
Julien Aubert, vice-président des Républicains, magistrat à la Cour des comptes et ancien député du Vaucluse, est né et a grandi à Marseille. Dans Ils font Marseille, il revient sur son enfance entre le Prado et Endoume, ses années à Johns Hopkins et à l'ENA dans la promotion d'Emmanuel Macron. Il expose sa vision gaulliste de l'État face à la dette, commente la présidentielle de 2027 et les violences du 17 octobre, puis livre son regard sur Marseille et ses dernières municipales.
Un Marseillais à la Cour des comptes
Dans cet épisode d’Ils font Marseille, Julien Aubert, vice-président des Républicains, ancien député du Vaucluse et magistrat à la Cour des comptes, revient sur son enfance à Marseille, sa formation et sa lecture de la situation politique française. Il raconte avoir grandi du côté du Prado, puis d’Endoume, avant de passer son bac à l’Institution Mélizan, alors située en haut de la place Castellane, où il avait créé un journal lycéen, Le Chat libéré. Il dit avoir « limé » son accent en arrivant à Sciences Po à Paris, puis mis en avant la branche vauclusienne de sa famille une fois élu dans le Vaucluse, ce qui explique qu’on ne l’identifie pas comme « le Marseillais de service ». Il évoque un mépris ancien de Paris envers les élus du Sud. Après Sciences Po, un master de relations internationales à Johns Hopkins, aux États-Unis, lui laisse le goût de la liberté de penser et un regard critique sur le politiquement correct américain. De retour en France, il se donne une seule chance à l’ENA, avec le cours Florent en solution de repli. Il intègre la promotion Senghor, celle d’Emmanuel Macron, dont il raconte un déjeuner où il le sonde sur ses ambitions et en ressort convaincu que « ce type-là a du talent, s’il fait de la politique, il va faire mal ». Il lui a depuis consacré un livre, Emmanuel le faux prophète.
Sorti parmi les premiers de sa promotion, il rejoint la Cour des comptes, où il est aujourd’hui conseiller maître. Il précise que ses propos n’engagent pas l’institution.
Dette, État stratège et présidentielle
Julien Aubert juge la situation budgétaire « extrêmement grave » : selon lui, la charge de la dette atteint 100 milliards d’euros, un tiers du budget de l’État, et les mesures symboliques sur le train de vie des élus ne changeront rien. Interrogé sur le succès de Sarah Knafo et de David Lisnard, il met en garde contre les « bulles de communication » et rappelle la tribune « Souviens-toi que tu n’es qu’un homme » qu’il avait publiée dans L’Opinion le jour de l’élection d’Emmanuel Macron. Il refuse l’idée d’un État géré comme une entreprise : il attribue à Margaret Thatcher la théorie de l’État organisé en agences, observe que la fonction publique territoriale a créé bien plus de postes que l’État en quarante ans, et plaide pour un retour au couple préfet et maire. Il défend un colbertisme assumé, un État stratège capable par exemple de basculer en cinq ans ses véhicules à l’électrique pour amorcer un réseau de bornes de recharge, et un audiovisuel public qu’il veut garder, plus pluraliste, en rappelant que le président doit pouvoir parler à la nation : « Le patron, c’est le président de la République. » Il se dit hostile à une primaire à droite et ne collerait les affiches ni pour Gabriel Attal ni pour Édouard Philippe. Dans l’hypothèse d’un second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, il dit qu’il voterait pour Marine Le Pen, tout en jugeant intenable son projet sur l’âge de la retraite au regard du déficit des retraites qu’il chiffre à 137 milliards d’euros.
Il ajoute que la privatisation des autoroutes prive l’État d’un levier en pleine crise du carburant.
Le 17 octobre et Marseille
Sur les violences du 17 octobre, Julien Aubert distingue trois groupes : des manifestants, la plupart calmes, qui veulent être entendus ; des pilleurs ; et, selon lui le plus dangereux, des militants d’extrême gauche qui auraient coordonné des attaques, comme celles de la mairie de Limoges et de la préfecture de Bordeaux, pour déstabiliser les institutions. Il écarte l’envoi de l’armée, à la différence de la réponse italienne de Giorgia Meloni, car une armée n’est pas faite pour le maintien de l’ordre, et propose de confier le service d’ordre aux organisateurs des manifestations pour placer les policiers devant les commerces, avec une réponse pénale ferme : « il faut que la peur change de camp ». Sur Marseille, il rapporte que, dans ses contrôles de jeune auditeur, les Bouches-du-Rhône et la Seine-Saint-Denis faisaient toujours exception. Il refuse que la singularité marseillaise excuse la saleté ou le désordre : « Marseille, c’est la France. » Il analyse la réélection de Benoît Payan, la difficulté de Martine Vassal, à cause selon lui de son alliance avec Renaud Muselier, et le score de Franck Allisio. Il rappelle avoir rompu avec Renaud Muselier aux régionales en refusant l’alliance avec les macronistes, au prix de son mandat.
Quant à une candidature à Marseille, il répond qu’il ne faut « jamais dire jamais », dans une ville qu’il décrit, à l’image de Jean-Claude Gaudin qu’il dit avoir bien connu, comme une ville de « rondeur ».
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Les Républicains : parti dont Julien Aubert est vice-président.
- Cour des comptes : institution où il est conseiller maître.
- Institution Mélizan : établissement marseillais où il a passé son bac et créé le journal Le Chat libéré.
- Sciences Po Paris : école où il part étudier après son bac.
- Johns Hopkins : école américaine où il obtient un master de relations internationales.
- ENA, promotion Senghor : promotion qu’il partage avec Emmanuel Macron.
- Emmanuel le faux prophète : livre qu’il a écrit sur Emmanuel Macron.
- Souviens-toi que tu n’es qu’un homme : tribune publiée dans L’Opinion le jour de l’élection d’Emmanuel Macron.
- Oser la France : mouvement qu’il a créé, dont les universités de rentrée se tenaient à Avignon.
- Margaret Thatcher : à qui il attribue la théorie de l’État organisé en agences.
- Giorgia Meloni : dont il compare la réponse aux violences en Italie à celle de la France.
- Benoît Payan, Martine Vassal et Franck Allisio : candidats des municipales marseillaises qu’il commente.
- Renaud Muselier : avec qui il dit avoir rompu aux régionales.
- Jean-Claude Gaudin : figure politique marseillaise qu’il dit avoir bien connue.
Au fil de l’épisode
- 00:01:25 : pourquoi il n’est pas étiqueté comme Marseillais et l’accent limé à Paris
- 00:03:29 : une enfance entre le Prado, Endoume et l’Institution Mélizan
- 00:04:38 : ses deux premiers souvenirs politiques, de la maternelle au débat sur Maastricht
- 00:06:22 : Sciences Po, puis le master à Johns Hopkins et la découverte des États-Unis
- 00:08:57 : l’ENA ou le cours Florent
- 00:10:09 : la promotion Senghor et le déjeuner avec Emmanuel Macron
- 00:12:52 : la Cour des comptes et Sarah Knafo
- 00:15:14 : une situation budgétaire qu’il juge extrêmement grave
- 00:17:25 : les bulles de communication et la tribune publiée dans L’Opinion
- 00:19:32 : les agences, Margaret Thatcher et la fonction publique territoriale
- 00:21:57 : le colbertisme et l’État stratège, l’exemple de la voiture électrique
- 00:23:43 : pourquoi garder l’audiovisuel public
- 00:27:17 : son refus d’une primaire à droite
- 00:29:05 : son choix en cas de second tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon
- 00:29:49 : le déficit des retraites
- 00:30:44 : sa lecture des violences du 17 octobre
- 00:33:45 : la comparaison avec l’Italie et le refus d’envoyer l’armée
- 00:36:02 : faire « que la peur change de camp »
- 00:36:46 : Marseille, ville à part ?
- 00:38:51 : son analyse des municipales marseillaises
- 00:42:34 : un jour candidat à Marseille ?
FAQ
Qui est Julien Aubert ?
Julien Aubert est vice-président des Républicains. Né à Marseille, il est passé par Sciences Po Paris, Johns Hopkins et l’ENA, dans la promotion Senghor. Magistrat à la Cour des comptes, où il est conseiller maître, il a été député du Vaucluse pendant dix ans et a créé le mouvement Oser la France.
Où Julien Aubert a-t-il grandi à Marseille ?
Julien Aubert raconte avoir grandi du côté du Prado, où il était à l’école Jeanne d’Arc, puis d’Endoume, où il a fréquenté l’école protestante. Il a ensuite passé son bac à l’Institution Mélizan, alors installée en haut de la place Castellane, avant de partir à 18 ans pour Sciences Po à Paris.
Qu’est-ce que Julien Aubert dit d’Emmanuel Macron, son camarade de l’ENA ?
Julien Aubert dit avoir repéré très tôt le talent d’Emmanuel Macron dans la promotion Senghor de l’ENA. Lors d’un déjeuner, il lui a demandé s’il comptait faire de la politique ; la réponse évasive l’a laissé penser que, s’il en faisait, « il va faire mal ». Il lui a consacré un livre, Emmanuel le faux prophète.
Comment Julien Aubert analyse-t-il les violences du 17 octobre ?
Julien Aubert distingue des manifestants pour la plupart pacifiques, des pilleurs et des militants d’extrême gauche qui auraient coordonné des attaques contre des bâtiments publics. Il refuse d’envoyer l’armée et propose de confier le service d’ordre aux organisateurs, de placer la police devant les commerces et d’appliquer une réponse pénale ferme.
Pourquoi Julien Aubert estime-t-il que Marseille n’est pas une ville à part ?
Julien Aubert reconnaît une légende marseillaise qui attire les touristes et nourrit la fierté, mais refuse qu’elle excuse la saleté ou les pillages. Pour lui, les Marseillais ont droit au même niveau de propreté et d’ordre que les autres Français, et la ville mérite une vision qui dépasse le Vélodrome et les images d’Épinal.
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