
Jonathan Moltaldo a grandi à la Cayolle, dans le 9e arrondissement de Marseille. Au micro d'Ils font Marseille, il raconte comment un jeune apprenti en restauration a basculé, vers 20 ans, dans les casses de bijouteries et de musées horlogers en Suisse. Jaeger-LeCoultre, Audemars Piguet, arrestations, prisons suisses qu'il juge indignes, récidive puis retour au travail : un témoignage brut sur l'engrenage du crime et ce qu'il coûte, sans fierté revendiquée.
De la cité de la Cayolle aux bijouteries suisses
Dans Ils font Marseille, Jonathan Moltaldo, né en 1987 à la Cayolle, dans le 9e arrondissement de Marseille, raconte comment il est devenu l’un des plus grands voleurs de montres de luxe suisses, puis comment il en est sorti. Il décrit d’abord une cité très pauvre, née des bidonvilles, où ses parents ont participé à la création du premier centre social du quartier, une scolarité qu’il juge ratée et regrette, et un apprentissage en restauration au Kilt, sur le Prado, qui lui a donné le goût du travail. La bascule a lieu vers 20 ans. Pour réunir l’argent qui libérerait deux jeunes femmes rencontrées en Espagne de la dette d’un club, il part avec son meilleur ami repérer des bijouteries en Suisse, « plus facile qu’en France ». Le premier casse, à Verbier, réussit sans difficulté. Suivent d’autres bijouteries, « une tous les dix jours », puis une commande : vider les vitrines du musée Jaeger-LeCoultre, dans la vallée de Joux, une semaine avant son inauguration. Selon lui, 18 montres étaient en jeu, estimées à plus de deux millions d’euros par les assureurs. Il parle de l’adrénaline, « un bon stress », mais aussi de l’inconscience du danger.
Le groupe décide d’arrêter après une bijouterie ratée, dont l’incendie de la voiture a failli tuer une famille qui vivait au-dessus.
Prison, récidive et retour au travail
Arrêté en Suisse, Jonathan Moltaldo est condamné à quatre ans. Il décrit des conditions de détention qu’il juge indignes : parloirs derrière une vitre, quartiers disciplinaires, repas servis par un guichet, pas d’école pour apprendre à écrire. Extradé vers la France, il sort après deux ans et demi, décidé à « leur faire payer ». Sur les indications d’un homme rencontré en Suisse, il vide par une fenêtre du premier étage les vitrines du musée Audemars Piguet, ce qu’il qualifie de « truc le plus facile » de sa carrière. Il raconte ensuite un braquage commis pour aider un ami en cavale, six ans de prison, puis une fiche de recherche suisse qui l’empêche en 2019 de s’installer au Canada. Il affirme n’avoir plus remis les pieds en prison depuis sa dernière sortie, avoir fait effacer son casier et travailler aujourd’hui en restauration et dans une clinique, tout en s’engageant dans des associations. Il parle d’« une vie gâchée, une jeunesse gâchée » et dit n’avoir « aucune fierté » de ce passé.
Aux jeunes de son quartier, il répète que l’argent du crime « ne se respecte pas » et que tout ce qu’il possède aujourd’hui vient du travail.
Pour aller plus loin
Les références de l’épisode
- La Cayolle : cité du 9e arrondissement de Marseille, née des bidonvilles, où Jonathan Moltaldo a grandi.
- Musée Jaeger-LeCoultre : musée horloger de la vallée de Joux, cambriolé une semaine avant son inauguration selon l’invité.
- Musée Audemars Piguet : musée horloger suisse dont l’invité raconte avoir vidé les vitrines par une fenêtre.
- Verbier : station suisse où a eu lieu le premier casse de bijouterie.
- Le Kilt : restaurant du Prado, à Marseille, où il a fait son apprentissage et où il travaille encore.
- Pink Panthers : groupe de braqueurs dont la technique a inspiré l’un des casses, selon lui.
Au fil de l’épisode
- 00:00:00 : présentation de Jonathan Moltaldo et de son parcours
- 00:01:42 : naissance et enfance à la Cayolle
- 00:03:42 : le centre social fondé dans le quartier
- 00:04:50 : une scolarité difficile et l’apprentissage en restauration
- 00:06:37 : premières petites délinquances et une tentative dans l’armée
- 00:08:43 : le voyage en Espagne qui fait tout basculer
- 00:10:38 : premiers repérages et premier casse en Suisse
- 00:13:06 : la commande du musée Jaeger-LeCoultre
- 00:17:40 : la bijouterie ratée et la décision d’arrêter
- 00:18:53 : l’arrestation et les erreurs commises
- 00:19:57 : la prison en Suisse et ses conditions de détention
- 00:22:25 : le casse du musée Audemars Piguet
- 00:25:03 : un braquage et six ans de prison
- 00:26:40 : la fiche de recherche suisse et le rêve canadien
- 00:28:09 : une jeunesse gâchée et le retour au travail
- 00:29:16 : son message aux jeunes de la Cayolle
- 00:35:05 : sa vie de restaurateur et de salarié aujourd’hui
FAQ
Qui est Jonathan Moltaldo ?
Jonathan Moltaldo est un Marseillais né en 1987 dans la cité de la Cayolle, dans le 9e arrondissement. Dans Ils font Marseille, il raconte être devenu l’un des plus grands voleurs de montres de luxe suisses, ses années de prison, puis sa reconversion dans la restauration. Il a raconté son histoire dans un livre.
Quels musées horlogers Jonathan Moltaldo dit-il avoir cambriolés ?
Il raconte avoir vidé les vitrines du musée Jaeger-LeCoultre, dans la vallée de Joux, sur commande, une semaine avant son inauguration, puis celles du musée Audemars Piguet, entré par une fenêtre du premier étage. Pour le premier, il évoque 18 montres estimées à plus de deux millions d’euros par les assureurs.
Comment Jonathan Moltaldo décrit-il les prisons suisses ?
Il les décrit comme particulièrement dures : parloirs derrière une vitre sans contact avec ses proches, quartiers disciplinaires, repas servis par un guichet, peu de douches et aucune école pour apprendre à écrire. Il précise qu’il assume sa peine, mais qu’il estime que la dignité humaine n’y était pas respectée.
Que conseille Jonathan Moltaldo aux jeunes de son quartier ?
Il leur conseille de travailler, même si les débuts sont durs et si l’écart avec l’argent du crime paraît grand. Selon lui, cet argent « ne se respecte pas » et se dépense en quelques jours, alors que tout ce qu’il possède aujourd’hui vient du travail, de sa famille, de ses amis et des associations qui l’ont aidé.
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