journalistes s’attendent à des débats comparables.
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