
Violette Artaud reçoit dans Le Bocal de Marsactu les deux rédacteurs en chef du journal d'enquête marseillais, Coralie Bonnefoy et Benoît Gilles, pour un débrief de la campagne des municipales 2026 à Marseille. À trois semaines du premier tour, ils analysent la stratégie du Rassemblement national, que le nouveau mode de scrutin favorise selon eux, reviennent sur la devise de Pétain reprise par Martine Vassal lors d'un débat télévisé et racontent les tensions autour de la constitution des listes du Printemps marseillais.
Marseille, trois semaines avant le premier tour
Dans ce numéro du Bocal de Marsactu passé en mode « Débrief de campagne », la journaliste Violette Artaud reçoit les deux rédacteurs en chef du journal d’enquête marseillais, Coralie Bonnefoy et Benoît Gilles, pour faire le point sur les municipales 2026 à Marseille, à trois semaines du premier tour. Premier sujet : le Rassemblement national, qui se voit prendre la ville. Coralie Bonnefoy, autrice d’un article sur le sujet, rappelle d’abord l’expérience du parti au pouvoir à Vitrolles et à Marignane au milieu des années 1990, où, selon elle, associations et structures culturelles ont été visées, jusqu’à la fermeture temporaire d’un cinéma à Vitrolles. Elle explique ensuite ce qui change avec le nouveau mode de scrutin : deux urnes, l’une pour la mairie centrale, l’autre pour la mairie de secteur. Jusqu’ici, le parti restait bloqué à l’échelon des secteurs (seul exemple de victoire, le 13-14 en 2014 avec Stéphane Ravier). Désormais, Franck Allisio se présente sur toute la ville et peut compenser ses faiblesses du centre-ville par ses scores dans les secteurs 9-10, 11-12 et 13-14, où il concentre ses efforts. Les journalistes décrivent aussi les stratégies adverses : Benoît Payan, maire sortant du Printemps marseillais, se présente comme le vote utile ; Martine Vassal, candidate de la droite et du centre, n’a pas de ligne claire à l’égard du RN ; La France insoumise n’exclut pas de se maintenir au second tour. Deuxième temps : la « sortie de la semaine ». Le 19 février, lors d’un débat organisé par BFM et La Provence, Martine Vassal énumère ses valeurs, « le mérite, le travail, la famille, la patrie ». Benoît Payan relève aussitôt la devise du maréchal Pétain. Pour Benoît Gilles, il s’agit d’un dérapage plutôt que d’un propos réfléchi, aggravé par le fait que la candidate l’assume puis par la réplique de Franck Allisio. Troisième temps : les coulisses de la constitution des listes du Printemps marseillais, à deux jours de leur dépôt, où plusieurs adjoints sortants, dont Patrick Amico (logement) et Sophie Roque (état civil), ne seront pas reconduits ou seront placés en position inéligible, certains reprochant à l’équipe une méthode brutale.
En conclusion, Benoît Gilles regrette une campagne qui reprend selon lui là où celle de 2020 s’était arrêtée, dans l’invective, et Coralie Bonnefoy pointe le peu de densité des visions proposées pour la ville. Ils promettent d’examiner les programmes au prochain épisode.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Marsactu : journal d’enquête marseillais qui produit le podcast Le Bocal.
- Rassemblement national : parti dont la stratégie municipale à Marseille est analysée par Coralie Bonnefoy.
- Franck Allisio : candidat du Rassemblement national à la mairie de Marseille.
- Benoît Payan : maire sortant, candidat du Printemps marseillais à sa réélection.
- Martine Vassal : candidate de la droite et du centre, présidente du département et de la métropole.
- Printemps marseillais : mouvement de l’équipe municipale sortante, dont les listes sont en cours de constitution.
- Vitrolles et Marignane : villes des Bouches-du-Rhône dirigées par l’extrême droite au milieu des années 1990, citées en exemple.
- Débat BFM et La Provence du 19 février : le débat où Martine Vassal reprend la devise « travail, famille, patrie ».
Au fil de l’épisode
- 00:00:04 : le Bocal de Marsactu se transforme en débrief de campagne municipale
- 00:01:26 : pourquoi le RN au pouvoir constituerait un risque, selon Coralie Bonnefoy : les précédents de Vitrolles et Marignane
- 00:04:27 : le nouveau mode de scrutin et ses effets pour le RN
- 00:06:04 : la stratégie de Franck Allisio, concentrée sur les secteurs nord et est
- 00:07:38 : les stratégies de Benoît Payan, Martine Vassal et La France insoumise
- 00:09:51 : la sortie de la semaine : Martine Vassal et la devise « travail, famille, patrie »
- 00:12:43 : dérapage ou propos réfléchi, et la réplique de Franck Allisio
- 00:14:57 : les coulisses des listes du Printemps marseillais
- 00:18:09 : les adjoints sortants écartés des listes
- 00:20:30 : ce qu’il faudra observer dans les jours suivants
FAQ
Qu’a dit Martine Vassal sur « travail, famille, patrie » ?
Lors d’un débat organisé par BFM et La Provence le 19 février, Martine Vassal a cité comme ses valeurs le mérite, le travail, la famille et la patrie. Benoît Payan a relevé la devise du maréchal Pétain. Elle a d’abord maintenu que c’était son slogan. Pour Benoît Gilles, de Marsactu, il s’agit d’un dérapage plutôt que d’un propos réfléchi.
Pourquoi le nouveau mode de scrutin change-t-il la donne à Marseille ?
Selon Coralie Bonnefoy, on vote désormais dans deux urnes : l’une pour la mairie centrale, l’autre pour la mairie de secteur. Auparavant, il fallait d’abord gagner des secteurs, et le RN restait bloqué à cet échelon. Avec un scrutin à l’échelle de la ville, Franck Allisio peut compenser ses faiblesses du centre-ville par ses scores en périphérie.
Quelle est la stratégie du RN à Marseille pour les municipales 2026 ?
D’après Coralie Bonnefoy, Franck Allisio concentre ses efforts sur les secteurs où il est fort, les 9-10, 11-12 et 13-14, pour glaner un maximum de voix et compenser ses faiblesses ailleurs. Sur le terrain, le parti colle des affiches, distribue des tracts et organise de petites réunions, tandis que son candidat est très présent dans les médias.
Qui sont les élus écartés des listes du Printemps marseillais ?
Coralie Bonnefoy cite plusieurs adjoints sortants qui ne seront pas reconduits, dont Sophie Roque, adjointe à l’état civil, et une élue écologiste ancienne adjointe à l’environnement, ainsi que Patrick Amico, ancien adjoint au logement, placé en position inéligible. Certains dénoncent une méthode brutale et une reprise en main de la liste.
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