Podcast Méditerranée.
La Toulonnaise27 avril 202629 min

Episode 16 – Marie Algaée

Algaée, soins capillaires aux algues créés à Toulon par une ingénieure en biotechnologie

Marie, ingénieure en biotechnologie installée à Toulon, a créé Algaée, une marque de soins capillaires à base d'algues pour les femmes actives, tout en restant salariée. Au micro d'Alizée Cordina, elle raconte le déclic scientifique, les trois ans de développement, le laboratoire partenaire tombé en liquidation et le financement d'un produit physique. Elle parle aussi de la pression des premières ventes, de la fatigue de mener deux métiers de front et de ce que ce projet lui a appris sur elle-même.

Une ingénieure en biotechnologie qui crée sa marque de soins capillaires

Dans cet épisode de La Toulonnaise, Alizée Cordina reçoit Marie, 30 ans, ingénieure en biotechnologie et fondatrice d’Algaée, une marque toulonnaise de soins capillaires à base d’algues pensée pour les femmes actives, qu’elle lance tout en restant salariée dans le conseil en gestion de projet. Formée à Polytech Marseille, passée par un stage de six mois aux États-Unis chez Moderna, puis par une alternance chez L’Occitane en Provence où elle pilotait des projets de produits capillaires, et par une jeune marque de maquillage marseillaise, elle raconte comment ses cheveux bouclés et des centaines de produits testés depuis l’adolescence l’ont menée vers ce projet. Le déclic est venu d’un article scientifique sur les bienfaits des algues et d’un reportage sur le plastique à base d’algues : des soins aux algues françaises, sourcées en Bretagne, dans des emballages eux aussi à base d’algues. Elle a été accompagnée par le réseau Les Premières Sud pour bâtir son business plan, puis a encaissé un coup dur : le laboratoire marseillais avec lequel elle travaillait a été placé en liquidation judiciaire au bout de deux mois, ce qui lui a coûté un an et demi de retard sur un développement qui aura duré trois ans au total.

Elle évoque aussi la rupture avec une ancienne camarade d’école avant la création de la société, réglée par un protocole d’accord transactionnel de 3 000 euros.

Financer un produit physique et le vendre depuis Toulon

Marie détaille le financement : un apport soutenu par sa famille, un prêt bancaire pour un moule de pots qui se vissent entre eux (environ 45 000 euros), des prêts d’honneur, une subvention de la BPI avec la bourse French Tech et des microcrédits. Ces mensualités imposent un chiffre d’affaires minimal, et la commercialisation se révèle plus rude que prévu pour une scientifique qui n’a pas le profil commercial. Elle compte quitter bientôt son poste de consultante pour se consacrer entièrement à la marque. Les produits, concentrés trois fois (un flacon de 100 ml équivaut selon elle à 300 ml d’usage), comprennent un soin avant-shampoing qui se pose hors de la douche. Installée à Toulon après avoir travaillé à Marseille, elle y a découvert un réseau d’entrepreneurs qu’elle ne soupçonnait pas, a pitché devant des investisseurs à Toulon et vise à terme les grands magasins.

« J’arrive à être la femme que j’aurais voulu être quand j’étais petite », dit-elle de ce que l’aventure lui a appris sur elle-même.

Marie nous recommande…

Les Premières Sud, structure d’accompagnement des créatrices d’entreprise : elle la recommande pour passer d’une idée à un business plan solide et aller chercher les premiers financements.

Pour aller plus loin

Les références de l’épisode

  • Algaée : marque de soins capillaires à base d’algues créée à Toulon par Marie.
  • Polytech Marseille : école d’ingénieurs où elle a suivi sa formation en biotechnologie.
  • Moderna : laboratoire pharmaceutique où elle a fait un stage de six mois aux États-Unis.
  • L’Occitane en Provence : entreprise où elle a travaillé en alternance sur des produits capillaires.
  • Les Premières Sud : structure d’accompagnement qui l’a aidée à construire son business plan.
  • BPI et bourse French Tech : soutiens publics au financement de la marque.

Au fil de l’épisode

  • 00:00:50 : présentation de Marie et d’Algaée
  • 00:01:31 : une enfance entre ingénieurs et professeurs
  • 00:02:47 : les cheveux bouclés et la passion des cosmétiques
  • 00:03:35 : ce qu’est la biotechnologie
  • 00:04:36 : le déclic des algues
  • 00:06:32 : Polytech Marseille, Moderna puis L’Occitane en Provence
  • 00:07:31 : l’envie d’entreprendre
  • 00:09:27 : le salariat, sécurité ou transition
  • 00:12:15 : créer un produit physique, de l’idée au laboratoire
  • 00:13:28 : trois ans de développement et un laboratoire en liquidation
  • 00:14:41 : la séparation avec une associée
  • 00:15:52 : la commercialisation, l’étape sous-estimée
  • 00:17:34 : se positionner sur un marché concurrentiel
  • 00:19:19 : financer le projet
  • 00:21:48 : passer à 100 % sur la marque
  • 00:22:29 : une journée entre conseil et entreprise
  • 00:25:14 : pourquoi Toulon
  • 00:26:28 : les produits et leur usage
  • 00:28:13 : questions-réponses spontanées

FAQ

Qu’est-ce qu’Algaée ?

Algaée est une marque de soins capillaires à base d’algues créée à Toulon par Marie, ingénieure en biotechnologie. Ses produits sont concentrés trois fois, avec des algues françaises sourcées en Bretagne et des emballages à base d’algues. Elle vise les femmes actives qui veulent prendre soin de leurs cheveux sans y passer de temps.

Combien de temps faut-il pour développer un soin cosmétique ?

Selon Marie, une innovation simple sur un produit existant demande environ un an, un produit plus poussé un an et demi, et une grosse innovation deux à trois ans. Pour Algaée, le développement a pris trois ans, dont un an et demi perdu après la liquidation judiciaire du premier laboratoire partenaire.

Comment Marie a-t-elle financé le lancement d’Algaée ?

Elle a combiné un apport personnel soutenu par sa famille, un prêt bancaire pour financer un moule d’environ 45 000 euros, des prêts d’honneur, une subvention de la BPI avec la bourse French Tech et des microcrédits. Ces remboursements imposent un objectif de chiffre d’affaires dès les premiers mois de vente.

Pourquoi lancer une marque de cosmétiques à Toulon ?

Marie raconte qu’elle a d’abord travaillé à Marseille, puis qu’elle a acheté un appartement à Toulon et s’y est lancée. Elle y a découvert un écosystème d’entrepreneurs et d’entrepreneuses qu’elle ne connaissait pas et qu’elle juge favorable pour créer une marque ambitieuse.

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