
Ancien professeur de mathématiques au Lavandou, marin et ancien sauveteur en mer, Michel Ribis est à l'origine de la reconstruction du moulin de Porquerolles, au-dessus du village, qui ne tournait plus depuis 200 ans. Au micro d'Ingrid Blanchard, dans l'antre même du moulin, il raconte comment sa passion du vent l'a mené à convaincre le parc national, réunir les financements et suivre le chantier, puis décrit sa vie d'insulaire, ses saisons préférées et ses inquiétudes face à la fréquentation de l'île.
Un voileux face à une tour en ruine
Dans Fragîle Porquerolles, Ingrid Blanchard reçoit Michel Ribis dans le Moulin de Porquerolles, baptisé « Moulin du bonheur », situé au-dessus du village à 200 mètres du fort Sainte-Agathe. Né dans le Var, ancien professeur de mathématiques et de sciences auprès d’élèves en difficulté au collège du Lavandou, il s’est installé sur l’île avec la retraite, après des années à y venir en bateau. Quand il découvre la tour en ruine, il sait aussitôt qu’il s’agit d’un moulin : la porte orientée au nord, là où les ailes ne passent jamais, en est selon lui le signe. Passionné de voile, il explique que voir « qu’un bâtiment pouvait utiliser la force du vent » l’a passionné. Le directeur du parc national de l’époque lui répond « vous me faites rêver » et lui ouvre les portes ; la région, le département et une association de l’île financent le projet. Un charpentier varois monte la charpente chez lui avant de la démonter pour l’acheminer sur l’île, où une grue monumentale l’installe. Commencés en 2005, les travaux s’achèvent en 2007 ; le moulin, reconstruit dans la tradition des moulins à vent provençaux, est aujourd’hui géré et ouvert à la visite par le parc.
Michel Ribis dit y revenir avec « un petit pincement au cœur » : « C’est plus mon moulin, quoi. Je l’ai donné. »
Vivre à l’année sur une île
Il décrit ses journées faites de longues promenades et de navigation, sa préférence pour l’automne (champignons, salade sauvage) et le printemps (amandiers en fleurs), quand l’hiver apporte le mistral et l’été les foules. Son endroit favori est la vigie, au sommet de l’île, d’où l’on domine à la fois le grand large et toute l’île. Ancien sauveteur en mer jusqu’à la limite d’âge, il se souvient d’un équipage « très soudé » et de sauvetages difficiles. Il voit la vie insulaire comme celle d’une grande famille où l’on a trop besoin les uns des autres pour se fâcher. Il recommande au visiteur d’un jour de délaisser les plages pour l’intérieur, vers les oliviers, ou la route des crêtes jusqu’au Langoustier. Il salue le rôle du parc et l’interdiction de construire, mais souhaite que la fréquentation, estimée par l’animatrice à 15 000 visiteurs par jour en été pour quelque 300 habitants, soit davantage limitée, comme sur certaines îles bretonnes.
La visite se termine au milieu des meules et des voiles, avec le nom d’origine du moulin, rappelle-t-il : le « moulin du bon vent ».
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Moulin de Porquerolles : moulin à vent provençal à l’arrêt depuis 200 ans, reconstruit à l’identique et remis en marche en 2007.
- Fort Sainte-Agathe : le fort situé à 200 mètres du moulin, au-dessus du village.
- Parc national : propriétaire du moulin, il a soutenu le projet et en assure aujourd’hui la gestion.
- La vigie : le sommet de l’île, endroit préféré de Michel Ribis.
- Le Langoustier : le point d’arrivée de la route des crêtes qu’il recommande.
Au fil de l’épisode
- 00:01:19 : au pied du Moulin du bonheur
- 00:01:44 : un Varois, professeur de mathématiques au Lavandou
- 00:02:49 : l’arrivée à Porquerolles, entre le port et le village
- 00:05:01 : la passion du vent et la découverte du moulin
- 00:05:39 : la porte au nord, signe d’un moulin à vent
- 00:06:40 : convaincre le parc national
- 00:07:08 : financements, charpentier et grue monumentale
- 00:08:55 : de 2005 à 2007, la reconstruction
- 00:10:09 : un moulin désormais géré par le parc
- 00:11:09 : régler les voiles comme sur un bateau
- 00:13:55 : une journée sur l’île et les saisons préférées
- 00:15:35 : la vigie, son endroit préféré
- 00:17:28 : souvenirs de sauveteur en mer
- 00:19:17 : les particularités de la vie insulaire
- 00:23:58 : la saison touristique
- 00:24:32 : ses conseils pour une journée à Porquerolles
- 00:26:09 : l’évolution de l’île et le rôle du parc
- 00:29:10 : préserver un endroit fragile
- 00:31:33 : conseils à qui veut s’installer sur l’île
- 00:33:30 : la place du village, image de Porquerolles
- 00:34:59 : visite des meules et du mécanisme du moulin
- 00:38:22 : du moulin du bon vent au moulin du bonheur
FAQ
Qui a fait reconstruire le moulin de Porquerolles ?
C’est Michel Ribis, ancien professeur de mathématiques installé sur l’île à la retraite, qui est à l’origine de la reconstruction. Passionné de voile, il a convaincu le directeur du parc national, propriétaire du moulin, puis réuni des financements de la région, du département et d’une association. Les travaux ont eu lieu de 2005 à 2007.
Où se trouve le moulin de Porquerolles ?
Le moulin, baptisé « Moulin du bonheur », se dresse au-dessus du village de Porquerolles, à 200 mètres du fort Sainte-Agathe. Il ne tournait plus depuis 200 ans avant sa reconstruction à l’identique dans la tradition des moulins à vent provençaux. Il est aujourd’hui géré par le parc national et se visite.
Pourquoi un moulin à vent ressemble-t-il à un voilier ?
Selon Michel Ribis, il faut orienter les ailes face au vent et régler la toile selon sa force, sur les quatre ailes ou seulement deux par grand vent. Le moulin ne s’arrête pas facilement et sa toiture n’est que posée sur la maçonnerie : une erreur de voilure peut le faire s’emballer, d’où la présence constante du meunier.
Que faire à Porquerolles pour éviter la foule ?
Michel Ribis conseille de résister à la tentation des plages et de se promener à l’intérieur de l’île, du côté des oliviers, ou d’emprunter la route des crêtes jusqu’au Langoustier, une balade exigeante où l’on peut encore être seul en plein été. Il recommande aussi le printemps et l’automne, moins fréquentés.
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