
Franck Allisio, représentant du Rassemblement national à Marseille, est candidat aux municipales de 2026, crédité de près de 30 % des voix au premier tour par un sondage de La Provence. Dans Ils font Marseille, il revient sur son enfance dans le 5e arrondissement et sur son passage de l'UMP au RN. Il détaille ses propositions : triplement de la police municipale, espaces réservés aux familles sur les plages, tenue à l'école, couvre-feu pour les moins de 16 ans. Il juge aussi le bilan du maire sortant Benoît Payan et ses chances au second tour.
Du 5e arrondissement au Rassemblement national
Dans Ils font Marseille, Franck Allisio, représentant du Rassemblement national à Marseille et candidat aux municipales de 2026, détaille son parcours et son programme, au lendemain d’un débat entre quatre candidats organisé par BFM et La Provence au Palais de la Bourse. L’animateur rappelle le contexte : le dernier sondage de La Provence le crédite de près de 30 % des voix au premier tour, au coude à coude avec le maire sortant Benoît Payan, alors que Stéphane Ravier faisait un peu plus de 19 % en 2020. Franck Allisio raconte son enfance dans le 5e arrondissement, entre la Timone et la Plaine, puis dans le 10e, sa scolarité dans le public jusqu’au lycée Marcel-Pagnol et ses études de droit à Aix. Il évoque ses origines, piémontaises du côté de son père, rapatriées de Tunisie du côté de sa mère. Engagé à la fin du RPR, il passe quinze ans à l’UMP, dont un passage en cabinet ministériel sous Nicolas Sarkozy. Il explique son départ vers le Rassemblement national par la déception d’une droite qui, selon lui, n’a pas tiré les leçons de ses échecs sur la sécurité et l’immigration avant de « se fondre dans le macronisme ». Il défend l’idée que Marseille a changé : il cite le déclin des rues commerçantes du centre-ville, qu’il attribue à l’insécurité, à la saleté et au stationnement.
Interrogé sur la formule « travail, famille, patrie » prononcée par Martine Vassal lors du débat, il juge que, involontaire, elle traduit une « inculture » et, volontaire, un « cynisme » inquiétant.
Sécurité, plages, école : les mesures du candidat
Franck Allisio fait de la sécurité et de la propreté ses priorités et récuse l’idée d’un programme tourné vers les quartiers sud : selon lui, les premières victimes de l’insécurité et du trafic de drogue sont les quartiers nord. Il propose de tripler la police municipale, avec 1 200 recrutements étalés sur six ans, et de doubler le nombre de caméras de vidéosurveillance, en reprochant à Benoît Payan d’avoir suspendu leur installation et à l’État d’avoir réduit les effectifs de police nationale depuis 2016. Il détaille plusieurs mesures discutées lors du débat. Sur les plages, il veut, à titre transitoire, réserver une partie de l’espace aux familles et aux seniors, sur le modèle des créneaux enfants des piscines ou des voitures calmes des trains, plutôt que de rendre des plages payantes. L’animateur lui demande si cela ne risque pas de dresser des barrières entre Marseillais ; il répond que cela se fera naturellement. À l’école, il souhaite expérimenter une tenue propre à chaque établissement, faire chanter la Marseillaise une fois par semaine et lever le drapeau. Il défend un couvre-feu pour les moins de 16 ans, non systématique, localisé selon les quartiers et décidé avec le préfet, pour lutter notamment contre le guet des réseaux de drogue. Il s’oppose à toute légalisation du cannabis, au nom de la protection de la santé.
Il ajoute qu’en cas de victoire il gouvernerait en concertation avec le monde économique, culturel et associatif.
Le bilan de Benoît Payan et la bataille des voix
Invité à reconnaître des points positifs au bilan du maire sortant, Franck Allisio cite le bon déroulement des grands événements, la visite du pape, la Coupe du monde de rugby et le passage de la flamme olympique. Il reproche en revanche à Benoît Payan de « promettre beaucoup et réaliser très peu », en particulier sur les écoles, où il aurait selon lui dû réclamer une loi spéciale comme pour les Jeux olympiques ou Notre-Dame de Paris. Sur la piétonnisation ponctuelle de la corniche, il se dit favorable au principe mais demande plus de concertation avec les riverains. Face aux sondages qui le donnent perdant au second tour, il mise sur la mobilisation : environ 130 000 Marseillais ont voté pour sa famille politique lors des derniers scrutins, quand, rappelle-t-il, Jean-Claude Gaudin a gagné avec environ 100 000 voix et Michèle Rubirola avec 70 000 en 2020. Il évoque enfin la situation de Marine Le Pen, qu’il présente comme « une femme d’État », et Jordan Bardella, prêt selon lui à prendre le relais en 2027.
À la question de savoir s’il est prêt à gouverner la deuxième ville de France, il met en avant son expérience de parlementaire, de juriste et de collaborateur ministériel.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Rassemblement national : parti dont Franck Allisio est le représentant et le candidat à Marseille.
- Benoît Payan : maire sortant de Marseille, candidat à sa réélection.
- Martine Vassal : candidate dont la formule « travail, famille, patrie » est commentée.
- Débat BFM et La Provence : débat à quatre candidats organisé au Palais de la Bourse, la veille de l’entretien.
- Stéphane Ravier : candidat de la même famille politique en 2020, avec un peu plus de 19 % au premier tour.
- Nicolas Sarkozy : président sous lequel Franck Allisio a travaillé en cabinet ministériel.
- Jean-Claude Gaudin et Michèle Rubirola : anciens maires de Marseille, cités pour leurs nombres de voix.
- Marine Le Pen et Jordan Bardella : responsables du Rassemblement national évoqués pour l’élection présidentielle de 2027.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de Franck Allisio et du contexte électoral
- 00:01:24 : retour sur le débat de la veille au Palais de la Bourse
- 00:03:07 : une enfance entre le 5e et le 10e arrondissement
- 00:04:23 : des origines piémontaises et tunisiennes
- 00:04:54 : le Marseille d’hier et celui d’aujourd’hui selon le candidat
- 00:07:22 : de l’UMP au Rassemblement national
- 00:12:25 : la formule « travail, famille, patrie » de Martine Vassal
- 00:15:19 : un programme pour les quartiers sud ? Sa réponse
- 00:17:29 : police municipale et vidéosurveillance
- 00:20:44 : les espaces réservés sur les plages
- 00:26:10 : tenue à l’école, Marseillaise et drapeau
- 00:30:48 : le couvre-feu pour les moins de 16 ans
- 00:35:09 : contre la légalisation du cannabis
- 00:38:04 : le bilan de Benoît Payan
- 00:43:09 : la corniche piétonne
- 00:44:32 : sondages, second tour et réserves de voix
- 00:49:27 : Marine Le Pen et Jordan Bardella
- 00:52:09 : prêt à gouverner Marseille ?
FAQ
Qui est Franck Allisio ?
Franck Allisio est le représentant du Rassemblement national à Marseille et son candidat aux municipales de 2026. Né à Marseille, il a grandi dans les 5e et 10e arrondissements et fait des études de droit à Aix. Il a passé quinze ans à l’UMP, travaillé en cabinet ministériel sous Nicolas Sarkozy, puis rejoint le RN. Il met aussi en avant son expérience de parlementaire.
Que propose Franck Allisio pour la sécurité à Marseille ?
Il propose de tripler la police municipale, avec 1 200 policiers recrutés sur six ans, et de doubler le nombre de caméras de vidéosurveillance. Il veut aussi réclamer à l’État davantage de policiers nationaux, dont les effectifs à Marseille seraient selon lui inférieurs à ceux de 2016, et prévoit des couvre-feux localisés pour les moins de 16 ans.
Quelle est la proposition de Franck Allisio sur les plages de Marseille ?
Le candidat du RN veut réserver, à titre transitoire, une partie de certaines plages aux familles avec enfants et aux seniors, le reste demeurant libre, le temps que la police municipale atteigne une taille suffisante pour sécuriser toutes les plages. Il compare la mesure aux créneaux enfants des piscines et dit refuser de rendre les plages payantes.
Que pense Franck Allisio du bilan de Benoît Payan ?
Il reconnaît au maire sortant la réussite de grands événements, comme la visite du pape, la Coupe du monde de rugby et le passage de la flamme olympique. Il lui reproche en revanche d’avoir peu réalisé, notamment sur la rénovation des écoles, et estime qu’il aurait dû réclamer une loi spéciale pour accélérer les travaux.
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