
Benoît Payan, maire sortant de Marseille, s'installe au micro d'Ils font Marseille en pleine campagne des municipales 2026. Il parle d'abord de lui, ce qu'il fait rarement : une famille arrivée d'Italie au Panier, une vocation politique née à 16 ans, une vie personnelle bousculée par la fonction. Puis il défend son bilan à la tête de la deuxième ville de France, des écoles à la police municipale, et détaille ses positions sur la Métropole, la propreté, les transports, le narcotrafic et l'Olympique de Marseille.
Un Marseillais du Panier au 7e arrondissement
Dans cet épisode d’Ils font Marseille, enregistré en pleine campagne des municipales 2026, Benoît Payan, maire sortant de Marseille, accepte de parler de l’homme derrière la fonction avant de dresser le bilan de son mandat. Il raconte être né dans une clinique aujourd’hui disparue du 8e arrondissement, avoir grandi dans le 10e, dans une famille venue en grande partie d’Italie au début du XXe siècle, d’abord installée au Panier, rue Sainte-Françoise, puis dans le 7e arrondissement, avec une autre branche dans les quartiers nord, à Saint-Louis. Après l’école supérieure du notariat de Marseille, il s’ennuie dans ce métier ; à 16 ou 17 ans, « je me sentais de gauche », il avait cherché le numéro du Parti socialiste dans le Bottin. Il dit n’avoir jamais brigué de mandat national et avoir refusé un poste de ministre pour ne pas quitter sa ville. Il revient sur 2020 : Michèle Rubirola est élue maire, puis, ne pouvant plus assumer la fonction pour des raisons de santé dont il refuse de parler, laisse la place à Benoît Payan, élu par le conseil municipal en décembre 2020.
Il évoque sans s’y attarder le prix personnel de la fonction, une séparation fin 2023 après 21 ans de vie commune, et décrit ses journées : lever vers 6 heures, lecture de la presse, réunions, dîners, et pendant la campagne des dossiers travaillés jusqu’à 2 heures du matin.
Le Vélodrome et une campagne qu’il juge « sale »
Interrogé sur l’Olympique de Marseille, Benoît Payan décrit le stade Vélodrome comme « un temple » où se retrouvent toutes les origines et tous les quartiers, et où son père l’a emmené dès l’âge de 6 ans. Il cite les grands présidents du club, dont Bernard Tapie et Pape Diouf, et les matchs qui l’ont marqué. Sur la campagne municipale, il la dit non pas dure mais « sale », et dénonce les propos du président de région visant Amine Kessaci, colistier de 22 ans qui a perdu ses deux frères, propos qu’il juge d’une grande violence. Il explique aussi la réforme de la loi PLM : un même bulletin dans toute la ville pour élire le maire de Marseille, les arrondissements continuant de voter pour leurs conseils.
Il appelle les Marseillais, et d’abord les étudiants, à aller voter, quel que soit leur choix.
Métropole, écoles et sécurité : son bilan
Pour expliquer qui fait quoi, il résume : la Métropole gère tout ce qui va « de façade à façade » (voirie, propreté, éclairage, transports), la ville l’état civil, les écoles, la culture, le social, la sécurité municipale et le sport. Il accuse la Métropole d’avoir « puni » Marseille après les élections de 2020 et attend de la nouvelle loi qu’elle permette au futur maire de peser sur la gouvernance métropolitaine. Côté bilan, il se dit « en partie satisfait » et « éternel insatisfait ». Il revendique 27 écoles construites ou rénovées en un mandat dans le cadre du plan Marseille en Grand, sur 188 prévues, des fournitures scolaires gratuites pour 80 000 enfants, et le passage de la police municipale de 390 à 820 agents. Sur la sécurité, il reconnaît une réalité qu’il ne faut pas nier, défend la présence humaine plutôt que les caméras, qui servent selon lui à résoudre les enquêtes, et réclame à l’État davantage de policiers nationaux et de magistrats.
Sur le narcotrafic, il rappelle avoir demandé dès 2021 un parquet spécialisé, installé en janvier 2026, plaide pour s’attaquer à l’argent, aux armes et aux chefs installés à l’étranger, et cite la baisse des assassinats liés au trafic, de 50 à 15 selon lui.
Propreté, transports et grands événements
Sur la propreté, Benoît Payan dit avoir « honte » et assure que ce n’est pas une fatalité. S’il est réélu, il promet de s’en charger lui-même via la Métropole pendant trois ans : une police de la propreté, le retour des cantonniers attitrés à quelques rues, le doublement des 7 000 corbeilles de rue et des tournées adaptées aux quartiers. Sur les transports, il souligne que les deux lignes de métro datent de 1977, réclame un nouveau plan de bus et dénonce les dérives des trottinettes en libre-service, avec lesquelles il dit vouloir en finir. Il revient enfin sur les grands événements de son mandat : la Voie est libre sur la Corniche, la flamme olympique, et la venue du pape, préparée avec Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, dont il raconte les coulisses diplomatiques.
Il dit vouloir poursuivre ces grands rendez-vous populaires s’il est réélu.
Benoît Payan nous recommande…
Zinédine Zidane, comme prochain invité d’Ils font Marseille : né et formé dans la ville, il porterait selon lui un regard rare sur les quartiers, l’ascension sociale et l’image de Marseille vue de l’extérieur.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Michèle Rubirola : maire de Marseille élue en 2020, à qui Benoît Payan a succédé.
- Loi PLM : réforme du mode de scrutin municipal à Paris, Lyon et Marseille.
- Plan Marseille en Grand : programme dans lequel s’inscrit la rénovation de 188 écoles.
- Stade Vélodrome : stade de l’Olympique de Marseille, que le maire fréquente depuis l’enfance.
- Amine Kessaci : colistier de Benoît Payan, frère de deux victimes du narcotrafic.
- Jean-Marc Aveline : archevêque de Marseille, associé à la venue du pape.
- La Voie est libre : journée sur la Corniche que le maire présente comme le deuxième rassemblement de la ville après les matchs de l’OM.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de l’émission et de l’invité
- 00:03:24 : pourquoi voter aux municipales
- 00:04:35 : la loi PLM expliquée
- 00:07:24 : naissance, quartiers et origines italiennes de sa famille
- 00:09:00 : du notariat au Parti socialiste
- 00:13:51 : 2020, Michèle Rubirola puis l’élection de Benoît Payan
- 00:17:18 : vie privée et sacrifices de la fonction
- 00:19:13 : la journée type du maire de Marseille
- 00:24:48 : une campagne « sale » et les attaques contre Amine Kessaci
- 00:26:47 : l’OM et le stade Vélodrome
- 00:33:42 : qui fait quoi entre la Métropole et la ville
- 00:39:18 : le bilan, des écoles à la police municipale
- 00:45:35 : sécurité, plaintes et manque de moyens
- 00:55:43 : le narcotrafic
- 01:01:46 : la propreté
- 01:08:38 : métro, bus et trottinettes
- 01:16:40 : la Voie est libre, la flamme olympique et la venue du pape
- 01:22:39 : Zinédine Zidane comme prochain invité
FAQ
Comment Benoît Payan est-il devenu maire de Marseille ?
En 2020, les candidats du Printemps marseillais se présentaient par secteur et le conseil municipal élisait le maire. Michèle Rubirola a d’abord été élue, puis, ne pouvant plus assumer la fonction pour des raisons de santé, a laissé la place. Benoît Payan a alors été élu maire par le conseil municipal en décembre 2020, raconte-t-il.
Quel bilan Benoît Payan tire-t-il de son mandat ?
Il se dit en partie satisfait. Il met en avant 27 écoles livrées en un mandat sur les 188 prévues par le plan Marseille en Grand, les fournitures scolaires gratuites pour 80 000 enfants et la police municipale passée de 390 à 820 agents. Il regrette de ne pas avoir été aidé par les autres collectivités sur les équipements sportifs.
Qui s’occupe de la propreté à Marseille ?
Selon Benoît Payan, la propreté relève de la Métropole, compétente pour tout ce qui se trouve « de façade à façade » : voirie, éclairage, transports, collecte des déchets. Il propose, s’il est réélu, de prendre lui-même ce dossier en main au sein de la Métropole, avec une police de la propreté, des cantonniers et deux fois plus de corbeilles.
Que dit Benoît Payan de la lutte contre le narcotrafic ?
Il rappelle que la mairie n’a ni pouvoir d’enquête ni compétence judiciaire. Il dit avoir réclamé dès 2021 un parquet spécialisé, installé en janvier 2026, et plaide pour frapper l’argent et les armes des chefs de réseaux installés à l’étranger, avec la coopération internationale, tout en rétablissant les services publics dans les quartiers.
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