
Le Théâtre National de Nice fait comparaître Arnolphe, le tuteur de L'École des femmes de Molière, la veille de la journée des droits des femmes. Il est accusé d'avoir séquestré Agnès, recueillie enfant et élevée dans l'ignorance pour devenir son épouse. Face à un procureur qui le décrit en manipulateur rétrograde, son avocate plaide l'amour possessif d'un homme de son siècle. Les spectateurs jurés débattent d'éducation et de domination avant un vote serré.
Arnolphe, alias monsieur de la Souche, devant ses juges
Ce podcast du Théâtre National de Nice enregistre le procès public d’Arnolphe, le personnage de L’École des femmes de Molière, joué le samedi 7 mars 2026, veille de la journée des droits des femmes, devant des spectateurs constitués en jurés. Son avocate, dont c’est la première audience, annonce trois chefs d’accusation : séquestration, privation de liberté et abus de situation dominante. Le comédien qui incarne Arnolphe se présente sous son nom acheté, monsieur de la Souche, 42 ans, né en 1618. Il raconte avoir recueilli il y a une quinzaine d’années Agnès, enfant d’une mère pauvre, l’avoir fait élever chez des religieuses selon les « Maximes du mariage », inspirées selon lui de saint François de Sales, puis l’avoir installée dans sa maison de ville en vue de l’épouser, jusqu’à ce que le jeune Horace lui confie, sans savoir à qui il parle, qu’il est amoureux d’elle. Le procureur dépeint un homme « vicieux, égocentrique, pervers, rétrograde, manipulateur », qui a voulu rendre sa pupille sotte pour mieux la dominer, par peur d’être trompé. L’accusé répond qu’il l’a sauvée de la misère, qu’elle savait lire et écrire, la preuve étant le billet doux qu’elle a lancé à Horace, et qu’une chambre avec balcon sur la rue n’est pas une prison.
Les jurés débattent vivement : achat d’une enfant, différence d’âge, rôle de substitut de père, éducation des filles au XVIIe siècle. Une spectatrice résume : l’enfant n’est « pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume ».
Le procès de l’amour possessif
Le procureur requiert, plutôt qu’une peine, une « cure » contre la goujaterie : un stage dans un cabinet vétérinaire. L’avocate plaide l’absence de preuve d’une contrainte, de violence ou d’une intention coupable, et la nécessité de replacer les faits dans leur époque, où le tuteur choisissait le mari. Elle reconnaît que ces principes choquent, à la veille du 8 mars, et que le travail pour les droits des femmes « est loin d’être fini ». Elle voit dans Arnolphe un petit bourgeois prisonnier de sa peur du ridicule, qui s’est trompé par un amour « maladroit, possessif, sincère », et dans Agnès une héroïne qui a choisi sa vie. Le ridicule final, quand Agnès épouse Horace, serait selon elle sa vraie punition.
Pour son dernier mot, Arnolphe dit les vers de sa supplique à Agnès, puis rappelle que Molière lui-même avait épousé une femme bien plus jeune. Le vote des jurés finit à égalité, et le rendez-vous est pris pour le procès de Pandore.
Les références de l’épisode
- L’École des femmes : la pièce de Molière dont Arnolphe, Agnès et Horace sont les personnages.
- Molière : l’auteur de la pièce, évoqué par l’accusé dans son dernier mot.
- Maximes du mariage : le texte qu’Arnolphe impose à Agnès et dont il lit des passages à l’audience.
- Saint François de Sales : auteur cité par Arnolphe comme inspiration de ses maximes.
- « Le petit chat est mort » : réplique d’Agnès citée par le procureur et la défense.
- Le corbillon : jeu de rimes où Agnès répond « tarte à la crème », évoqué par un juré.
- Georges Dandin : autre personnage de Molière cité pour l’achat d’un nom noble.
- Les Misérables, de Victor Hugo : cité par un juré pour comparer Arnolphe à Jean Valjean et Cosette.
- Madame de La Fayette : citée par une jurée parmi les femmes éduquées du XVIIe siècle.
- Journée des droits des femmes : le 8 mars, lendemain de l’audience.
Au fil de l’épisode
- 00:00:56 : l’entrée de l’accusé et la présentation de l’avocate
- 00:01:47 : les chefs d’accusation
- 00:02:54 : Arnolphe se présente sous le nom de monsieur de la Souche
- 00:04:20 : les Maximes du mariage et saint François de Sales
- 00:07:12 : le réquisitoire du procureur
- 00:09:15 : premier chef d’accusation, séquestration et privation de liberté
- 00:12:10 : l’éducation d’Agnès et le billet à Horace
- 00:14:02 : les jurés et les principes de l’éducation
- 00:16:33 : la peur d’être trompé
- 00:17:59 : Agnès aime-t-elle Arnolphe ?
- 00:20:20 : l’achat de l’enfant
- 00:23:20 : un vase qu’on remplit ou un feu qu’on allume
- 00:27:52 : tuteur, substitut de père et mariage
- 00:31:19 : le retour aux chefs d’accusation
- 00:33:25 : les besoins d’Agnès et les salons féminins
- 00:38:12 : les réquisitions
- 00:39:11 : la plaidoirie de la défense
- 00:53:06 : le dernier mot d’Arnolphe et le vote des jurés
FAQ
Qu’est-ce que le procès d’Arnolphe au Théâtre National de Nice ?
C’est un procès fictif joué en public au Théâtre National de Nice le samedi 7 mars 2026. Un comédien incarne Arnolphe, le personnage de L’École des femmes de Molière, face à un procureur et à une avocate. Les spectateurs, constitués en jurés, débattent avant de voter : le vote s’est conclu à égalité.
De quoi Arnolphe est-il accusé ?
Il est poursuivi pour séquestration, privation de liberté et abus de situation dominante envers Agnès, la jeune fille qu’il a recueillie enfant, fait élever chez des religieuses et tenue à l’écart du monde pour l’épouser. Le procureur l’accuse d’avoir voulu la rendre ignorante par peur d’être trompé.
Comment l’avocate défend-elle Arnolphe ?
Selon l’avocate, aucune preuve de contrainte, de violence ou d’intention coupable n’a été apportée : Agnès vivait dans une chambre avec balcon, savait écrire et a pu rencontrer Horace. Elle replace les faits dans le XVIIe siècle, décrit un homme prisonnier de sa peur du ridicule et estime que l’échec final est sa vraie punition.
Marie-José Chabbey – C’était un voisin discret – Par Hervé Van der Meulen
30 Oct
Vic Varailhon – Sur la Prom 10 ans – Par Élise Clary
30 Oct
Michel Gouaud – Figure de style – Par Élise Clary
30 Oct
Procès de Cléopâtre [17-10-26]
19 Oct
Conversation intime avec Jean-François Sivadier [12-10-26]
14 Oct
Procès de Quasimodo [10-10-26]
12 Oct
Procès de Picsou [03-10-26]
5 Oct
[Comité de lecture] Sonate pour la main gauche – Frédéric Lepage [11-09-26]
17 Sep
[Comité de lecture] La Mélodie sans les paroles – Catherine Benhamou [09-09-26]
14 Sep
Procès de Clytemnestre [04-07-26]
7 Juil
Procès de Pandore [27-06-26]
1 Juil
Procès de Thésée [20-06-26]
24 Juin
Transmission et Reprise d’entreprise
5 Nov
De la Russie à la Côte d’Azur — Le parcours de résilience et de passion d’Anna
21 Oct
Rencontre avec Christophe Ono-dit-Biot
17 Oct
Edwige Coffee – coffee shop à Menton
12 Oct
Transformation numérique & Tech
7 Oct
E06S02 : Sophia Antipolis et la Révolution de l’IA : Le Défi de la Souveraineté
3 Oct
Jean-Luc Verna dans les collections du NMNM
25 Sep
Floryane Charlery-Adèle, invisible mais brillante, sortir de l’ombre
25 Sep
Accident, voyage et reconversion : réinventer sa vie après l’épreuve avec Marie
18 Sep
Jean-Raphaël Drahi, du garde-à-vous à la glande ?
16 Sep
Café Campus #5 : « Alternance : en route vers l’emploi »
9 Sep
Mélanie Luppino : Nice Startup au cœur de l’entrepreneuriat et de l’innovation à Nice
9 Sep

