
Brigitte Rouzière reçoit dans Témoins de Provence, sur RCF, le directeur et un salarié de Recyclop, association marseillaise d'intérêt général qui s'attaque depuis 2015 à la pollution des mégots. Ils racontent le circuit qui mène les mégots ramassés dans les rues, sur les plages et les festivals jusqu'à l'usine de Rognac, où ils deviennent de l'énergie, le travail avec les bars et les associations de ramassage, et leur façon de sensibiliser les fumeurs sans les culpabiliser.
Des mégots marseillais transformés en énergie
Dans Témoins de Provence, sur RCF, Brigitte Rouzière reçoit le directeur de Recyclop et un salarié de cette association marseillaise d’intérêt général, qui fonctionne comme une entreprise sociale pour réduire la pollution des mégots. Ils expliquent le circuit : les mégots ramassés par des associations, lors d’événements ou dans des structures partenaires sont pesés, stockés dans des fûts hermétiques dans leurs locaux de la Friche, à Marseille, puis apportés par tonne à l’usine Spur Environnement, à Rognac, qui traite les déchets toxiques et dangereux. Leur combustion y produit de l’énergie, et un bordereau permet ensuite de dire à chaque association combien de litres d’eau n’ont pas été contaminés ou combien de téléphones ont pu être rechargés. Le modèle repose sur trois axes : la sensibilisation des fumeurs, l’aménagement de zones fumeurs avec cendriers fixes et cendriers de poche, puis la collecte et la valorisation. L’idée est née d’une scène de plage : en retournant un seau pour un château de sable, le fondateur s’est aperçu qu’il y avait « plus de mégots que de grains de sable ». Engagé depuis 2013, Recyclop est devenu une association le 3 juin 2015 et compte aujourd’hui cinq salariés, une alternante et des bénévoles.
Ils rappellent qu’un mégot contient selon eux des milliers d’agents chimiques et 95 % de plastique, d’où le choix de la valorisation énergétique plutôt que du recyclage en matière.
Bars, terrasses et sensibilisation
Recyclop est présent sur de nombreux événements du département, du Delta Festival à la Fiesta des Suds en passant par le Mondial la Marseillaise à pétanque, et récupère les mégots des associations de ramassage comme Un déchet par jour. Son projet en développement, le label MTP, cible les bars et restaurants, que l’association considère comme le premier gisement de mégots au sol : des fûts hermétiques sont posés sur les terrasses et vidés chaque semaine à vélo électrique. Avec le mistral et les fortes pluies, rappellent-ils, ce qui reste au sol finit au Vieux-Port ou dans la mer. L’association vit d’adhésions, de dons et de prestations, paie au kilo la valorisation à l’usine, et n’avait reçu jusqu’à l’an dernier aucun financement de la ville ni de la métropole en plus de dix ans. Elle intervient aussi auprès d’élèves et d’étudiants, et utilise des cendriers de vote pour faire réagir les passants.
Leur message aux fumeurs n’est pas d’arrêter de fumer mais d’arrêter « ce geste stupide » de la pichenette, en gardant sur soi un cendrier de poche.
Les références de l’épisode
- Recyclop : association marseillaise d’intérêt général, créée le 3 juin 2015, qui collecte et valorise les mégots.
- Spur Environnement : usine de Rognac, filiale de Veolia selon les invités, où les mégots sont transformés en énergie.
- La Friche : lieu marseillais où Recyclop a ses locaux et stocke les mégots collectés.
- Un déchet par jour : association de ramassage avec laquelle l’aventure de Recyclop a commencé.
- Wings of the Ocean : association accompagnée par Recyclop, à l’origine de la chanson « Petit Mégot » diffusée dans l’émission.
- Label MTP : programme de Recyclop pour collecter les mégots des bars et restaurants.
Au fil de l’épisode
- 00:00:12 : présentation de Recyclop et de l’usine de Rognac
- 00:00:53 : l’équipe, salariés et bénévoles
- 00:01:48 : les événements et les associations de ramassage
- 00:03:26 : du ramassage à la valorisation, le circuit des mégots
- 00:04:21 : le stockage à la Friche et les fûts hermétiques
- 00:05:51 : le modèle en trois axes
- 00:07:37 : l’intuition du fondateur sur la plage
- 00:10:45 : les écoles et la visite de l’usine
- 00:14:01 : pourquoi l’énergie plutôt que le recyclage en matière
- 00:15:18 : la chanson « Petit Mégot »
- 00:17:47 : dix ans d’association et le label MTP pour les bars
- 00:19:25 : le financement de l’association
- 00:23:06 : un message aux fumeurs et les cendriers de poche
- 00:26:50 : changer le geste, les cendriers de vote
FAQ
Que fait Recyclop des mégots collectés ?
Recyclop pèse les mégots, les stocke dans des fûts hermétiques à la Friche, à Marseille, puis les apporte par tonne à l’usine Spur Environnement de Rognac, où leur combustion produit de l’énergie. Un bordereau permet ensuite d’indiquer aux associations donatrices l’impact de leur collecte, en eau préservée ou en énergie produite.
Pourquoi Recyclop ne recycle-t-il pas les mégots en matière ?
Selon les invités, un mégot contient des milliers d’agents chimiques, dont de l’arsenic et du plomb, et 95 % de plastique. Le recycler en matière demanderait de l’eau pour le dépolluer et laisserait du plastique : le fondateur a donc choisi la valorisation énergétique, après avoir rencontré le directeur de l’usine de Rognac.
Comment les bars marseillais participent-ils à la collecte des mégots ?
Avec le label MTP, Recyclop met à disposition des bars et restaurants partenaires un fût hermétique pour vider les cendriers sans contrainte pour le service, puis vient le collecter chaque semaine à vélo électrique. Les établissements participent par une adhésion annuelle ou des dons, et constatent selon l’association moins de mégots sur leur terrasse.
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