
Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier, porte-parole de Martine Vassal et président du collectif Une Génération pour Marseille, se raconte avant les municipales de mars 2026 : une famille de militants de gauche, la fac de droit à Aix-en-Provence, douze ans aux côtés du président de Région. Il expose ensuite sa lecture de la situation marseillaise, ses critiques de la municipalité sortante et les propositions de sécurité de son camp, face à un animateur qui le relance.
Un fils de militants devenu directeur de cabinet
Dans cet entretien d’Ils font Marseille, Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région, porte-parole de la campagne de Martine Vassal pour les municipales de mars 2026 et président du collectif Une Génération pour Marseille, raconte son parcours puis expose sa lecture de la situation de Marseille et les propositions de son camp. Né à la maternité de la Belle de Mai, il dit venir d’une famille « éminemment politique » : un père syndicaliste CGT sur le port, à la SNCM, une mère militante socialiste. Il évoque les manifestations avec son père et la marche de l’entre-deux-tours de 2002 contre Jean-Marie Le Pen avec sa mère. Étudiant en droit à Aix-en-Provence, il rêve d’abord de devenir procureur, puis découvre le militantisme à droite avec l’UNI, alors liée à l’UMP. En 2014, Renaud Muselier lui propose de rejoindre son équipe de campagne pour les européennes, puis son équipe parlementaire : il en fait sa carrière, jusqu’à diriger le cabinet du président de Région. Il décrit le rôle d’un cabinet, chargé de « donner l’impulsion politique » à une administration de 6 000 agents, et explique avoir organisé, avec une déontologue, une séparation stricte entre cette fonction et son engagement marseillais depuis septembre.
Il présente Une Génération pour Marseille comme un collectif né il y a deux ans, entre amis de 25 à 45 ans, dont la charte a été signée selon lui par plus de 1 200 Marseillais de moins de 40 ans.
Un réquisitoire contre la municipalité sortante
Interrogé sur l’état de la ville, Romain Simmarano estime que ceux qui parlent de déclin et ceux qui voient une énergie nouvelle ont tous raison. Il cite la fermeture des Galeries Lafayette du centre-ville sans projet de reconversion, l’installation de points de deal jusque dans le centre et une perte de 5 000 habitants par an. Il reconnaît avoir cru, en juin 2020, à l’élection de Michèle Rubirola, « bonne pour Marseille » même si elle ne l’était pas pour son camp, puis reproche à Benoît Payan, devenu maire en décembre 2020, de ne pas avoir profité du plan Marseille en grand et des grands événements. Sur les écoles, il affirme que 9 établissements ont été reconstruits ou rénovés sur les 90 annoncés grâce au milliard d’euros de l’État. Il évoque aussi la vidéoprotection, le manque de 54 000 logements, la hausse de la taxe foncière, et réclame la publication d’un rapport de la Chambre régionale des comptes sur les finances de la ville. Ce sont ses positions de porte-parole de campagne, exprimées face à l’animateur, qui lui demande à plusieurs reprises des exemples concrets et ce qui pourrait être mis au crédit de l’équipe sortante.
Il défend Martine Vassal, qu’il dit avoir découverte pendant cette campagne, en mettant en avant son expérience à la tête de la Métropole et du Département et les leçons qu’elle aurait tirées de sa défaite de 2020.
Sécurité, alliances et appel à la jeunesse
Sur l’alliance avec le Rassemblement national, il assure que Martine Vassal a clarifié sa position dans l’heure qui a suivi une interview radio : jamais d’accord avec les extrêmes. Il juge en revanche que le front républicain a été « vicié » par la gauche, qu’il accuse d’ambiguïté envers La France insoumise, tout en appelant à parler aux électeurs du RN. Pour la sécurité, il détaille trois leviers à la main du maire : au moins 3 000 caméras de vidéoprotection reliées à un centre de supervision urbain qui recourrait à l’intelligence artificielle, une police municipale portée à 1 500 agents pour atteindre le ratio de Nice, et un hôtel des polices réunissant police nationale et municipale. Au niveau national, il plaide pour sanctionner les consommateurs de drogue, faire de la prévention avec les outils des jeunes et installer à Marseille une antenne du futur parquet national anti-criminalité organisée, comme le demande Martine Vassal. Il revient sur l’assassinat récent du frère d’un militant engagé contre le narcotrafic, qu’il décrit comme un moment de bascule parmi d’autres, et rend hommage aux magistrats, policiers, médecins et éducateurs engagés depuis des années.
Il termine par un appel aux jeunes Marseillais à s’engager, « avec ou contre nous », en évoquant les métiers de la mer, avec CMA CGM, Corsica Linea et La Méridionale, et l’idée d’un quartier consacré au manga et au jeu vidéo.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- Une Génération pour Marseille : collectif fondé il y a deux ans, présidé par Romain Simmarano
- Renaud Muselier : président de la Région, dont Romain Simmarano dirige le cabinet
- Martine Vassal : candidate aux municipales de 2026, dont il est le porte-parole
- Benoît Payan : maire de Marseille depuis décembre 2020, cible de ses critiques
- Marseille en grand : plan de l’État dont il estime que la ville n’a pas su profiter, notamment pour les écoles
- Chambre régionale des comptes : il demande la publication de son rapport sur les finances de la ville
- UNI : syndicat étudiant où il a fait ses premiers pas militants à Aix-en-Provence
- Parquet national anti-criminalité organisée : il plaide pour une antenne à Marseille
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de Romain Simmarano et de ses trois casquettes
- 00:01:06 : une enfance marseillaise et une famille de militants de gauche
- 00:02:10 : la fac de droit, le rêve de devenir procureur et l’UNI
- 00:02:56 : 2014, l’entrée dans l’équipe de Renaud Muselier
- 00:05:27 : le rôle d’un cabinet politique à la Région
- 00:07:48 : concilier direction de cabinet et campagne, le recours à une déontologue
- 00:09:56 : la création d’Une Génération pour Marseille
- 00:12:16 : sa lecture de l’état de Marseille, entre déclin et énergies
- 00:16:09 : l’espoir de 2020 et ses critiques de la municipalité Payan
- 00:18:06 : le plan écoles et le milliard d’euros de l’État
- 00:23:21 : la demande de publication du rapport de la Chambre régionale des comptes
- 00:25:27 : pourquoi Martine Vassal, selon lui
- 00:30:42 : la question d’une alliance avec le Rassemblement national et le front républicain
- 00:37:44 : ses propositions de sécurité : caméras, police municipale, hôtel des polices
- 00:42:07 : le narcotrafic, la consommation et le parquet national
- 00:45:33 : communiquer avec les jeunes et le désamour de la politique
- 00:50:21 : son message à la jeunesse marseillaise
- 00:53:02 : l’invité qu’il suggère pour une prochaine émission
FAQ
Qui est Romain Simmarano ?
Romain Simmarano est un Marseillais né à la Belle de Mai, directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région, porte-parole de la campagne de Martine Vassal pour les municipales de 2026 et président du collectif Une Génération pour Marseille. Formé en droit à Aix-en-Provence, il travaille aux côtés de Renaud Muselier depuis la campagne européenne de 2014.
Qu’est-ce que le collectif Une Génération pour Marseille ?
Selon Romain Simmarano, c’est un collectif créé il y a deux ans par une trentaine d’amis de 25 à 45 ans, inquiets de voir la ville se dégrader et leurs proches la quitter. Sa charte aurait été signée par plus de 1 200 Marseillais de moins de 40 ans, et il réunit des élus de secteur, des chefs d’entreprise et des juristes.
Quelles mesures de sécurité propose-t-il pour Marseille ?
Il avance trois leviers municipaux : au moins 3 000 caméras de vidéoprotection reliées à un centre de supervision urbain utilisant l’intelligence artificielle, une police municipale doublée pour atteindre 1 500 agents formés à la proximité, et un hôtel des polices pour faire travailler ensemble police nationale et municipale. Il demande aussi une antenne marseillaise du parquet national anti-criminalité organisée.
Que reproche-t-il à la municipalité de Benoît Payan ?
Il lui reproche de ne pas avoir profité du plan Marseille en grand et des grands événements. Il affirme que seules 9 écoles sur 90 annoncées ont été refaites, cite le déficit de logements, la vidéoprotection, la hausse de la taxe foncière et demande la publication d’un rapport de la Chambre régionale des comptes. Ce sont ses accusations de porte-parole de campagne.
SOUVERAINETÉ, ÉNERGIE, POLITIQUE : JULIEN AUBERT DÉVOILE LES VRAIS ENJEUX POUR LA FRANCE
1 Nov
MARSEILLE LA VILLE LA PLUS SALE DE FRANCE ? LE CO FONDATEUR DE CLEAN MY CALANQUES NOUS EXPLIQUE
26 Oct
PILLAGES À MARSEILLE : LA COLÈRE DES COMMERÇANTS DU CENTRE-VILLE
20 Oct
DÉBORDEMENTS DU 17 OCTOBRE : UN MÉDIATEUR DE MARSEILLE BRISE LE SILENCE
19 Oct
LA FRENCH, UN PROPHÈTE, L’IMMORTEL : LE CAÏD DU CINÉMA NOUS RACONTE SON INCROYABLE CARRIÈRE
18 Oct
SUCCÈS STORY MARSEILLAISE : LA MARQUE QUE LES PURISTES DE LA SNEAKERS S’ARRACHENT (SAISON)
11 Oct
NÉGOCIATIONS, TENSIONS, MERCATO : LE BRAS DROIT DE PAPE DIOUF RACONTE L’HISTOIRE CACHÉE DE L’OM
6 Oct
MARIN POMPIER DE MARSEILLE BRULÉ VIF EN INTERVENTION : DÉCOUVREZ L’HISTOIRE DE FRÉDÉRIC MAGGIANI
27 Sep
DANS QUEL ÉTAT EST LA DROITE D’AUJOURD’HUI ? VALÉRIE BOYER, SÉNATRICE LR BOUCHES-DU-RHONE
24 Sep
LE CLAN DES DOCKERS : CE QU’ON NE VOUS DIT PAS SUR LA CORPORATION LA PLUS PUISSANTE DE MARSEILLE
20 Sep
LA MARONAISE : 20 ANS APRÈS SA FERMETURE, IL NOUS RACONTE TOUS LES SECRETS DE CETTE BOITE MYTHIQUE
13 Sep
PLUS BELLE LA VIE, MARIAGE HOMOSEXUEL, AGRESSIONS : LAURENT KÉRUSORÉ NOUS RACONTE SON PARCOURS
6 Sep
Les Borels
6 Nov
#56 : Du PACS amical au baptême civil : l’amitié bientôt reconnue par le droit ?
4 Nov
Le verbe s’embisquer, quel pot de colle !
4 Nov
#94 – Ariane Ascaride – Une vie de théâtre et de résistance joyeuse !
4 Nov
« Collègue », c’est vulgaire ?
3 Nov
C’est qui le Patron ?! : des nouvelles de la démarche
3 Nov
Purge, purgette et purgeasse
2 Nov
Naïm Zriouel « Les jeunes ont besoin d’être écouté »
2 Nov
Le Louvre, c’est de la cul-ture
30 Oct
Claude Marti et les mots d’ici
29 Oct
Edith Amsellem, metteuse en scène
29 Oct
On craint dégun, sauf la Gineste !
28 Oct

