
Éric Di Meco, ancien défenseur de l'Olympique de Marseille passé du centre de formation à la victoire en Ligue des Champions en 1993, raconte dans Ils font Marseille l'histoire de son père arrivé d'Italie et passé par les Baumettes, l'OM de Bernard Tapie et l'affaire VA-OM. Il revient aussi sur ses autres vies : treize ans d'élu à la mairie de Marseille, un passage difficile comme dirigeant du club, la radio avec Vincent Moscato et sa pizzeria près du Stade Vélodrome.
Des Baumettes au centre de formation
Dans Ils font Marseille, Éric Di Meco, ancien défenseur de l’Olympique de Marseille formé au club et vainqueur de la Ligue des Champions en 1993, raconte ses vies de footballeur, d’élu, de dirigeant, de consultant et même de restaurateur. Il commence par une histoire qu’il dit n’avoir presque jamais racontée : son père, né en 1928, a quitté l’Italie en 1948 en traversant les Alpes avec des passeurs, a été arrêté par la police et a passé deux ou trois jours à la prison des Baumettes, à Marseille, le temps qu’on vérifie qu’il n’était pas un délinquant, avant de travailler dans les champs et de rencontrer sa mère dans le Vaucluse. Vauclusien, Éric Di Meco arrive à 16 ans, en 1980, au centre de formation de l’OM, alors en deuxième division, par amour du club plutôt que pour sa réputation de formateur, qu’il juge faible. Il se souvient d’une ville où personne ne venait en vacances et où l’on se baignait seul dans les calanques. Il revit l’arrivée de Bernard Tapie en 1986 : lors de la première réunion, il comprend qu’il ne fera pas partie des plans et part en prêt à Nancy, où Arsène Wenger, qui débutait, lui fait découvrir la diététique, la préparation physique et le replace du poste d’ailier gauche vers le couloir défensif.
Il raconte son retour, puis la phrase de Bernard Tapie après un premier match amical : « il paraît que tu es devenu bon ».
L’OM de Tapie, la Ligue des Champions et l’affaire VA-OM
Revenu après des prêts à Nancy et à Martigues, Éric Di Meco s’impose au poste d’arrière gauche et Michel Platini, nouveau sélectionneur, l’appelle en équipe de France. Il décrit un football sans réseaux sociaux, où les supporters entraient au centre d’entraînement et où les conférences de presse se tenaient dans le vestiaire. Il évoque ses coéquipiers Jean-Pierre Papin, Éric Cantona ou Chris Waddle, qui « faisait brouter » tous les arrières gauches à l’entraînement. Sans proximité avec Bernard Tapie, qu’il vouvoyait, il dit avoir dû gagner sa place chaque saison. Il revient sur l’affaire VA-OM, tombée quelques jours avant la finale de 1993 : il ne l’a pas vue venir, reconnaît qu’il y avait « des choses pas claires » et que le club a payé, tout en estimant que l’OM et Bernard Tapie ont été frappés plus durement que d’autres. Il évoque son soutien à un ancien coéquipier devenu le bouc émissaire de l’affaire. Il termine sa carrière à Monaco en 1998, le genou usé, après avoir été capitaine de l’équipe de France avant l’Euro 1996, et raconte avoir pleuré seul devant la victoire des Bleus en Coupe du monde, dix jours après son arrêt.
« À deux ans près, tu te rends compte de ce que tu as raté », dit-il de cette finale vue depuis son salon.
Élu, dirigeant, consultant et restaurateur
En 1995, alors qu’il joue encore à Monaco, Renaud Muselier lui propose de rejoindre le ticket de Jean-Claude Gaudin aux municipales comme personnalité d’ouverture : tête de liste dans les 2e et 3e arrondissements face à Jean-Noël Guérini, il perd le secteur mais entre au conseil municipal et devient adjoint aux relations extérieures, un mandat qui l’amène à déjeuner au palais princier de Monaco avec la délégation marseillaise. Il restera élu treize ans, jusqu’en 2008. Après sa carrière, il revient à l’OM comme superviseur : il raconte avoir repéré au Mans un jeune avant-centre, Didier Drogba, et l’avoir rencontré grâce à son entraîneur Marc Westerloppe. Nommé dirigeant dans l’urgence après une crise avec les supporters, il fait venir l’entraîneur brésilien Abel Braga, puis est écarté quelques mois plus tard, une période où il dit avoir manqué d’armes. Depuis octobre 2007, il forme avec Vincent Moscato un duo d’émission sur RMC, et a été consultant sur M6 et pour des commentaires de matchs. Il défend une parole libre, sans retour dans les clubs, raconte un déjeuner tendu avec Vincent Labrune, et parle de sa pizzeria, la Casa Di Meco, près du Stade Vélodrome, et d’Osiris, son groupe de reprises d’Oasis.
Comme prochains invités, il propose l’architecte Rudy Ricciotti, qui le fascine, et l’ancien buteur de l’OM Josip Skoblar.
Les références de l’épisode
- Olympique de Marseille : club où Éric Di Meco a été formé et a remporté la Ligue des Champions en 1993
- Bernard Tapie : président de l’OM à partir de 1986
- Arsène Wenger : entraîneur rencontré à Nancy, qui l’a replacé sur le terrain puis recruté à Monaco
- AS Monaco : club où il a terminé sa carrière en 1998
- Affaire VA-OM : affaire révélée quelques jours avant la finale de 1993, qui a valu au club deux saisons en deuxième division
- Prison des Baumettes : prison marseillaise où son père a passé quelques jours à son arrivée d’Italie
- Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier : à l’origine de son entrée au conseil municipal de Marseille en 1995
- Vincent Moscato : son partenaire d’émission sur RMC depuis 2007
- Didier Drogba : avant-centre qu’il a repéré au Mans
- Rudy Ricciotti : architecte qu’il aimerait voir invité dans le podcast
- Josip Skoblar : ancien attaquant de l’OM, idole de son enfance
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation d’Éric Di Meco et de ses mille vies
- 00:01:28 : un Vauclusien arrivé à Marseille à 16 ans
- 00:02:50 : l’histoire de son père, arrivé d’Italie et passé par les Baumettes
- 00:05:05 : pourquoi choisir le centre de formation de l’OM en 1980
- 00:07:46 : les Minots et l’arrivée de Bernard Tapie
- 00:09:53 : le départ à Nancy et la rencontre avec Arsène Wenger
- 00:13:06 : la rivalité entre l’OM et Monaco
- 00:14:42 : le retour à l’OM et la place à gagner
- 00:17:22 : la première sélection en équipe de France
- 00:18:40 : l’arrivée des stars et un autre football
- 00:22:41 : Chris Waddle à l’entraînement
- 00:24:48 : un rôle de cadre sans brassard
- 00:26:31 : l’affaire VA-OM
- 00:32:14 : la victoire de 1993 et la vie à Marseille
- 00:34:56 : blessures, fin de carrière et Euro 1996
- 00:35:40 : la Coupe du monde 1998 vue seul devant la télévision
- 00:37:42 : l’entrée en politique avec Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier
- 00:39:58 : adjoint aux relations extérieures et joueur à Monaco
- 00:41:13 : treize ans d’élu puis l’arrivée sur RMC avec Vincent Moscato
- 00:42:50 : superviseur à l’OM et la découverte de Didier Drogba
- 00:46:08 : dirigeant de l’OM dans la tourmente
- 00:50:05 : consultant et liberté de parole
- 00:51:47 : la relation avec Vincent Labrune
- 00:53:25 : la Casa Di Meco et le groupe Osiris
- 00:54:33 : les invités qu’il recommande
FAQ
Qui est Éric Di Meco ?
Éric Di Meco est un ancien défenseur de l’Olympique de Marseille, formé au club à partir de 1980 et vainqueur de la Ligue des Champions en 1993. Ancien international, il a fini sa carrière à Monaco en 1998, a été élu au conseil municipal de Marseille de 1995 à 2008 et intervient depuis 2007 sur RMC.
Pourquoi le père d’Éric Di Meco est-il passé par les Baumettes ?
Selon Éric Di Meco, son père a quitté l’Italie en 1948 en traversant les Alpes avec des passeurs. Arrêté par la police, il a passé deux ou trois jours à la prison des Baumettes, à Marseille, le temps qu’on vérifie qu’il n’était pas délinquant, puis a travaillé dans les fermes du Vaucluse.
Comment Éric Di Meco a-t-il vécu l’affaire VA-OM ?
Il dit ne pas l’avoir vue venir, n’ayant pas de proximité avec Bernard Tapie. Il reconnaît qu’il y avait des choses pas claires et que le club a payé, avec deux saisons en deuxième division, mais estime que l’OM a été sanctionné plus durement que d’autres clubs. Il dit l’avoir très mal vécu, parce que cela salissait son club de cœur.
Quel a été le rôle d’Éric Di Meco à la mairie de Marseille ?
En 1995, Renaud Muselier l’invite sur la liste de Jean-Claude Gaudin comme personnalité d’ouverture. Battu par Jean-Noël Guérini dans les 2e et 3e arrondissements, il entre tout de même au conseil municipal et devient adjoint aux relations extérieures, avant deux mandats qui s’achèvent en 2008.
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