
L'humoriste Sandrine Sarroche, qui a grandi à Toulon dans le salon de coiffure de sa mère, est l'invitée de Catherine Ceylac pour une Conversation intime au Théâtre National de Nice. Ancienne juriste devenue chroniqueuse et chanteuse, elle raconte son hypokhâgne ratée à Nice, ses débuts parisiens, son spectacle « Je suis Ségolène », son passage à l'Opéra Garnier, puis se prête au jeu : mettre en scène deux jeunes comédiens, improviser trois minutes et chanter « La loi du talon ».
De Toulon à Paris, l’humour comme vocation
Sur la scène du Théâtre National de Nice, Catherine Ceylac reçoit l’humoriste Sandrine Sarroche pour une « Conversation intime » enregistrée le 2 février 2026 devant une salle comble. Ancienne juriste devenue humoriste, chroniqueuse et chanteuse, elle raconte une enfance à Toulon dans le salon de coiffure de sa mère, où elle servait de cobaye aux apprenties, au point de n’avoir « jamais eu la frange droite ». Elle évoque une hypokhâgne au lycée Masséna à Nice, ratée parce qu’elle ne résistait pas chaque soir à la promenade et au cours Saleya, puis des études de droit à Toulon et l’arrivée à Paris à 21 ans, entre RER mal pris, appels à sa mère après 22 h 30 parce que c’était moins cher, et larmes de provinciale. Depuis l’école maternelle, où la maîtresse la juchait sur le piano pour faire chanter les autres, elle savait qu’elle voulait monter sur scène, mais il lui a fallu du temps pour se l’avouer. Son premier spectacle, « Je suis Ségolène », écrit en 2006 et joué en 2007, collait à l’actualité : marquée enfant par Thierry Le Luron, elle imaginait une coiffeuse de l’Assemblée nationale partie en campagne à la place de la candidate. Elle raconte comment Ségolène Royal, croisée bien plus tard sur le plateau de Paris Première, l’a fait inviter chez Michel Drucker.
Elle revient aussi sur une expérience récente qu’elle juge « magique » : contactée par LinkedIn, elle a joué le ministre du Budget dans « Les Brigands » d’Offenbach à l’Opéra Garnier, le metteur en scène voulant renouer avec la tradition des chansonniers chère au compositeur.
Une scène de Feydeau et le métier de faire rire
Premier exercice de la soirée, deux jeunes comédiens jouent devant elle une scène du « Circuit », pièce peu connue de Feydeau où une patronne de garage déclare sa flamme à son mécanicien, « un peu Me Too, mais à l’envers ». Sandrine Sarroche, qui n’avait jamais mis en scène, leur demande de rejouer la scène avec une patronne plus bourgeoise et un employé plus ouvrier. Viennent ensuite les mots qu’elle a choisis pour se raconter. Le trac de ne pas faire rire est « l’angoisse permanente » : pour elle le rire est « une onde de choc » qui se propage de fauteuil en fauteuil, et un siège vide l’arrête, d’où son mauvais souvenir des jauges en groupes de neuf après le confinement. Elle raconte un spectacle privé où le public n’osait rire qu’après Christine Lagarde, sauvé par le rire du mari de celle-ci, et explique qu’elle retravaille sans cesse ses textes selon les réactions de la salle. La mémoire, qu’elle a peur de perdre en scène comme dans la vie, nourrit un sketch sur les « conversations d’EHPAD » ; Valérie Lemercier lui a raconté sa mésaventure avec un souffleur.
Ses objets fétiches complètent le portrait : les chaussures qui lui font toujours mal aux pieds et ont inspiré « La loi du talon », la bouillotte héritée de sa grand-mère, et les carnets où elle collectionne les phrases, parce que « le rire, c’est de l’orfèvrerie ». Elle cite ses coauteurs, dont le compositeur François Bernheim.
Provence, chanson et liberté de ton
Le chant des cigales la ramène à la Provence, à la trilogie de Marcel Pagnol lue sous les draps à la lumière d’une calculatrice, et à sa grand-mère piémontaise qui chantait tout le temps et dont elle tient sa voix : à la fin de sa vie, celle-ci ne se souvenait plus que des paroles des chansons. Pour Sandrine Sarroche, détourner une chanson « permet de dire des petites vacheries » sans blesser. Catherine Ceylac lui fait ensuite lire trois textes sur Nice dans des registres opposés, de l’éloge lyrique de la promenade des Anglais à la diatribe contre les bouchons et les galets, puis la laisse seule trois minutes pour improviser : elle y reprend sa division de Paris entre « bobos » et « bonobos », sa tante Suzanne et ses porte-jarretelles à l’arrêt de bus de Toulon.
Aux questions du public sur son équilibre politique, elle répond qu’elle cherche à « relever les incohérences » et à taper sur tout le monde, car « l’humour, ça doit être drôle » ; elle dit regretter la liberté de durée qu’elle avait à l’émission de Zemmour et Naulleau, qu’elle ne retrouve que sur scène. La soirée se termine sur sa chanson « La loi du talon », chantée a cappella.
Les références de l’épisode
- Conversations intimes : rendez-vous mensuel du Théâtre National de Nice animé par Catherine Ceylac
- « Je suis Ségolène » : premier spectacle de Sandrine Sarroche, joué en 2007
- « Les Brigands » d’Offenbach : opéra bouffe où elle a joué le ministre du Budget à l’Opéra Garnier
- « Le Circuit » de Feydeau : pièce dont deux jeunes comédiens jouent une scène pendant la soirée
- « La loi du talon » : spectacle et chanson de Sandrine Sarroche sur les chaussures et le féminisme
- Thierry Le Luron : imitateur qui l’a marquée enfant et lui a donné le goût de l’humour d’actualité
- Paris Première : chaîne où elle a tenu des chroniques chantées
- Lycée Masséna : lycée niçois où elle a fait une année d’hypokhâgne
- Marcel Pagnol : auteur dont elle a lu la trilogie enfant
Au fil de l’épisode
- 00:00:07 : présentation de Sandrine Sarroche, humoriste originaire de Toulon
- 00:01:40 : accueil du public et entrée de l’invitée
- 00:04:14 : enfance dans le salon de coiffure de sa mère
- 00:06:41 : hypokhâgne ratée à Nice, droit à Toulon, départ pour Paris
- 00:08:20 : les débuts difficiles d’une provinciale à Paris
- 00:10:19 : l’envie de monter sur scène depuis l’enfance
- 00:12:23 : « Je suis Ségolène », premier spectacle en 2007
- 00:15:06 : la rencontre avec Ségolène Royal et l’émission de Michel Drucker
- 00:17:51 : « Les Brigands » d’Offenbach à l’Opéra Garnier
- 00:19:15 : une scène du « Circuit » de Feydeau jouée par deux jeunes comédiens
- 00:24:03 : Sandrine Sarroche met la scène en scène
- 00:29:30 : les mots de l’invitée : la peur de ne pas faire rire
- 00:30:37 : le rire comme onde de choc et les fauteuils vides
- 00:33:28 : adapter son spectacle aux réactions du public
- 00:35:37 : la mémoire, le trac du trou et le souffleur
- 00:39:30 : la richesse et les riches dans la salle
- 00:41:12 : chaussures et « La loi du talon »
- 00:43:30 : la bouillotte et les carnets de phrases
- 00:47:42 : l’exigence d’écriture et les coauteurs
- 00:49:11 : une revue de presse et la charge mentale de l’humoriste
- 00:51:11 : les cigales, la Provence et Pagnol
- 00:53:13 : l’Opéra Garnier, un lieu dont on tombe amoureux
- 00:54:16 : la voix, le chant et la grand-mère piémontaise
- 00:56:19 : lecture de trois textes sur Nice
- 01:01:12 : trois minutes d’improvisation
- 01:06:49 : questions du public : humour et politique
- 01:11:02 : la liberté de ton à la télévision et sur scène
- 01:12:37 : « La loi du talon » a cappella
FAQ
Qui est Sandrine Sarroche ?
Sandrine Sarroche est une humoriste, chroniqueuse et chanteuse originaire de Toulon. Ancienne juriste, elle a grandi dans le salon de coiffure de sa mère avant de s’installer à Paris à 21 ans. Elle a créé son premier spectacle, « Je suis Ségolène », en 2007, et s’est fait connaître par ses chroniques chantées, notamment sur Paris Première.
Qu’est-ce que les Conversations intimes du Théâtre National de Nice ?
C’est un rendez-vous public animé par Catherine Ceylac au Théâtre National de Nice. Un invité y parle de son parcours à partir de mots, d’objets et de sons qu’il a choisis, se prête à des exercices comme diriger de jeunes comédiens ou improviser, puis répond aux questions de la salle. Sandrine Sarroche en était l’invitée le 2 février 2026.
Comment Sandrine Sarroche s’est-elle retrouvée à l’Opéra Garnier ?
Elle raconte avoir été contactée par LinkedIn par la personne chargée du recrutement des chanteurs de l’Opéra, qui connaissait ses chroniques. Le metteur en scène des « Brigands » d’Offenbach voulait une humoriste, dans la tradition des chansonniers qu’appréciait le compositeur. Elle y a joué le rôle du ministre du Budget.
Quel lien Sandrine Sarroche entretient-elle avec Nice ?
Elle a fait une année d’hypokhâgne au lycée Masséna, qu’elle dit avoir ratée parce qu’elle passait ses soirées sur la promenade et au cours Saleya au lieu de travailler. Elle se dit très attachée à la Provence, où elle a grandi, et a joué à Nice et dans la région, notamment à Antibes.
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