
Cette semaine, je reçois Pierre Etcheberry, directeur d’exploitation du Domaine de l’Île, à Porquerolles.
Pierre a grandi dans un environnement rural, au contact direct de la nature et des saisons. De ses parents, il hérite très tôt d’un rapport simple et respectueux au vivant, du sens de l’effort, de l’observation et de la patience — cette capacité à comprendre que la nature impose son rythme et qu’il faut apprendre à l’écouter. Il se forme aux métiers de l’agriculture et de la viticulture, développant une approche très concrète du terrain, des sols, des plantes et des équilibres naturels.
Avant de rejoindre Porquerolles, il affine son expérience au sein des Établissements Jean-Pierre Moueix et au Château Lafleur, à Pomerol, où il approfondit sa connaissance des terroirs, du travail de précision et du temps long propre à la grande viticulture.
À son arrivée en 2019, Pierre s’installe sur l’île avec sa compagne. Porquerolles devient alors un territoire à apprivoiser, aussi magnifique que complexe. Ici, tout est différent : l’eau, les ressources, les vents, les embruns, la salinité, les amplitudes thermiques, la pression touristique, la fragilité des écosystèmes. L’île impose une forme d’humilité. Elle oblige à anticiper, à observer, à composer avec le réel.
Pierre connaît finement les sols de Porquerolles — leurs compositions de schistes, d’argiles et de sable, leur capacité à retenir l’eau, leur réaction à la sécheresse et au vent. Il parle des parcelles comme de paysages vivants, avec leurs microclimats et leurs équilibres délicats. Travailler sur une île, c’est accepter l’isolement et la lenteur logistique, mais aussi une proximité rare avec le vivant et une relation presque physique au lieu.
Homme de terrain, attaché au temps long et à la transmission, Pierre incarne une viticulture patiente, précise et respectueuse.
Avec Pierre, on a parlé de ses racines et de son parcours, de son lien à Porquerolles, du travail des sols et du vivant, des contraintes et des richesses du milieu insulaire, du collectif, du temps long et de la responsabilité de produire du vin dans un environnement fragile.
Il fallait bien 2 épisodes pour tout ça
Je vous propose donc de découvrir ce témoignage en 2 parties. Voici la première.
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