
Betty Palace, drag queen marseillaise, se raconte dans Ils font Marseille en deux temps : d'abord à travers l'homme qui l'incarne, publicitaire à Paris, puis en scène, maquillée. Enfance dans le 7e arrondissement, découverte du drag à Aix et à Londres, coming out devant son père, mains baladeuses et haine en ligne, coût d'un art financé par son métier de jour : elle parle sans détour de ce que signifie être drag queen aujourd'hui, et de ce qui a changé à Marseille.
De Malmousque aux cabarets de Londres et de Paris
Dans Ils font Marseille, Betty Palace, drag queen marseillaise, raconte comment elle est née, il y a cinq ou six ans, de l’homme qui l’incarne, directeur de création dans un groupe média parisien. L’émission suit le principe d’une émission de télévision célèbre : l’interprète parle d’abord à visage découvert, puis Betty prend le relais. Il a grandi dans le 7e arrondissement de Marseille, près de Malmousque, biberonné aux sketchs d’Élie Kakou et à sa Madame Sarfati. Destiné à devenir notaire, il fait son droit à Aix, où il découvre les drag queens dans un cabaret, puis part à Londres, où il voit des artistes d’un « sacré niveau » qui se promènent dans la rue sans que personne ne s’en offusque. Le confinement lui donne le temps de se lancer, seul dans sa chambre, avec YouTube, sans « drag mother » pour l’initier. Il raconte le soir de ses 30 ans, où sa sœur montre à toute la famille une vidéo de ses performances ; son père le prend dans ses bras et lui glisse : « Je suis fier de toi. »
Il parle aussi du lien entre sa vie de jour et sa vie de nuit : « Je suis ma propre toile », dit-il, et son métier de publicitaire et le drag se nourrissent l’un l’autre.
Un art de scène, politique et coûteux
Une fois en scène, Betty Palace défend le drag comme « un art avant tout politique et un art créatif », performatif, sans visée sexuelle, et distingue le spectacle de l’effeuillage burlesque ou de la pole dance qu’elle pratique des contenus pour adultes auxquels on l’associe. Elle rappelle que les drag queens ont été en première ligne des émeutes de Stonewall aux États-Unis, évoque les mains baladeuses de ses premiers shows à Marseille et sa prudence en rentrant chez elle, toujours démaquillée. Elle salue l’évolution de la ville, avec des lieux comme le cabaret L’Étoile bleue, dans le 5e arrondissement, et les bingos drag du dimanche, et défend la diffusion de Drag Race France sur le service public. Elle décrit les réseaux sociaux comme une « scène digitale », malgré la haine en ligne, et insiste sur le coût : « Il y en a qui, à mon âge, ont investi dans un appart. Moi, j’ai investi dans le drag. »
Son message aux jeunes qui la regardent : être différent est une force, et « en étant différent, on peut devenir irremplaçable ».
Betty Palace nous recommande
- L’Étoile bleue, cabaret du 5e arrondissement de Marseille : elle invite tout le monde à y aller pour la qualité de ses spectacles.
- Un concert de Mylène Farmer : selon elle, tout le monde devrait en voir un dans sa vie pour sa scénographie.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Élie Kakou : humoriste marseillais et son personnage de Madame Sarfati, première inspiration de Betty Palace.
- Chouchou : film avec Gad Elmaleh, cité comme l’un des premiers à montrer un personnage travesti.
- L’Étoile bleue : cabaret du 5e arrondissement de Marseille, symbole selon l’invitée de l’effervescence du drag dans la ville.
- Madame Arthur : cabaret parisien qui lui a donné envie de se lancer.
- Drag Race France : émission de France Télévisions qui a rendu le drag populaire et rapproché, selon elle, des familles.
- Stonewall : émeutes new-yorkaises où des drag queens se sont battues contre la police, rappelées pour l’histoire des droits LGBT.
- La Cage aux folles : succès des années 1980, cité pour montrer que le drag n’a rien de nouveau.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de Betty Palace et du drag à Marseille
- 00:01:37 : le concept de l’émission et Chouchou de Gad Elmaleh
- 00:02:28 : Élie Kakou, première inspiration
- 00:03:50 : une enfance dans le 7e arrondissement, près de Malmousque
- 00:04:46 : le cabaret L’Étoile bleue
- 00:05:13 : la musique, le piano et Mylène Farmer
- 00:06:42 : premières rencontres avec le drag, à Aix puis à Londres
- 00:08:37 : drag family et apprentissage seul pendant le confinement
- 00:10:00 : le double coming out et la réaction de son père
- 00:11:50 : du droit à la direction de création dans un groupe média
- 00:14:11 : Betty Palace entre en scène
- 00:16:34 : Drag Race et l’évolution de Marseille
- 00:17:54 : bingos drag, drag kings et le drag comme masque
- 00:19:13 : drag et fantasmes : un art de scène, pas une démarche sexuelle
- 00:22:22 : remettre des limites au public et se protéger
- 00:23:39 : la passion plutôt que le sacrifice
- 00:24:37 : les réseaux sociaux, scène digitale et haine en ligne
- 00:27:02 : le drag reste-t-il subversif ?
- 00:28:40 : la polémique Drag Race sur le service public
- 00:32:37 : combien coûte le drag
- 00:33:37 : un message aux jeunes générations
- 00:35:08 : qui inviter dans un prochain épisode
FAQ
Qui est Betty Palace ?
Betty Palace est une drag queen marseillaise, apparue il y a cinq ou six ans, après le confinement. Son interprète a grandi dans le 7e arrondissement de Marseille, a découvert le drag à Aix puis à Londres, et travaille le jour comme directeur de création dans un groupe média à Paris. Elle se produit sur scène et sur les réseaux sociaux.
Le drag est-il une pratique sexuelle ?
Non, selon Betty Palace : le drag est un art de scène, créatif et politique, fait pour « allumer les étincelles dans les yeux des gens ». Il reprend les codes du cabaret, de l’effeuillage ou de la pole dance, mais avec des limites que les artistes se fixent, et ne doit pas être confondu avec le travestissement à visée sexuelle.
Où voir des drag queens à Marseille ?
Betty Palace cite le cabaret L’Étoile bleue, dans le 5e arrondissement, dont elle salue les spectacles, ainsi que des bars qui organisent le dimanche des bingos drag, des lotos animés par des drag queens, ouverts aux familles. Elle constate que de plus en plus de lieux accueillent des artistes à Marseille.
Combien coûte le fait d’être drag queen ?
Beaucoup, explique Betty Palace : « Il y en a qui, à mon âge, ont investi dans un appart. Moi, j’ai investi dans le drag. » C’est son métier de publicitaire qui finance le personnage. Les artistes restent intermittents du spectacle et il est encore difficile d’être payé à sa juste valeur, surtout à Marseille.
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