
Le 17 octobre 2026, Marseille a connu des émeutes et des pillages en plein centre-ville ; le 24, une manifestation déclarée a réuni une foule immense contre la vie chère. Dans Le Bocal de Marsactu, la journaliste Violette Artaud interroge Benoît Gilles, rédacteur en chef du journal d'enquête marseillais, qui a couvert les deux journées. Il décrit qui était dans la rue, comment les forces de l'ordre ont agi et quelles réponses politiques ont suivi.
Deux samedis, deux visages
Dans cet épisode du Bocal de Marsactu, la journaliste Violette Artaud reçoit Benoît Gilles, rédacteur en chef de Marsactu, pour revenir sur les samedis 17 et 24 octobre 2026 à Marseille, deux journées de mobilisation nationale contre la vie chère. Le 24, raconte-t-il, le préfet avait pris la veille des arrêtés interdisant toute manifestation dans le centre-ville, avant d’accepter le défilé déclaré par la CGT sur un court tracé, du haut de la Canebière à la Porte d’Aix. La préfecture a compté 17 000 manifestants, les organisateurs bien davantage. Il décrit une foule mêlée de lycéens, de parents d’élèves, d’enseignants et de gilets jaunes, des pancartes faites à la main, souvent drôles, un refus du fascisme et une colère contre la répression policière. Selon lui, la foule a continué à marcher une fois le cortège dispersé, et la manifestation s’est terminée en affrontements avec les CRS, dans les gaz lacrymogènes.
Le 17, à l’inverse, rien n’était déclaré. Dès le matin, des barricades se montent à Castellane et au rond-point du Prado, puis des vitrines sont cassées dans le centre et des magasins pillés.
Des émeutiers difficiles à classer
Benoît Gilles nuance le portrait dressé par le préfet des Bouches-du-Rhône et par le procureur, qui ont distingué des black blocs organisés et des délinquants venus piller. Il voit, lui, des groupes d’action directe qui ont préparé la journée pour étirer le dispositif policier, mêlés à des jeunes et à des personnes plus âgées qui profitent de l’occasion, souvent dans la même tenue. Violette Artaud rappelle que beaucoup de personnes jugées en comparution immédiate avaient un casier vierge. Le journaliste évoque une « colère de classe » et la frustration d’une société de consommation qui fait rêver sans donner accès, relayée par les réseaux sociaux. Il souligne aussi que des manifestants pacifiques se sont retrouvés pris dans les affrontements près du Centre Bourse, et juge que les alertes sur ce mouvement étaient connues avant le 17. Sur la réponse politique, il décrit un discours de retour à l’ordre, jusqu’à la visite d’Emmanuel Macron, et des premières annonces du Premier ministre aux lycéens qui ne prendraient effet qu’à la rentrée 2028.
Il termine sur ce que vit un reporter dans ces journées : une forme d’ivresse, entre la peur et une jubilation collective qu’il compare au carnaval.
Pour aller plus loin
- 17 octobre à Marseille : entre revendications et pillages
- La manifestation du 24 octobre contre la vie chère et la répression policière
- 17 octobre 2026 : retour sur le maintien de l’ordre
- La visite d’Emmanuel Macron à Marseille
- Le dossier de Marsactu sur la mobilisation sociale de 2026
- La newsletter du Bocal
Les références de l’épisode
- Marsactu : journal d’enquête marseillais dont Benoît Gilles est rédacteur en chef.
- CGT : le syndicat qui a déclaré et encadré le défilé du 24 octobre.
- Gilets jaunes : présents dans les cortèges, autour de la vie chère et du prix de l’essence.
- Préfet des Bouches-du-Rhône : auteur des arrêtés d’interdiction et d’une description des émeutiers que le journaliste conteste.
- Centre Bourse : centre commercial du centre-ville en partie pillé le 17 octobre.
Au fil de l’épisode
- 00:00:04 : la mobilisation nationale contre la vie chère et la place de Marseille
- 00:01:04 : l’interdiction préfectorale de manifester avant le 24 octobre
- 00:02:41 : le défilé finalement autorisé de la CGT et le dispositif policier
- 00:04:17 : la foule du 24 octobre, ses revendications et ses pancartes
- 00:07:54 : un cortège encadré, puis une manifestation spontanée à la Porte d’Aix
- 00:10:03 : les affrontements avec les CRS
- 00:12:09 : le 17 octobre, des barricades du matin aux pillages du centre-ville
- 00:17:00 : le profil des émeutiers selon le préfet et le procureur
- 00:20:20 : comparutions immédiates et casiers vierges
- 00:22:04 : les cortèges que les journalistes n’ont pas vus le 17
- 00:25:17 : des alertes connues avant le 17 octobre
- 00:26:55 : la réponse politique et la visite d’Emmanuel Macron
- 00:30:23 : la colère contre la répression policière comme fil rouge
- 00:30:57 : l’ivresse du reporter dans les mouvements de foule
FAQ
Que s’est-il passé à Marseille le 17 octobre 2026 ?
Selon Benoît Gilles, la journée, sans manifestation déclarée, a commencé dès le matin par des barricades à Castellane et au rond-point du Prado. Dans l’après-midi, des vitrines ont été cassées et des magasins pillés dans le centre-ville, tandis que des cortèges plus classiques ont été dispersés par les gaz lacrymogènes.
En quoi la manifestation du 24 octobre a-t-elle été différente ?
Le 24, un défilé déclaré par la CGT a été autorisé malgré l’interdiction préfectorale, sur un court parcours jusqu’à la Porte d’Aix. Benoît Gilles décrit une foule immense et encadrée, puis une manifestation spontanée qui s’est poursuivie et a fini en affrontements avec les CRS.
Qui étaient les émeutiers selon Benoît Gilles ?
Il estime difficile de les distinguer, tous portant la même tenue. Il voit des groupes organisés qui ont préparé la journée pour disperser la police, mêlés à des personnes de tous âges venues profiter des pillages, et nuance la description du préfet et du procureur. Beaucoup de personnes jugées avaient un casier vierge.
Qui est Benoît Gilles ?
Benoît Gilles est rédacteur en chef de Marsactu, journal d’enquête marseillais. Dans cet épisode du Bocal, il raconte sa couverture des journées du 17 et du 24 octobre 2026 à Marseille, au plus près des cortèges, des pillages et des affrontements.
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